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Mahamadou Issoufou chez François Hollande : Le sort de Kidal se joue à Paris

La situation au nord du Mali était au centre des échanges entre le président nigérien, Mahamadou Issoufou et son homologue français, François Hollande. Les deux présidents sont tombés d'accord sur la nécessité de débarrasser Kidal des milices du Mnla et d'organiser les élections avant fin juillet sur l'ensemble du territoire national.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou au Palais de l’Elysée à Paris, le 15 novembre 2012.

En visite à Paris vendredi 10 mai dernier, le président du Niger, Mahamadou Issoufou a évoqué la situation au Mali avec le président français, François Hollande. C'est la troisième fois que les deux hommes se voient en un an. Et chaque fois, le Mali est au c½ur de leur rencontre. Issoufou est resté constant sur sa position sur le Mali et aussi sur la situation à Kidal. Il a toujours prôné l'intégrité territoriale du Mali avant et après l'intervention étrangère.

Après avoir gagné la guerre contre les terroristes et les narcotrafiquants, le président nigérien demande à la France de s'impliquer aussi dans le volet politique en accédant à la demande du gouvernement malien, qui veut organiser les élections sur l'ensemble du territoire malien.

Les élections prévues en juillet au Mali « doivent se tenir sur tout le territoire », a déclaré le président français, François Hollande, qui a évoqué la nécessité pour cela d'un retour de l'administration civile sur tout le territoire national.

« Nous tenons à ce que ces élections aient lieu le plus rapidement possible et il est important que ces élections s'organisent sur l'ensemble du territoire malien », a déclaré le président nigérien. « Tous les Maliens, quel que soit leur lieu de résidence, doivent jouir de leur droit de vote », a insisté Mahamadou Issoufou.

Français Hollande a évoqué le droit de vote, également, pour les habitants de Kidal, ville tenue par le Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla), depuis janvier dernier.

Le Mnla est resté sourd à tous les appels au dialogue. Cette fois-ci, la France donne de la voix. Et Hollande a été très clair : « J'ai dit que toutes les factions du territoire malien devaient être capables d'organiser des élections : Kidal, comme le reste des villes maliennes. Il ne peut pas être accepté, je l'ai toujours dit, que des groupes armés demeurent au Mali, coupés de la souveraineté du Mali, représenté par ses autorités légitimes... ». Le Mnla doit dégager de gré ou de force, c'est en substance le message des deux personnalités.

Au cours de cette visite, les deux chefs d'Etat sont tombés d'accord sur la nécessité de désarmer les milices du Mnla dans la région de Kidal et d'organiser les élections avant fin juillet sur l'ensemble du territoire national. Paris s'engage à accompagner l'armée malienne et les forces de la Misma à instaurer l'ordre à Kidal tout en débarrassant cette ville des  voyous du Mnla.

Mahamadou Issoufou a toujours dénoncé la passivité de la communauté internationale sur le comportement du Mnla. Face au président français, il a réaffirmé la nécessité de désarmer le Mnla et de restaurer l'autorité du gouvernement malien sur l'ensemble du territoire national. C'est pourquoi, il a expliqué à François Hollande qu'après la victoire contre les terroristes, l'objectif est désormais politique. Non seulement, Kidal doit être débarrassée du Mnla, mais aussi de tous leurs complices du MAA et du MIA.

 

Un mandat offensif pour la Minusma

Le président nigérien souhaite un mandat offensif pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Qui va remplacer la Mission international de soutien au Mali (Misma) à partir du 1er juillet 2013.

Cette force doit, selon Issoufou, avoir les moyens d'imposer la paix. « Aujourd'hui, nous pouvons considérer que les terroristes et les trafiquants de drogue sont militairement vaincus, même s'ils vont continuer à développer des opérations asymétriques », a indiqué le président du Niger. Mais pour lui, « militairement, on peut considérer que les djihadistes sont vaincus ».

Toutefois, selon Mahamadou Issoufou, en raison de ces « actions asymétriques que vont développer les terroristes au Mali », la Minusma ne doit pas être de type « classique ». Elle « doit avoir un mandat fort, un mandat offensif ».

Le Niger est représenté dans la Misma avec plus de 650 militaires déployés à Gao, Ansongo et Ménaka. Ces soldats étaient le week end dernier la cible des kamikazes du Mujao.

Aussi, plus de 3800 soldats français restent toujours engagés aux côtés de l'armée malienne dans sa guerre contre les terroristes.

Idrissa Maïga

Mali Web

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