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Autant le dire… : Et si on supprimait aussi le chef de file de l'opposition ?

La démocratie a un prix qu'il faut nécessairement payer si on veut qu'elle en soit une véritablement. Elle a ses exigences qui coûtent à la fois de l'argent, mais également d'autres sacrifices qu'il faut accepter de consentir.

A un participant à une rencontre qui, effectivement voulait comprendre la nécessité du Sénat et son caractère budgétivore, Bongnessan Arsène répondait que l'Etat d'exception ne comporte pas de Sénat ni d'Assemblée nationale. Il est donc moins budgétivore en terme monétaire. Mais, il a un coup, cet Etat d'exception qui paraît plus cher : rien que les atteintes aux libertés individuelles et collectives avec tout ce que cela peut comporter comme dérives allant jusqu'à la non-paix. Entre donc la démocratie et l'Etat d'exception, il y a un choix qu'il faut faire.

En 1999, dans son rapport, le Collège de sages indiquait ceci : « la création de la Chambre des représentants visait un élargissement de la démocratie en prenant en compte le fait que les partis politiques ne regroupent pas tous les Burkinabè. Seulement, le caractère consultatif que lui assigne la Constitution ne lui permet pas de jouer pleinement son rôle. Aussi, convient-il de relire le texte de la Constitution pour :
lui conférer un caractère délibératif au niveau du Parlement bicaméral,
- revoir en conséquence ses attributions, sa composition et le mode de désignation de ses membres ». Auparavant, le même Collège de sages recommandait de « procéder à la nécessaire recomposition de la scène politique nationale en vue de favoriser l'expression d'opinions plurielles et une participation plus large et active de toutes les populations dans un véritable esprit de multipartisme ». A Ouahigouya en 2009, lors de son discours à la Nation, le président du Faso disait ceci : « La construction de la démocratie et de l'Etat de droit est une ½uvre de longue haleine qui exige de nous un esprit d'ouverture et le respect de l'autre.

A ce titre, j'invite l'ensemble des citoyens à approfondir les réflexions sur les réformes politiques indispensables à l'enracinement, dans notre société, des valeurs de démocratie et de citoyenneté responsable.

Le perfectionnement continu de notre système politique est aujourd'hui un impératif qui requiert la modernisation des instruments de la gouvernance de l'Etat, en référence aux attentes légitimes des populations ». C'est sur cette base que la chefferie de file de l'opposition politique a été instituée pour effectivement élargir le dialogue entre le pouvoir et l'opposition et permettre ainsi l'encrage de la démocratie. Il dispose d'un budget et peut donc de ce fait paraître aussi budgétivore voire inutile dans la mesure où dans d'autres pays il n'existe pas de chef de file de l'opposition. C'est également sur cette base que le Conseil consultatif sur les réformes politiques et institutionnelles a été mis en place. Malheureusement, il s'est trouvé des partis politiques et quelques organisations de la société civile qui n'ont pas accepté de prendre part à ses travaux. Malgré tout, le CCRP a travaillé, a fait le tour du Burkina et a fait des propositions consensuelles, dont la création à court terme du Senat afin de permettre à d'autres Burkinabé qui ne sont pas représentés dans les partis politiques d'avoir voix au chapitre et participer ainsi à l'animation de la vie politique de leur pays.

Exclure une partie des Burkinabé de la vie de leur pays, sous le prétexte que l'institution à partir de laquelle ils devraient prendre part aux questions de portée nationale pose nécessairement problème. Si le Senat est budgétivore, osons dire que la chefferie de fille de l'opposition ne l'est pas moins non plus dans la mesure où en vérité, les partis politiques de l'opposition n'en ont pas besoin pour s'exprimer sur les grandes questions nationales. Le débat qui mérite d'être posé en ce moment, si ce n'est tard, c'est sans doute la composition du Sénat, le mode de désignation de ses membres, et les émoluments des sénateurs.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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