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La 4G bouscule la 3G en Algérie

Depuis plusieurs mois, les autorités compétentes trouvent des prétextes pour ne pas lancer la 3G dans notre pays. Il y a quelques semaines, le ministère de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication a relancé, une énième fois, l'espoir de voir ce projet se réaliser bientôt. Pourquoi tout ce retard ? Ce «bientôt» vaudrait réellement combien d'années d'attente encore ? Toutes les raisons, aussi irrationnelles les unes que les autres, sont bonnes pour nous faire patienter ; une fois c'est l'expertise technique et législative qui prend du temps, puis c'est le blocage du dossier Djezzy qui causerait du tort à celui de la 3G... Pendant ce temps, les pays du monde entier, y compris africains, pensent déjà à remplacer cette technologie par la 4G. Et voilà ce qui ajoute une question de plus à cette affaire : faut-il passer directement à la quatrième génération ? Pour tenter de répondre à cette question, il est utile, peut-être, d'expliquer la différence entre toutes les générations de la technologie mobile, mais surtout de relater ce qui se fait en dehors de l'Algérie. La première génération peut être considérée comme une expérimentation. La couverture ne permettait pas le roaming, critère grâce auquel on peut appeler ou recevoir via le réseau radio d'un opérateur mobile autre que le sien. Les communications n'étaient pas sécurisées et les téléphones non miniaturisés. Cependant, la réussite de ce réseau a permis le déploiement de la deuxième génération (2G). La 2G est une norme internationale qui correspond, en quelque sorte, à l'extension de la téléphonie fixe vers le sans-fil. De la 1re à la 4G Cela grâce à la technologie Groupe spécial mobile (GSM). Ainsi, la 2G s'inspire du fonctionnement de la téléphonie fixe, en utilisant une méthode de mise en relation entre abonnés identique à celle déployée dans le réseau de l'opérateur. Le réseau de phonie 2G a permis aussi de créer un besoin, celui de la mobilité pour la data (échange de données par téléphone portable). Ainsi est né le réseau GPRS (General packet radio service). Ce dernier offrait déjà un débit plus important. Et enfin, le débit devient trois à quatre fois plus élevé avec l'EDGE qui est une évolution du GSM/GPRS, considéré comme la technologie pré-3G. C'est alors que la 3G est arrivée, permettant d'accroître considérablement le débit grâce à sa norme technologique UMTS (Universal mobile télécommunications system). Initialement dédié à la visiophonie (voix et vidéo en plein appel), ce nouveau système permet aussi des connexions internet jusqu'à 2 mégabits, puis progressivement jusqu'à 42 mégabits, via différentes phases qui seront plus développées, nommées 3G+ et H+. En attendant ce «très haut débit mobile», l'heure est à la convergence fixe/mobile et la simplification des réseaux.Parallèlement au développement de la 3G, la quatrième génération commence précocement à gagner du terrain dans beaucoup de pays, dont la France est le dernier en date. En effet, les opérateurs téléphoniques français ont lancé, depuis janvier 2013, les offres 4G. On annonce déjà plus d'un million d'abonnés d'ici la fin de l'année. La 4G est un réseau entièrement IP (Internet Protocol), où la voix devient un service réseau, comme c'est le cas pour les offres en VoIP (Voix IP) pour la téléphonie fixe. C'est aussi un axe de simplification du réseau de l'opérateur, puisque ce dernier n'a plus qu'un seul réseau de données pour la voix et la Data. Autrement dit, la 4G coûterait moins cher que la 3G (lire l'entretien avec Frédéric Launay). La 4G permet la transmission de données avec un débit qui pourrait atteindre 100 mégabits, voire supérieur à 1 gigabit (1000 mégabits). L'exemple français Le spécialiste de la téléphonie mobile, Pierre Ledru, explique au site d'information Atlantico.fr, à propos du cas de la 3G et de la 4G en France, que la quatrième génération apporte une amélioration majeure qui «consiste en une réduction drastique des délais de latence dans le transport de bout en bout et du round trip (aller-retour). Ceci permet une grande fluidité et donc une meilleure perception des applications temps-réel (vidéos, télévisions en live, etc.) aussi bien en mode fixe - avec un terminal quasi stationnaire restant contrôlé par une même antenne - qu'en mode déplacement rapide (automobile, train, etc.) avec basculement d'une antenne à une autre». Il affirme, néanmoins, que la 3G offre des dizaines de milliers d'applications, au moment où les développeurs se sont retournés vers la 4G. «Leurs produits devront se vendre comme toutes innovations qui, au cours des siècles, ont semblé parfois complètement inutiles pour certains», a-t-il prévu. Pour rappel, le réseau 3G a été installé en France depuis 2004 et ses services couvrent actuellement la quasi-totalité du territoire français, ce qui équivaut à plus de 70 millions d'abonnés à la téléphonie mobile au premier trimestre 2013. A vrai dire, la 3G et la 4G incarnent une nouvelle volonté innovatrice de la démocratisation radicale d'internet, grâce au «haut débit mobile» pour la première et le «très haut débit mobile» pour la deuxième. Assurément, cela jouerait en défaveur de leur lancement en Algérie.  

El Watan

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