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Agents de force de l’ordre : 20 dt de prime de danger et des conditions sociales très précaires

“Nous sommes là pour revendiquer notre droit à une loi qui nous protège et des conditions sociales respectables vue la mission que nous entreprenons chaque jour” nous confie M. K, un agent de l’unité commando de la Garde Nationale qui a préféré garder l’anonymat. Avec une prime de danger qui varie entre 7 et 20 dt comparée aux milliers de dinars perçus par les députés “révolutionnaires”, les agents des forces de l’ordre sentent une véritable injustice.

Prime de danger Police

Présent lors du sit-in organisé par l’'union nationale des syndicats des forces de l'ordre (UNSFO) hier, 10 mai, devant l'Assemblée Constituante, M. K était solidaire avec ses camarades venus crier ” La prime de danger est un droit, non une faveur“. Pendant qu’un député trouve “normal” le fait de recevoir 600 dinars comme indemnité de logement, lui n’en reçoit que 13 dt. Ces inégalités l’exaspèrent, notamment dans un contexte où la Tunisie est censée être dans une phase révolutionnaire et où la justice sociale devrait primer.

Avec son salaire de 700 dinars net par mois, et bien qu’il soit diplômé, M. K -qui a à son actif plus de 17 ans de service- nous explique que, s’il est toujours à la garde nationale, c’est qu’il aime ce travail. Sillonnant quasi-quotidiennement le territoire tunisien, il ne demande pourtant pas les mêmes faveurs que réclament comme du les élus du peuple à l’Assemblée Constituante. Passant parfois de 12 à 18 heures par jour sur terrain, c’est surtout son uniforme et son brodequin qui lui posent problème.

J’ai du acheter mon propre uniforme car celui qu’on nous donne n’est pas adéquat : mauvaise confection faite dans une usine à Sousse… Même l’entre-jambe est mal fait. En plus il suffit de le laver une fois pour que sa couleur devienne terne. Avant nous recevions des uniformes des Etats-Unis, maintenant, ils sont confectionnés en Tunisie.

Ces détails de tous les jours : d’un uniforme mal fait, d’un brodequin qui fait mal aux pieds, constituent le quotidien de ces agents qui mettent à l’index une corruption qui ne cesse de sévir encore plus depuis la chute de Ben Ali. “Je peux vous dire qu’il y a plus de “mic mac”, les vols continuent, même pour l’équipement …” nous affirme M.K. D’après lui, les anomalies sont au niveau structurel et surtout au niveau de l’intégrité de ceux qui sont promus aux dépends des “retardataires en grade”.

Mal payés, les forces de l’ordre subissent aussi la mauvaise réputation héritée du régime de Ben Ali. Cependant, avec les événements survenus récemment à la montagne Chaambi, les Tunisiens ont été choqués de voir un agent perdant la jambe et un autre la vue à cause de criminels intégristes appelant l’application de la chariaa. Habitués à une stratégie préventive et non celle de la confrontation, les agents des forces de l’ordres, se retrouvent dans une situation précaire.

“Nous sommes là pour dire non au terrorisme” criaient les syndicalistes devant l’Assemblée Constituante. Depuis quelques mois, le spectre du scénario algérien et des décennies noires rode en Tunisie. Ces cellules d'intégristes criminels seront-elles propagées dans d’autres villes en Tunisie comme ça l’a été au début des années 90 en Algérie ? Un colonel de la garde nationale nous rassure en affirmant que la situation est sous contrôle à Kasserine, que les médias ne devraient pas donner plus d’informations qui puissent servir aux ennemis de la Tunisie.

Continuant ainsi à défendre la sécurité nationale, en risquant leur vie estimée à “20 dt de prime de danger”, les agents des forces de l’ordre espèrent que leur situation s’améliore, surtout au niveau salarial et surtout contre cette prime dérisoire de 20 dt. Hier aussi, plusieurs représentants de l’UNSFO, notamment son SG Montassar Materi, ont rencontré des députés ainsi que le président de l’Assemblée Constituante Mostapha Ben Jaafer. Ce dernier a confirmé son engagement pour accélérer l’examen des lois qui concernent les agents de forces de l’ordre. M. Ben Jaafer a assuré que

Les leaders politiques n’hésiteront pas aujourd’hui à remédier aux dérives qui nuisent à la sécurité nationale et à ses gardiens.

Lors de la séance plénière du 26 mars à l’Assemblée Constituante, le ministère de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou a déclaré qu’un projet de loi pour protéger les agents de forces de l'ordre durant leurs missions est en train d’être élaboré. Entre temps, les agents de force de l’ordre se sentent lésés. Pour eux, la révolution n’a pas encore apporté grand’chose…

Nawaat

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