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Mahamadou Issoufou sur RFI: la Minusma doit avoir une «mission offensive» au Mali

Mahamadou Issoufou, au palais de la présidence à Niamey, au Niger.
France 24

« Les futurs casques bleus déployés au Mali doivent avoir un mandat offensif, pas un mandat classique comme en Bosnie ou au Congo-Kinshasa », c’est le message du président nigérien. En partance pour Bruxelles, où il doit assister mercredi15 mai avec le président français François Hollande à un sommet sur le Mali, Mahamadou Issoufou a répondu aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

 

Pour le Mali, il y a eu une conférence des bailleurs de fonds fin janvier à Addis-Abeba qui a permis de lever quelque 400 millions d'euros. Quel est l'objectif de cette conférence de Bruxelles à laquelle vous allez assister ?

Depuis la conférence à laquelle vous venez de faire allusion, il s'est passé beaucoup de choses. En particulier sur le plan militaire, des résultats importants au nord du Mali ont été obtenus. On s'achemine maintenant vers l'organisation d'élections. Il est important que l'on puisse se retrouver à nouveau à Bruxelles sur l'organisation des élections. Il faut que ces élections aient lieu sur l'ensemble du territoire malien, y compris à Kidal.

 

 

Quand le Mali demande un milliard d'euros, est-ce que cela vous paraît une demande mesurée ou pas ?

C'est une demande tout à fait mesurée. Je peux vous donner un exemple dans le cas de nos relations avec l'Union européenne. Nous avons défini un programme sécurité-développement entre le Niger et l'Union européenne. Ce programme est évalué à peu près à un montant qui correspondant au montant que vous venez d'indiquer. Donc cela ne me paraît pas exagéré.

 

 

Vous dites : « Il faut que les Maliens puissent voter partout y compris à Kidal ». François Hollande propose que l'administration civile soit déployée à Kidal pour ces élections, sous-entendu l'armée malienne attendra peut-être un petit peu. Qu'en pensez-vous ?

Il n'y a pas de contradiction entre François Hollande et moi sur cette question. Le plus important, c'est que les autorités maliennes, soit à travers l'autorité civile, soit à travers les forces de défense et de sécurité, soient présentes à Kidal pour que les Maliens résidents à Kidal puissent voter.

 

 

Vendredi dernier, le 10 mai, le contingent nigérien de Menaka s'est sorti indemne d'un attentat kamikaze. Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, le Mujao, a revendiqué cette action. Est-ce que vous confirmez qu'il s'agit du Mujao ?

Si le Mujao a confirmé cette action, il est probable que cela soit effectivement le Mujao parce que la région de Menaka a toujours été sous l'influence du Mujao, mais fort heureusement nos soldats ont pu neutraliser ce kamikaze. Nos soldats ont un comportement qui est très positivement apprécié par tous les partenaires. Ils font preuve d'un grand professionnalisme. J’en profite pour leur adresser toutes mes félicitations et tous mes encouragements.

 

 

Quand on dit que la guerre est finie, est-ce que l’on ne s'aveugle pas ?

Quand on dit que la guerre est finie, je ne pense pas qu'on s'aveugle. L'ennemi a encore des capacités de nuisance. Il vient de le prouver à Menaka. Nous continuerons face à ces jihadistes à développer des actions asymétriques. Nous sommes conscients de cela. Et c'est pour cela d'ailleurs, en ce qui concerne la relève de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali) par une mission des Nations unies (Minusma), nous prévoyons que cette mission des Nations unies ait un mandat offensif. Il ne faut pas que ce soit le type de mission classique qu'on a vu en Bosnie-Herzégovine dans les Balkans ou au Congo. Il faut que cette mission soit, compte tenu de la nature de l'ennemi, une mission offensive.

 

 

Vous parlez de la Minusma. Le Tchad hésite à maintenir ses 2 000 hommes dans cette Minusma s'il n'en obtient pas le commandement militaire. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Je ne pense pas que le Tchad hésite. Le Tchad a consenti des sacrifices très importants. Je crois que le Tchad maintiendra sa présence au Mali.

 

 

« Les otages français d'Aqmi sont vivants », dites-vous. A quand remontent les dernières preuves de vie ?

Je ne peux vous dire avec précision. Je peux dire il y a quelques semaines, quelques mois, on a eu des informations selon lesquelles les otages sont en vie. Et depuis nous n'avons pas eu de nouvelles qui infirment ces informations.

 

 

Pour les otages français, est-ce qu'on dit « les nouvelles sont rassurantes » ou est-ce qu'on dit « pas de nouvelles, bonnes nouvelles » ?

L'essentiel est de dire que nous avons eu des informations il y a un certain temps. Ces informations nous indiquent qu'ils sont vivants. C'est cela l'essentiel. Ce n'est pas la peine de chercher à faire des jeux de mots.

 

 

Après l'offensive des forces françaises et africaines au Nord du Mali, beaucoup de jihadistes sont passés en Libye. Est-ce qu'ils ont pu emmener les otages avec eux ?

Je ne sais pas. Je ne peux pas le dire.

 

 

Dans le secteur de l'uranium, le groupe français Areva n'a pas ouvert la mine d'Imouraren à la date prévue. Du coup, vous avez demandé des pénalités de retard. Est-ce qu’aujourd'hui vous êtes satisfait ?

Avec Areva, c'est vrai que nous sommes engagés dans ce partenariat, non seulement sur les autres mines - la première en Somalie, Société des Mines de l’Aïr ; la deuxième la Compagnie minière d’Akouta -, et maintenant celle d'Imouraren. C'est vrai qu'il y a eu du retard et ce retard s'explique par des cas de forces majeures. Il y a eu des problèmes de sécurité.

 

 

L'enlèvement de quatre otages à Arlit…

Maintenant ces problèmes sont surmontés et le chantier d'Imouraren a repris. Et nous avons convenu avec Areva que l'exploitation va débuter à la mi-2015 avec la production du premier uranate au mois de septembre 2015.

 

 

Vous dites 2015, mais cela était prévu pour 2013 ?

Je vous ai parlé des cas de forces majeures qu'il y a eu. Donc il n'y a pas que la faute d'Areva. Il y a eu des circonstances indépendantes de la volonté des différents partenaires.

 

 

Début mars, Areva dit avoir versé 35 millions d'euros au Niger. N'est-ce pas une façon de réparer le préjudice provoqué par ce retard ?

Non, cela n'a rien à voir. Vous savez, cela fait plus de quarante ans que nous sommes ensemble. Nous sommes de vieux amis donc nous sommes engagés pour que le partenariat soit équilibré et pour que le partenariat se pérennise.

 

 

Et cette enveloppe de 35 millions d'euros, c'était pour quoi ?

Il y a toujours eu des moments dans l'histoire de nos rapports avec Areva où l'Etat demande des avances, soit sur les dividendes, soit sur les recettes. Donc il y a des formules diverses auxquelles on a recours pour permettre au Niger parfois de faire face à certains problèmes de trésorerie.

 

Christophe Boisbouvier

RFI

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