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L’ambiguïté: islamiste, salafiste et djihadiste…

Les révoltes arabes ont fait apparaître sur le devant de la scène ce courant de pensée qui prône un retour aux sources de l’islam, en réaction à la sécularisation des sociétés arabes et au modernisme occidental.
Partout, la nébuleuse bénéficie de l’appui politique de l’Arabie saoudite, la maison mère du salafisme, et de son bras armé, la Ligue des oulémas musulmans.
«Comme sous le communisme avec le Che, chaque combattant salafiste anti-Bachar se doit d’être aussi un propagateur de la foi», ajoute un activiste,
En Tunisie, les coups d’éclat des «Partisans de la charia» inquiètent.
Convaincus par un sentiment d’impunité, les islamistes radicaux ont perturbé plusieurs manifestations culturelles et les exemples sont nombreux...
De fait, Abou Yadh n’a pas été arrêté après les émeutes de vendredi.
Il n’avait pas non plus été inquiété après avoir ordonné la violente attaque qui a visé une exposition d’art jugée blasphématoire en juin dernier.
De quoi faire craindre aux Tunisiens laïcs une alliance entre islamistes et salafistes pour détruire les acquis modernes et laïcs de la société tunisienne et l’islamiser de force.
D’autant qu’il existe au sein d’Ennahda un courant très proche du salafisme, représenté par Sadok Chourou et Habib Ellouze.
Accusés d’indulgence face à la violence d’une minorité fondamentaliste, les Frères musulmans au pouvoir à Tunis semblent aujourd’hui un peu plus soucieux de maintenir l’ordre, tout en donnant un semblant de gage sur le terrain de la religion.

Qu'est ce que l’islamisme :

L’islamisme : c’est tout simplement une idéologie manipulant l’islam en vue d’un projet politique, afin de transformer le système politique et social d’un État en faisant de la chariâa, l’unique source du droit.
En termes de sciences politique, l'islamisme est simplement la confusion et l'ambiguïté entre le politique et le religieux.
Certes, cette duplicité est entretenue de manière machiavélique...
Leur objectif se justifie par le fait qu’un gouvernement islamique appliquerait la plupart, des lois et règles de l’islam (la chariâa) qui ont trait, entre autres, à l’habillement, aux relations entre les sexes, à l’interdiction de l’alcool et des jeux d’argent, aux châtiments propres à des crimes précis et aux restrictions imposées aux opérations bancaires et aux prêts à intérêt ….
Les citoyens d’un tel État islamique pourraient alors vivre en plein accord avec les exigences de leur foi; il leur serait plus facile de s’épanouir spirituellement et il y aurait moins d’obstacles à leur salut.

Le deuxième groupe de personnes qui épousent le concept d’un État islamique est composé d’islamistes révolutionnaires, radicaux et militants, prêts à recourir à la violence pour renverser les gouvernements en place. Cette tendance est le mieux illustrée en Égypte, par certains éléments des Organisations islamiques (Jama’at Islamiyya) et par le Jihad islamique (Jihad Islami).
La menace que représente l’intégrisme islamique et dont on parle beaucoup actuellement, et aussi, en Occident vient exclusivement de ces groupes d’islamistes, qui rejettent en général l’idée du pluralisme, politique ou autre, dénigrent la démocratie parce que non islamique, et répriment les minorités religieuses, linguistiques et ethniques.
Ils considèrent normalement le terrorisme comme un outil légitime.

Certes, il existe diverses manières d’interpréter les textes, ce qui explique en partie l’existence de plusieurs courants islamistes dont les discours divergent…

Selon le Monde Diplomatique, les islamistes eux-mêmes se divisent en deux catégories : les « conservateurs » et les « évolutionnistes ».

Alliés, concurrents ou ennemis ?

Difficile de cerner en Tunisie comme en Égypte d’ailleurs, la nature de la relation entre les islamistes au pouvoir et les salafistes qui ont semé plusieurs fois le chaos dans nos rues ces derniers temps ...
D’emblée, l’islamisme et le salafisme sont des doctrines religieuses différentes.
Leur idéologie s’articule autour de l’islam comme système global, c’est-à-dire non seulement religieux mais aussi politique et économique.
Leur attachement à l’islam est variable: il peut aller d’une simple référence à l’islam à la volonté d’établir un État islamique.
L’idée centrale du salafisme, c’est qu’il faut revenir à une pratique authentique de l’islam tel qu’il a été pratiqué au temps du prophète.
«Il s’agit d’appeler les masses à adopter un islam purifié des innovations théoriques et pratiques en prônant une lecture littérale du Coran. Par conséquent, ils reprochent aux Frères musulmans de trahir la tradition prophétique en acceptant d’intégrer des valeurs occidentales comme la démocratie.»
Le salafisme est une sous-branche de l’islamisme, qui lui-même est une vision rétrograde de l’islam.
Dans un cas comme dans l'autre, ils se réclament de la loi islamique, prônent l’instauration d’un État régit par la chariâa...
Les salafistes considèrent que toute innovation de l’Islam pervertit la religion.
Ils prêchent donc une lecture littéraliste et puritaine de l’islam : inégalité entre les hommes et les femmes, droit pénal reposant sur les châtiments corporels, rigorisme dans les rapports sociaux, rejet des droits de l’homme.
Pour un salafiste, aucun texte ne prime sur le Coran, et les salafistes poussent à une « désobéissance civique » en cas de contradiction entre le Coran et les lois du pays.

Avec le printemps arabe, un courant hybride s’est développé: le salafisme politique. Conservant la lecture littérale du Coran, ce courant a rompu avec l’apolitisme des salafistes dits quiétistes et saisi l’occasion pour tenter de faire advenir l’État islamique.
Ces salafistes politiques deviennent alors non plus des adversaires mais des concurrents des Frères musulmans, se disputant la même clientèle conservatrice.

Conclusion:
La frontière entre l’islamisme, le salafisme politique et le salafisme djihadiste reste souvent à peine perceptible….
Pour ma part, les uns sont les sous-ensembles des autres :
Parmi les islamistes, il y a les salafistes…
Parmi les salafistes, il y a les djihadistes…
Parmi les djihadistes, il y a des terroristes…

Par Hafedh C.E

Remarque :  »Tunisie Focus ne partage pas forcément les opinons exprimées dans cet article ».

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