Le Sénégal est-il encore un pays francophone?

A Dakar, le français recule au profit du wolof. Un phénomène de fond qui n'est pas sans conséquence sur la vie quotidienne.

Une vue de Dakar, Sénégal. © Pierre Cherruau, tous droits réservés.

«Kaay ndékki !» Lorsque l’on se balade au petit matin dans les quartiers populaires de Dakar, difficile de ne pas entendre cette invitation à venir déguster le petit-déjeuner. Une offre sympathique, émanant souvent de gens modestes, qui ont le goût du partage, de la teranga (l’hospitalité à la sénégalaise).

Si cette invitation est formulée en wolof et non pas en français alors qu’elle s’adresse à un toubab (un blanc), n’y voyez pas l’expression d’une quelconque défiance. C’est tout simplement dû au fait que dans ces immenses banlieues dakaroises, l’usage du français est des plus limités.

Le wolof règne en maître. Un grand nombre d’habitants des banlieues sont bien incapables de formuler des phrases en français. Certains n’ont jamais été à l’école. Parmi ceux qui y sont allés, beaucoup n’ont guère entendu la langue de Molière, bien des enseignants préférant s’exprimer en wolof, même pendant les cours.

Parlez-vous wolof?

Dans nombre de capitales d’Afrique francophone, la langue de Voltaire a pu s’imposer comme lingua franca, permettant à des centaines d’ethnies de se mettre d’accord sur l’usage d’une langue, d’avoir un terrain d’entente. A Abidjan, la capitale économique ivoirienne, l’on préfère parler le français plutôt que de donner la primeur à telle ou telle autre langue. Tout est différent à Dakar, la capitale du Sénégal, où le wolof s’est imposé. Même dans les milieux intellectuels, cette langue gagne du terrain.

«Mon patron impose l’usage du wolof dans toutes les conversations. Même si cette langue n’est pas vraiment adaptée aux discours techniques», explique Aissata, cadre dans une grande compagnie d’assurance.

A Dakar, les autres Africains francophones sont très souvent désarçonnés par cette omniprésence.

«J’ai demandé à des Sénégalais de m’indiquer le chemin. Ils m’ont répondu qu’il fallait s’exprimer en wolof, alors même que je leur avais expliqué que je ne parle pas cette langue», s’étonne un Ivoirien, qui a dû abandonner la conversation avant qu’elle ne tourne au pugilat.

«Nombre d’Ivoiriens, de Béninois et autres expatriés se sentent de moins en moins à l’aise à Dakar, à cause de l’omniprésence de cette langue uniquement en usage au Sénégal», explique Alphonse, un enseignant d’origine béninoise.

Même des Sénégalais s’agacent du poids croissant de cette langue.  

«Très longtemps, le chanteur Baaba Maal a été boudé par les radios sénégalaises parce qu’il chantait en pulaar (la langue des Peuls) et non pas en wolof. Moi aussi je veux défendre ma culture. A la maison, avec mes enfants je ne parle que le français et le pulaar. Je veux leur transmettre cet élément essentiel de l’identité», affirme Assan, un haut fonctionnaire d’origine peule.

En Casamance, dans le sud-ouest du Sénégal, comme dans les autres régions, le poids du wolof irrite parfois. «Au tribunal, les conversations se font le plus souvent dans cette langue. Les populations locales sont défavorisées. Ce n’est pas leur idiome. Comment peuvent-elles se défendre dans une langue qu’elles ne maîtrisent pas?», regrette Savané, un haut fonctionnaire, même s’il reconnaît que des interprètes sont présents dans la plupart des juridictions.

Le français n'a plus la cote

A la télévision et à la radio, le wolof domine aussi. Les programmes en français ou dans les autres langues sont très minoritaires. Les débats politiques, sociétaux ou culturels ont généralement lieu en wolof. Un wolof mâtiné de français. Seules les telenovelas, les films américains ou les séries indiennes sont doublés en français. Mais inutile d’espérer le commentaire d’un combat de lutte dans la langue de Molière. On un quelconque sous-titrage en français des débats en wolof. Par certains côtés, beaucoup d’Occidentaux éprouvent moins un sentiment d’altérité dans le sud du Nigeria où le pidgin-english (encore appelé broken english) sert de langue véhiculaire.

Au Sénégal, nombre d’enseignants se plaignent d’une baisse générale du niveau en français. «Il a considérablement diminué au cours des dernières années. Les professeurs parlent  très souvent en wolof. Dans la vie de tous les jours, le wolof domine», explique Oumar Sankharé, enseignant à l’université de Dakar. Il ajoute une explication politique:

«Lorsque l’on demande à certains Sénégalais pourquoi ils ont autant de réticence à s’exprimer en français, ils donnent des justifications politiques. Ils affirment que ce n’est pas la langue du Sénégal. Un étrange nationalisme s’est développé ces dernières années.»

