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La chasse aux rhinocéros empaillés est ouverte

Les braconniers de rhinocéros ont trouvé un nouveau terrain de chasse. Pour dérober les cornes de cet imposant animal de la savane, les voleurs n’hésitent plus à franchir les portes des musées. RFI révèle ainsi que des voleurs ont dérobé une tête naturalisée de rhinocéros au musée d’histoire naturelle de Blois, dans le centre de la France, début juillet.

La détermination des malfrats est d’autant plus grande que la pièce enlevée peut peser jusqu’à une centaine de kilos.

Ces vols de cornes dans les musées se sont multipliés dans toute l’Europe ces six derniers mois (Belgique, Portugal, Allemagne, Suède…), à tel point que certains conservateurs de musées ont renoncé pour le moment à exposer ces pièces dans leurs vitrines. Dans la traque contre ces braconniers des temps modernes, l’organisation européenne de coopération policière (Europol) soupçonne un groupe irlandais connu pour être lié au crime organisé d’être à l’origine de ces vols en série.

Un trafic rentable, puisque les cornes peuvent être revendues entre 25.000 et 200.000 euros. Leur principale destination est l’Asie, où elles sont broyées. La poudre ainsi obtenue est réputée avoir des vertus aphrodisiaques. Pourtant, ajoute RFI, même si la corne contient de la kératine —tout comme les cheveux ou les ongles—, des études scientifiques ont démontré qu’elle n’avait aucun effet sur l’impuissance, par exemple.

Dans le même temps, le phénomène continue de s’accroître dans les parcs et autres espaces protégés.

«Les méthodes des braconniers sont de plus en plus sophistiquées. Ils agissent depuis des hélicoptères de chasse en utilisant des armes automatiques», s’alarme le docteur Joseph Okori, coordinateur du programme rhinocéros du fonds mondial pour la nature (WWF).

Depuis le début de l’année, près de 200 rhinocéros ont été tués en Afrique du Sud, pays qui compte à ce jour la plus grande population de ces mammifères.

Dans la lutte contre le braconnage, les autorités zimbabwéennes ont adopté une mesure radicale. Avec l’aide de WWF, l’Etat envoie des vétérinaires pour couper les cornes des rhinocéros. L’opération dissuade les braconniers mais elle est risquée et coûte cher, car les cornes repoussent, tout comme nos cheveux ou nos ongles.

Lu sur RFI