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N’Djamena : TROIS SOMMETS EN UN SEUL

La capitale tchadienne a abrité samedi les travaux du triple sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), de l'Agence panafricaine de la Grande muraille verte (APGMV) et de l'Autorité du bassin du Niger (ABN)

Le président tchadien Idriss Deby Itno a présidé samedi les travaux du triple sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), de l'Agence panafricaine de la Grande muraille verte (APGMV) et de l'Autorité du bassin du Niger (ABN). Deux autres chefs d'Etat étaient présents à ce sommet. Il s'agit du président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré et de son homologue du Soudan, Oumar Hassan El Béchir. Le Burkina Faso, le Niger, le Cameroun, la Guinée Conakry et l'Algérie ont envoyé des représentants officiels. On y notait aussi la présence d'autres organisations régionales, des représentants des partenaires techniques et financiers (PTF).

Le président tchadien s'est réjoui d'enregistrer la participation du Bénin, de la Côte d'Ivoire et du Togo, comme membres à part entière du CILSS. Idriss Deby Itno leur a souhaité la bienvenue au sein de l'organisation sous-régionale.

Désormais, c'est l'ancien ministre tchadien de l'Agriculture et de l'Irrigation, Dr Djimé Adoum qui présidera aux destinées du CILSS pour un mandat de trois ans. Il succède ainsi à notre compatriote le Pr Alhousseïni Bretaudeau, le secrétaire exécutif sortant qui a brigué deux mandats consécutifs depuis 2007.

Sous la houlette du Pr Bretaudeau, le CILSS a amélioré la gouvernance politique et financière de l'organisation sous-régionale. Cela a permis à l'organisation de tenir ses sommets de chefs d'Etat tous les deux ans au lieu de trois comme cela était de coutume. Cette fréquence de la tenue des sommets permet aux chefs d'Etat des pays membres d'être plus au courant de la fonctionnalité de l'organisation. La gouvernance financière de l'organisation s'est également améliorée. Ce qui a mis plusieurs partenaires techniques et financiers en confiance. Ces PTF, selon le Pr Bretaudeau, ont amélioré leurs participations au financement des projets et programmes de l'organisation. Le Pr Alhousseïni Bretaudeau s'est réjoui de la forte augmentation des budgets de certains partenaires comme l'USAID qui a augmenté sa participation de 120% ou de l'Union européenne qui est passée à la vitesse supérieure avec 300% d'augmentation de son budget au bénéfice du CILSS. Le prochain sommet du CILSS se tiendra à Bamako.

Quant à l'Autorité du bassin du Niger (ABN), elle tient ainsi son 10è sommet. Elle a célébré en novembre dernier ses 48 ans d'existence. Elle regroupe le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Cette organisation sous-régionale reste menacée par le changement climatique et la dégradation de l'environnement. Elle a pour missions de promouvoir la coopération entre les pays membres et d'assurer un développement intégré du bassin, dans tous les domaines, par la mise en valeur de ses ressources, notamment sur les plans de l'énergie, de l'hydraulique, de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche, de la pisciculture, de la sylviculture, de l'exploitation forestière, des transports et communication ainsi que de l'industrie.

La rencontre de N'Djamena a souhaité que les Etats membres qui sont en retard de paiement de leurs cotisations se mettent à jour avant le 30 juin prochain. Ce qui n'est pas le cas de notre pays Le ministre de l'Energie et de l'Eau, Makan Tounkara s'est en effet félicité que notre pays, malgré ses difficultés, est à jour dans le paiement de ses cotisations (arriérés épongés et une partie du financement pour le fonctionnement versé) vis-à-vis de l'organisation régionale.

La dernière rencontre de l'ABN qui s'est tenue à Abidjan avait fait des recommandations relatives notamment au paiement de redevances utilisateur-payeur, pollueur-payeur, au fonds de capitalisation et au financement couplé avec les prélèvements communautaires et la mise en place d'un partenariat public-privé. Le sommet de N'Djamena a demandé l'accélération des études de réalisation des barrages de Fomi en Guinée Conakry, de Kandadji au Niger et de Taoussa au Mali, des études pour la réalisation du siège de l'ABN à Niamey (Niger).

La Grande muraille verte est un projet international qui envisage de créer une bande de plantations large de 15 kilomètres sur les 1700 kilomètres reliant Dakar à Djibouti. Annoncé en 2002 lors d'un sommet spécial tenu à N'Djamena, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la désertification, ce projet multinational a été lancé en 2005 par le président nigérian Olusegun Obasanjo puis repris par son homologue sénégalais Abdoulaye Wade. Le projet concerne 11 pays de l'Afrique sahélo-saharienne : Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad qui abritait le siège. A la demande de la Mauritanie, le siège de l'Agence panafricaine de la Grande muraille verte (APGMV), sera transféré à Nouakchott.

La délégation conduite par le président de la République par intérim au triple sommet de N'Djamena comprenait, entre autres, le ministre de l'Agriculture, Baba Berthé et celui de l'Energie et de l'Eau, Makan Tounkara.

M. COULIBALY

L'essor

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