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Manifestations des élèves : Le ministre Ouattara rencontre les chefs d'établissements de Ouagadougou

Les élèves de la ville de Ouagadougou ont battu le pavé ce lundi 13 mai 2013 pour demander à leur ministère de tutelle de trouver une solution rapide aux revendications de leurs enseignants, représentés par le F-SYNTER et le SNESS. Mais, cette manifestation s'est vite transformée en courses-poursuites entre élèves et éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS). Pour calmer la situation, le ministre Moussa Ouattara a rencontré les chefs d'établissements de la capitale dans l'après-midi du lundi pour « partager les informations avec eux », mais aussi et surtout leur dire que le gouvernement rencontrera le « couple SNESS-F/SYNTER » ce mardi 14 mai.

A la suite de la manifestation des élèves au cours de la matinée du 13 mai, il était de bon ton pour les premiers responsables du ministère en charge des enseignements secondaire et supérieur de mettre ses collaborateurs au même niveau d'information. Ainsi donc, le Pr Moussa Ouattara, entouré de son secrétaire général et du directeur régional des enseignements secondaire et supérieur du Centre, a convié les chefs d'établissements de Ouagadougou au Groupe scolaire Saint-Viateur. Un endroit jugé calme et excentré de la ville. Le centre-ville étant assez « chaud ». Et, les échanges auront duré près de deux heures.

A la sortie de la salle, le ministre Ouattara fait briefing de la rencontre à la presse. « Nous avons souhaité les recevoir pour partager les informations avec eux, surtout leur dire que le gouvernement travaille, puisque tout tourne autour du préavis de grève du couple SNESS-F/SYNTER, à rencontrer les syndicats et cette rencontre est prévue pour demain ».

« Il n'y a pas plus inquiet qu'un responsable d'établissement aujourd'hui »

Tout en regrettant la course-poursuite entre forces de l'ordre et élèves, le ministre Ouattara souhaite que « tous les chefs d'établissements y compris tous les parents d'élèves, y compris même les syndicats qui ont déposé effectivement leur plateforme, que chacun de nous, en ce qui le concerne, travaille à ce que les enfants restent en classe pour s'occuper de la préparation de leurs examens. Le gouvernement s'engage à ce que ces examens se passent dans de bonnes conditions », ajoute-t-il.

Parlant de l'affrontement entre forces de l'ordre et élèves qui a eu lieu devant son établissement, Boureima Traoré, le proviseur du lycée Philippe Zinda Kaboré, par ailleurs porte-parole des chefs d'établissements, déclare : « il n'y a pas plus inquiet qu'un responsable d'établissement aujourd'hui par rapport à la situation que nous avons vécu cette semaine-là ». Ce climat ne permet pas d'envisager avec sérénité « nos fins d'année où chacun essaie de puiser dans ces dernières énergies pour terminer et affronter les examens », poursuit-il. Ce n'est certainement pas le moment indiqué pour se retrouver « dans la rue et le désordre ».

S'en remettre au gouvernement ou à Dieu

Pour résoudre la situation actuelle, Boureima Traoré compte sur la volonté du gouvernement. Comme le gouvernement rencontre les syndicats ce mardi, « nous osons croire que ses propositions vont rencontrer l'assentiment des enseignants et que vraiment nous allons pouvoir repartir sur un bon pied pour terminer l'année ». Mais, il reprend aussi sans cesse le nom de Dieu. « Nous souhaitons que le Seigneur Tout Puissant nous aide ».

En tout cas, les chefs d'établissements semblent convaincus que dans le débat, tout est réalisable. « Je ne suis pas Dieu pour le garantir mais je souhaite vivement que l'année puisse bien se terminer et je pense que les éducateurs, les enseignants que nous sommes, nous n'allons pas vouloir travailler tout ce temps-là pour mettre tout dans l'eau. Non, ce n'est pas notre objectif. C'est un couac, mais je pense que ce couac sera relevé Inch Allah », espère le porte-parole des chefs d'établissements.

Pas de sujets uniques aux examens

On se rappelle qu'en janvier dernier, il y a eu des textes querellés concernant les sujets uniques aux examens. Les élèves avaient dû faire le siège de l'immeuble de l'Education pour obtenir faire reculer le gouvernement. « Nous avons saisi l'occasion pour informer tous les chefs d'établissements qu'un nouvel arrêté a effectivement été signé pour rendre légal le retrait de la notion des sujets uniques. Il n'y aura pas de sujets uniques. Nous avons souhaité que les chefs d'établissements l'affichent. Nous avons donné instruction à ce que le texte qui a été signé ce matin même (ndlr : 13 mai) soit diffusé au niveau de toutes les régions pour que les différents candidats soient rassurés qu'ils passeront les examens dans les conditions dans lesquelles ils ont été préparés », précise le ministre Ouattara. Il a également profité pour souhaiter à tous les élèves, une bonne chance et beaucoup de courage pour de bons résultats aux différents examens.

Protocole d'accord non respecté depuis 2 ans

On se souvient que les deux syndicats (SNESS et F-SYNTER) avaient observé un mot d'ordre de grève le 10 mai dernier. Mais avant, c'est-à-dire le 06 mai, les élèves avaient déserté les salles de classe pour soutenir leurs enseignants. Ce jour, ils avaient été reçus par le ministre Ouattara.

Ce tohu-bohu est la conséquence d'un accord non respecté par le gouvernement. En effet, le 26 mai 2011, le SNESS et la F-SYNTER avaient signé avec le Gouvernement un protocole d'accord sur quatre points essentiels d'une plateforme minimale portant sur des questions indemnitaires, le reclassement des encadreurs pédagogiques de l'enseignement secondaire, les effectifs pléthoriques et l'apurement des avancements.

Ce protocole engageait l'Etat à apporter des solutions à ces points de revendication. Mais, jusque-là, seuls quelques points auraient été partiellement respectés. D'autres ont même fait objet de recul, à en croire les responsables du SNESS et du F-SYNTER.

La rencontre de ce mardi 14 mai dans l'après-midi s'annonce donc crucial. Elle devrait permettre d'aplanir les divergences. En tout cas, côté gouvernement, on annonce la présence à cette rencontre importante des ministres en charge de la fonction publique, de l'économie et des finances et bien entendu celui chargé des enseignements secondaire et supérieur. De cette rencontre dépendra sans doute la « bonne tenue » des examens et concours 2013.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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