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La communauté algérienne de Suisse indignée

La droite suisse a fini par avoir gain de cause. La proposition Darbellay de septembre 2012, portant création d'une base légale pour la réalisation d'un test ADN sur certains requérants d'asile, s'est finalement adjugée une majorité au Parlement fédéral suisse. Malgré le tollé sans précédent alors provoqué au sein de la classe politique, notamment les écologistes, le Conseil national (CN) s'est exprimé en faveur de cette proposition. La motivation ? Mis en place, le dispositif pourrait aider à lutter contre la délinquance maghrébine qui a pris une tournure de plus en plus inquiétante. L'adoption par le CN de ladite mesure n'a pas laissé indifférente la communauté maghrébine de Suisse, car, en fin de compte, ce sont les Algériens, les Marocains et les Tunisiens qui sont en réalité visés. «Plus de la moitié (52%) des prévenus dans le domaine de l'asile sont des requérants originaires de Tunisie, d'Algérie et du Maroc. Pourtant, ils ne représentent que 6% des demandeurs en procédure ou déboutés. Afin de prévenir et de lutter efficacement contre la criminalité, il est souhaitable de créer une base légale permettant aux autorités d'effectuer sur les requérants d'asile un test ADN», a argué l'auteur de la proposition. La réaction la plus virulente contre ce dispositif à relents «xénophobes» vient de l'Association Suisse-Algérie Harmonie (ASAH), basée à Genève. Son président, Benaouda Belghoul, n'a pas mâché ses mots pour dénoncer cette grave dérive. Dans un communiqué adressé à notre rédaction, cet ancien conseiller municipal au Parlement de Genève indique que «cette mesure rappelle un certain «J» sur les passeports des ressortissants juifs durant la Seconde Guerre mondiale, demandé sauf erreur par l'administration suisse... Après le vote contre les minarets et le durcissement des critères pour obtenir l'asile en Suisse, on assiste aux vieux réflexes immondes qui se pointent, avec un vernis de raisonnable et de mesuré tout helvétique comme il se doit aux yeux du monde...». Ce dispositif, peu onéreux, aux yeux de ceux qui l'ont préconisé, car coûtant à peine 200 francs suisses par test, y compris l'enregistrement dans une banque de données, est susceptible de permettre «l'identification avec la plus grande certitude des requérants dans le cadre de la procédure d'asile à proprement parler ainsi que dans les cas de délit ou de crime». En y adhérant, le Parlement fédéral a donc donné le feu vert pour que soit procédé l'établissement de profils d'ADN, non pas sur des individus suspectés d'un crime ou d'un délit, mais à titre préventif et de manière systématique sur certaines catégories de requérants d'asile, au motif qu'ils pourraient commettre des actes de délinquance après leur arrivée en Suisse. Ainsi, s'indigne le président de l'ASAH, «la désormais mesure implique que les tests ADN sont obligatoires pour certaines nationalités. C'est-à-dire ne se limitant plus aux seuls criminels, comme le prévoit la loi suisse actuelle. Les individus débarquant en Suisse sont préjugés criminels en fonction de leur origine». Or, notera-t-il, la Constitution suisse stipule que le patrimoine génétique d'une personne ne peut être analysé, enregistré et communiqué qu'avec le consentement de la personne ou en vertu d'une loi. La mesure en question constitue une grave atteinte aux droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté personnelle, au droit à la protection de la sphère privée et au principe de proportionnalité, énumèrera-t-il. Le Conseil fédéral (CF) était du même avis, dans sa réponse à la proposition Darbellay, datée du 14 novembre 2011. Il jugeait que «cette mesure d'identification, de nature policière, est contraire au principe de proportionnalité prévu par la Constitution fédérale. Elle ne peut pas être généralisée à tous les demandeurs d'asile, ni même simplement à un groupe d'individus, en ayant pour seule justification l'augmentation du taux de criminalité dans un domaine particulier». Et de contester son caractère discriminatoire : «Il faudrait se demander pourquoi les requérants d'asile devraient être seuls soumis à un prélèvement systématique de leur ADN, alors que d'autres groupes de la population ou groupes d'âge chez lesquels on relève un fort taux de criminalité ne le seraient pas.» De manière générale, ajoute le CF, «les restrictions apportées aux droits fondamentaux doivent être formellement prévues par un texte législatif et être justifiées par l'intérêt public et proportionnées au but visé». L'intérêt public semble être pour le Parlement fédéral une priorité absolue, le moyen d'y parvenir tout trouvé. D'autant que dans la Confédération et l'ensemble des cantons qui la composent, le constat des populations est unanime : les clandestins nord-africains - des Algériens surtout - pourrissent la vie des citoyens. Ils sont à l'origine de la hausse spectaculaire de la délinquance à Genève. Depuis l'arrivée des Zizou (harraga algériens), la cible de la droite suisse s'est davantage précisée, indique le président de l'ASAH. En somme, diagnostique le psychiatre algérien et expert auprès des tribunaux de Genève, les Nord-Africains sont toujours perçus comme une menace par les Européens. Preuve en est, renchérit-il, la doctrine militaire de Franco pour la défense du royaume d'Espagne et le plan de défense des frontières sud de l'Europe (Frontex). Et le président de l'Association Algérie-Suisse-Harmonie de conclure : «Actuellement, la droite populiste suisse accueille à bras ouverts Khelil et consorts et maltraite les plus démunis. Triste évolution de la Suisse humanitaire !»

El Watan

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