Après Léopold Sedar Senghor, Oumar Sankharé est le deuxième agrégé de grammaire du Sénégal. Il vient de décrocher ce précieux titre. Mais, selon Oumar Sankharé, les médias dakarois en ont peu parlé. «Ici, on préfère faire les gros titres sur des lutteurs et des politiciens», constate l’un de ses collègues.

Même les enseignants du primaire s’alarment du niveau des élèves. «Il a considérablement baissé. C’est pire chaque année», s’inquiète Cheikh, un instituteur dakarois. Cheikh constate lui aussi que les enseignants préfèrent parler à leurs élèves en wolof. Même les élites ont pris le parti de s’exprimer de plus en plus souvent en wolof. Le français pratiqué est parfois devenu hésitant ou académique. Comme s’ils parlaient une langue étrangère. Ou même une langue morte. Le vocabulaire est quelques fois daté, ancien, figé.

Une situation d’autant plus étonnante que le Sénégal s’enorgueillit d’être le berceau de la francophonie. Léopold Sedar Senghor (chef de l’Etat de 1960 à 1980) a été un grand défenseur de la francophonie. Il prétendait même au titre de «père de la francophonie». Le président poète a toujours proclamé son amour de la langue française. Son successeur, Abdou Diouf (au pouvoir de 1980 à 2000), dirige désormais la francophonie.

A l’image de Jacques Diouf, à la tête de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) jusqu’à l'été 2011, les Sénégalais sont omniprésents dans les organismes internationaux. Traditionnellement, ils étaient réputés pour leur maîtrise de la langue française. Des Ivoiriens avaient d’ailleurs pour coutume de dire que les Sénégalais parlaient le «gros français», à savoir le français des Français. Mais de plus en plus, le «gros français» donne l’impression de décliner. Il laisse place à un français créolisé, un mélange de français, de wolof et aussi d’anglais.

L'attrait des Etats-Unis

De plus en plus de Sénégalais font des études et de longs séjours en Amérique du Nord et ils truffent leur français d’expressions américaines. Le déclin du français au Sénégal est aussi lié, sans doute, à la perte d’influence de Paris. Et au moindre attrait de la culture française à Dakar.

La capitale sénégalaise est la région la plus à l’ouest d’Afrique, la plus proche des Etats-Unis. Une terre qui fait fantasmer. Même les lutteurs professionnels rêvent d’Amérique. A l’image de l’une des vedettes de la profession, Tyson, qui aime à se vêtir d’une bannière étoilée et à s’entraîner aux Etats-Unis.

Fin juillet à Dakar, j’ai croisé l’ex-ministre d’Etat Landing Savané. Cet ancien militant d’extrême gauche affirme qu’il sera sans doute candidat à l’élection présidentielle de 2012. Même lui qui revendique son passé soixante-huitard à Paris, admet regarder de moins en moins vers le Quartier latin. Quand Landing Savané n’est pas au Sénégal, c’est aux Etats-Unis qu’il se rend désormais. Signe des temps, Sitapha l’un de ses enfants choisit une toute autre voie que celle de son père. Le fils de Landing Savané joue au basket aux Etats-unis... En NBA.

Pierre Cherruau

 

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57 réactions
Le français progresse au Sénégal
Soumis par antoine534, le 04/08/2011 à 10h41

Cet article me semble vraiment trompeur. En effet, loin d'être en déclin, le français progresse et a toujours progressé au Sénégal. Les Sénégalais qui le parlent et le comprennent sont de plus en plus nombreux. De plus, tous les documents officiels et tous les sites internet sénégalais sont rédigés en français, rendant ainsi la connaissance de cette langue quasiment indispensable pour le citoyen sénégalais, surtout en milieu urbain. De plus, il faut savoir que de nombreux Sénégalais ne sont pas wolophones (20% de la population) et qu'avec ces derniers, c'est en français que doivent communiquer les wolophones. De même, tous les immigrants s'intègrent au français, la langue officielle, et non au wolof, qui est peu employé à l'écrit. Dans ces conditions, écrire que le français est en perte de vitesse au Sénégal me semble tout simplement faux. D'autant plus qu'aucun chiffre n'est cité dans l'article. Pourtant, pour parler du français au Sénégal, il aurait déjà fallu répondre aux questions suivantes : quel est le pourcentage de la population sénégalaise qui parle français ? Qui parle wolof ? Comment ont évolué ces pourcentages lors des dernières décennies ? Les réponses à ces questions sont fondamentales et conditionnent ensuite le jugement que l'on peut se faire de la situation du français au Sénégal.

