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Témoignages inédits sur les moines de Tibhirine

Faut-il attendre des révélations du documentaire Le martyre des 7 moines de Tibhirine que la chaîne France 3 diffusera le 23 mai ? Des terroristes repentis s'y expriment et donnent leur version détaillée des faits. Faut-il attendre des révélations du documentaire «Le martyre des 7 moines de Tibhirine» que la chaîne France3 diffusera le 23 mai ? Des terroristes repentis s'y expriment et donnent leur version détaillée des faits. Pourquoi les moines de Tibhirine ont-ils été exécutés ? A quel moment cette décision a-t-elle été prise et par qui ? Qui sont les bourreaux qui ont égorgé les religieux à bout de souffle et malades après leurs longues journées de captivité et d'errance dans le maquis ? Pourquoi le scénario échafaudé par le commando de Djamel Zitouni a-t-il échoué ? Les zones d'ombre autour de l'assassinat en mai 1996 des moines de Tibhirine seront-elles un jour éclaircies ? Le documentaire «Le martyre des moines de Tibhirine» cherche à lever quelques énigmes, apportant au dossier des éléments. Le documentariste Malik Aït Aoudia et une universitaire spécialiste de l'islamisme algérien, Séverine Labat, font parler des personnes présentes au moment des faits. Alors terroristes, aujourd'hui en liberté, ils s'expriment sur le déroulement des faits. Le documentaire laisse entendre que c'est notamment l'implication de Jean-Charles Marchiani, préfet du Var, qui va précipiter l'issue fatale. Ami de Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur, très mêlé aux affaires africaines, il a voulu faire intervenir ses réseaux pour faire libérer les otages. Le Premier ministre d'alors, Alain Juppé, serait entré dans une colère noire en apprenant cette entremise parallèle aux services officiels. Marchiani se rappelle : «Le 10 mai 1996, j'ai appelé mes contacts à Alger en les prévenant que j'étais dessaisi de l'affaire. Et j'ai prévenu Paris qu'en interrompant tout, les moines seraient bientôt morts.» L'enchaînement des faits sera ensuite implacable. Le fil est rompu avec l'interruption de la mission secrète de Marchiani. Le 15 mai, le garde du corps de Zitouni, Fethi Boukabous, se rend à l'armée et livre tous les secrets qu'il connaît. Les forces spéciales investissent le maquis. Zitouni déplace son QG, désormais repéré, jusqu'à une masure perdue qui porte le nom de Maison rouge. Il décide alors de l'exécution. Le 21 mai, Abou Nouh de La Casbah, Rachid Oukali, Abdelghani de Sidi Moussa, Omar Abou Lhitem de Bougara se chargent des égorgements. Abou Imen, dernier geôlier des moines, a assisté à la décapitation : «On n'a pas tiré une seule balle, de toute façon on manquait de balles, ils ont tous été égorgés au couteau. J'étais pétrifié.» Seules les têtes sont transportées au pied d'un massif d'arbres. Pour Abou Mohamed, ancien émir du GIA, «ils ont enterré les corps dans la montagne de Bougara et moi j'ai emmené les têtes dans une voiture pour les jeter sur la route». «Quand Zitouni a pris la décision de s'en débarrasser, il n'était pas facile de prendre les corps en entier. Alors, ils ont été décapités.» Hassan Hattab, qui quitta le GIA après l'assassinat des moines qu'il réprouvait pour fonder le GSPC, ancêtre d'AQMI, témoigne. «Solennel, trônant dans un fauteuil d'un superbe salon», indique Martine Gozlan, journaliste de Marianne, «il raconte les états d'âme qui l'opposaient à Djamel Zitouni, son rival parmi les chefferies du maquis intégriste : 'Zitouni m'a appelé et m'a dit, je t'informe que j'ai tué les moines ce matin ; je lui ai répondu : dans ce cas, on ne va pas pouvoir continuer à travailler ensemble... Tu as peur de tes hommes plutôt que de Dieu.» Au GIA, ce sera ensuite l'heure des règlements de compte. Sid-Ali Benhadjar, émir de Médéa, finira par tuer son collègue Zitouni le 16 juillet 1996. o A voir lors d'une soirée spéciale sur France 3, jeudi 23 mai.  

El Watan

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