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Prochaines élections au Swaziland : l'opposition appelle au boycott du scrutin

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Le processus électoral a débuté lundi au Swaziland qui doit renouveler son Parlement en septembre ou octobre, mais la plupart des opposants appellent au boycott d'un scrutin jugé bidon faute de multipartisme et destiné uniquement à conforter l'absolutisme de cette petite monarchie d'Afrique australe.

Les citoyens swazis ont six semaines pour s'inscrire sur les listes électorales et "l'enregistrement démarre aujourd'hui partout dans le pays", a indiqué le porte-parole du gouvernement Percy Simelane, joint au téléphone par l'AFP.

"On attend environ 600.000 inscrits", a-t-il ajouté.

Petit territoire enclavé d'environ 1,1 million d'habitants aux traditions vivaces qui en font une destination touristique prisée, le Swaziland s'est doté en 2005, sous la pression du Commonwealth, d'une Constitution qui a rétabli sur le papier la liberté d'expression, mais a été sans effet dans la pratique, selon les observateurs.

"Pour tenir une réunion, il faut aller à la police demander une autorisation avec 100% de chances de refus", observait la semaine dernière une diplomate européenne en poste à Mbabane, en marge de deux jours de dialogue national sur les élections swazies, parrainés par une fondation allemande et tenus à Johannesburg pour ne pas exposer ses participants à des représailles.

Le prochain scrutin devrait apporter peu de changement par rapport à celui du 19 septembre 2008 qui manquait de crédibilité de l'avis des observateurs du Commonwealth.

Le taux de participation n'avait pas été rendu public, comme en 2003, signe selon l'opposition de l'embarras de la maison royale face au faible nombre d'électeurs.

Cette année encore, les candidats seront pré-sélectionnés à l'échelon des chefferies, normalement en août, avant de disputer l'élection dans l'une des 55 circonscriptions et d'aller siéger aux côtés de 10 députés directement choisis par le roi Mswati III.

M. Simelane assure que "tout le monde est éligible" et qu'"il existe bel et bien des partis politiques au Swaziland avec comme seule différence que les candidats ne peuvent pas représenter leur parti".

Mais l'opposition estime que le scrutin n'aura rien de démocratique.

"Perturber le vote pacifiquement"

"Ce sont les chefs qui vont définir qui sera candidat", a expliqué à l'AFP lors du forum de Johannesburg Kenneth Kunene, secrétaire général du Parti communiste du Swaziland (CPS).

"Nous appelons les gens à ne pas s'inscrire, et s'ils ne peuvent pas faire autrement, nous les appelons à perturber le vote pacifiquement", a-t-il ajouté.Selon lui, la police a été déployée "pour intimider les gens et les inciter à s'inscrire" sur les listes électorales.

M. Kunene vit depuis 2005 en exil en Afrique du Sud, grand voisin du Swaziland et dont les autorités cultivent une attitude ambivalente envers Mswati III, soucieuses de ne pas voir l'économie du royaume --en grave récession depuis 2011-- s'effondrer complètement tout en appelant mollement à une démocratisation.

Participer reviendrait selon les communistes swazis "à soutenir un régime autocrate qui réussit à se faire identifier par sa magnificence culturelle et à se faire passer pour une superbe destination touristique bon marché où il fait bon venir voir la danse des roseaux (au cours de laquelle des jeunes filles dansent seins nus devant le roi, ndlr) tout en cachant la misère des gens".

Le boycott est plus largement défendu par les syndicats et l'opposition radicale, tel le Pudemo, qui n'a de cesse depuis 1983 de dénoncer un régime "népotiste" et "un Parlement inutile" mais aussi les opposants plus anciens et plus modérés comme le Ngwane National Liberatory Congress (NNLC) qui ont participé à toutes élections jusqu'en 2003.

"Actuellement, les gens se présentent au Parlement sans programme ou sans la moindre idée sur la façon de gérer le pays.Il y a un mépris de la démocratie, nous ne voyons pas l'intérêt de participer à ce truc", explique Moses Ndela, secrétaire général du NNLC.

Restent deux mouvements qui refusent la politique de la chaise vide et préfèrent participer au scrutin malgré ses règles actuelles : le Parti démocratique du Swaziland (Swadepa, fondé en 2011) et l'association pro-monarchique Sive Siyinqaba Sibahle Sinje, formée d'anciens élus ou membres du gouvernement.

"Nous sommes convaincus que la vraie démocratie durable est le produit d'un processus de dialogue et de négociations, et ne peut pas tomber du ciel, d'Amérique, d'Europe ou d'ailleurs", défend le secrétaire général de Sive Siyinqaba, Sam Mkhombe.

Son objectif est de pousser le roi à adopter une loi permettant aux partis politiques, interdits en 1973 puis à nouveau formellement autorisés en 2005, à pouvoir s'enregistrer et à être véritablement reconnus.

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