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«La 4G présenterait un meilleur retour sur investissements»

Frédéric Launay est un chercheur français à l'Institut universitaire de technologie de réseaux télécoms, rattaché à l'université de Poitiers. Il travaille aussi au Laboratoire d'informatique et d'automatique pour les systèmes (LIAS), il est considéré comme l'un des rares experts de l'ordonnancement 4G dans son pays. Il anime, en outre, son propre blog spécialisé, où il s'intéresse à l'évolution des différentes technologies de la téléphonie fixe et mobile. Faisant appel à son expérience, il a accepté de répondre à quelques questions. Il affirme que d'un point de vue financier, si le réseau 3G n'est pas encore mis en place, passer à la 4G présenterait un meilleur retour sur investissements et que les délais normaux pour lancer la 3G ne peuvent pas dépasser quatre ans.   - Quel est l'apport principal de la 3G par rapport à la technologie GSM (2G) ?   La troisième génération permet d'accroître le débit pour rendre le surf dans les mobiles plus agréable. Cela passe aussi par la proposition de services supplémentaires, comme l'accès aux réseaux sociaux et le partage de vidéos, l'accès à l'IPTV (Internet Protocol Television, ndlr). C'est-à-dire la télévision diffusée sur le web. L'objectif de la 3G est surtout de proposer des applications et des services de téléphonie mobile d'une meilleure qualité possible. Ce haut débit est l'un des principaux avantages de la 3G par rapport à la 2G. Aujourd'hui, avec la quantité des débits autorisés, des applications professionnelles deviennent possibles. Ce qui permet, à terme, d'avoir son «bureau mobile» par exemple.   - Notre pays est bien couvert par le réseau 2G depuis plusieurs années déjà. Quels sont les délais normaux pour lancer la 3G ?   Il y a plusieurs étapes à respecter. Il faut d'abord s'occuper de la législation pour l'achat de la licence et le droit d'exploiter le spectre radio-électrique pour la 3G. Si le spectre n'est pas disponible, il faut prévoir la libération de ce dernier. Ensuite, il faut réaliser des demandes d'agrément permettant d'installer des antennes 3G sur le territoire algérien. Ensuite, vient l'étape technique qui consiste à mettre en place le réseau 3G. La durée de réalisation dépend du nombre des sites à couvrir et celui des antennes à installer. Chaque antenne doit être raccordée au réseau, c½ur de l'opérateur. La mise en place de la 3G est, avant tout, une nouvelle infrastructure radio à déployer. Il est donc aussi nécessaire d'installer des antennes et des contrôleurs d'antennes. Le c½ur réseau s'appuie sur celui de la 2G, il suffit de le mettre à jour. Il faut compter donc 3 à 4 ans pour couvrir 80% de la population, en règle générale.   - Dans la perspective où certains spécialistes parlent déjà d'obsolescence de la 3G, n'est-il pas préférable de lancer directement la 4G ?   Le réseau 4G est un réseau Full IP (type d'accès à internet qui nous permet d'utiliser tous les services possibles et imaginables disponibles sur le web, ndlr), ce qui réduit l'infrastructure du réseau de l'opérateur. L'IP s'appuie sur des équipements de routage en commutation de paquet, alors que la voix nécessite des équipements en commutation de circuit. Avec la 4G, les éléments de commutation de circuit disparaissent, d'où une économie sur le coût de ce matériel et sur le coût de son exploitation. Par contre, le réseau 3G n'est pas encore obsolète, il le sera probablement vers 2030. Les opérateurs déploient souvent un réseau 3G sur tout le territoire avant de mettre en place le réseau 4G, afin d'éviter une chute du débit lorsque l'abonné quitte une zone couverte en 4G vers une zone 2G. En effet, supposons que l'utilisateur lance une session pour récupérer un document volumineux. Il est sur le réseau 4G, le téléchargement prévu dure une minute, mais il bascule en 2G. Dans ce cas, il lui faudrait attendre une heure. Cependant, si le réseau 3G n'est pas encore mis en place, passer à la 4G présenterait un meilleur retour sur investissements. En France, par exemple, Free propose de mettre en place le réseau dans de nombreuses villes avant d'ouvrir son offre commerciale. Cela peut être une solution, à condition d'avoir un budget permettant de telles dépenses sans aucune vente de forfaits.   - Donc, financièrement parlant, selon vous, il vaut mieux passer directement de la 2G à la 4G...   Si d'un point de vue financier il est préférable de n'investir que sur un réseau 4G, il est vrai aussi que le surcoût de la 3G n'est pas si important que cela, à condition bien sûr que le réseau 2G existe déjà. Le surcoût se trouve surtout au niveau des antennes 3G et leur déploiement.  

El Watan

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