Précision
Soumis par cherruau, le 04/08/2011 à 12h20

Il s'agit d'un article sur l'usage du wolof à Dakar. A l'oral. Et non d'un sujet sur l'usage de la langue française - l'écrit- au Sénégal.

antoine534 a répondu le 04/08/2011 à 14h02

>Il s'agit d'un article sur l'usage du wolof à Dakar.

Ce n'est vraiment pas ce qui ressort du titre de l'article. Au fait, le Sénégal est-il encore oui ou non un pays francophone ?

>Et non d'un sujet sur l'usage de la langue française - l'écrit - au Sénégal.

À quand un tel article ? Car cela fait maintenant deux fois que Slate Afrique titre sur le recul supposé du français au Sénégal. Et on n'a jamais répondu aux questions que j'ai posées, qui concernent, elles, tout le Sénégal et pas seulement Dakar. De manière générale, ne serait-il pas enfin temps d'écrire un article sur la diffusion croissante du français en Afrique ? On conclurait que l'Oganisation internationale de la Francophonie (OIF) prévoit 700 millions de francophones dans le monde en 2050, dont 80% seront Africains :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais#Situation_du_fran.C3.A7ais_pa...

Les données disponibles
Soumis par francowolff, le 04/08/2011 à 15h34

Je me permets de vous signaler la parution de La langue française dans le monde 2010 au éditions Nathan (oct. 2010), rédigée par l'Observatoire de la langue française de l'OIF, qui présente les dernières données disponibles sur l'usage du français, notamment au Sénégal.
D'après les travaux de chercheurs, on peut considérer que 35% de la population sénégalaise de plus de 10 ans sait lire et écrire le français. Par ailleurs, d'après des enquêtes réalisées par entretien auprès de plus de 1000 individus âgés de 15 ans et plus par l'institut TNS-SOFRES (dont les résultats complets sont publiés dans l'ouvrage déjà cité), entre 72% et 74% des Dakarois sont capables de s'exprimer en français (dont environ 30% "avec difficulté". D'après ces enquêtes, entre 37% et 38% des résidents de Dakar (et Pikine) seraient non francophones.
Pour connaitre l'évolution globale de l'usage des langue au Sénégal, je vous recommande une étude réalisée par l'Observatoire démographique et statistiques de l'espace francophone (ODSEF)disponible en ligne à l'adresse suivante http://www.odsef.fss.ulaval.ca/Upload/camara_senegal_site_internet_v19ja...

Thierno a répondu le 05/08/2011 à 11h24

M. Antoine a une connaissance carricaturale du Sénégal.
1)On peut vivre à Dakar en ne parlant que francais !!
Non mais. Sans déc, je redis NON!
Pour les expat' qui vivent entre eux et les francais communautaristes c'est possible.
J'y ai des anciens promos Ouest africains, on n'en discute quand on se voit. C'est impossible à moins de rentrer dans le milieu des expat occidentaux seulement!
Karim Wade, prends des cours de Wolof pour votre info. Jamais un président sénégalais ou politicien voulant l'être ne sera élu sans parler wolof.
Karim est vu comme le francais qu'il est de fait et a toujours été par la masse des sénégalais qui l'ont défait par les urnes à Point E et qui contionuent de le contester dans la rue par ce qu'il est mauvais politicien et ne peux s'adresser à la masse.
Pour ma part jamais je n'accepterai un président ne parlant que francais, une langue du colon. Je changerai de nationalité sans hésiter et quitterai ce pays, de mes ancetres!
Suivez la trajectoire de Karim et vous serez édifié sur ce que les sénégalais pensent de lui et de son expréssion francaise! De plus Karim vit dans ses palais à grand frais. S'il séjourne au Sénégal aprés la chute de son père on en rediscute!

2) Merci pour les infos sur ces études. je conteste les pertes de contrat dues à la barrière linguistique. Je pense à une mauvaise interprétation ou a un mauvais questionnement!
Dans les échanges, on discute en anglais. Il m'arrive, à moi et a mes amis dans des multinationales francaises sises à Paris, d'avoir des bresiliens, polonais, chinois, singapouriens, russes...Même si notre expression anglaise est pas exceptionnelle, on s'en contente!

De plus aucune application n'est traduite. Non, mais imaginez vous la traduction de toutes les applications ? Ca serait fou: les guides d'utilisateurs sont "user guides", on y parle de conf call en anglais, de meetings en francais s'il n'y a pas d'étrangers non francophones. Entre francophones on écrit en anglais pour faire simple.
Moi ca m'arrange perso car je parle francais dans la rue, je préfère travailler en anglais pour préparer mon avenir!

3) Je conteste formellement vos stats sur les dakarois qui lisent et écrivent le francais. je connais trés trés bien la statistique pour en avoir fait a une époque mon métier et votre chiffre est incroyable.
A moins que ca ne soit une étude déclarative. Comment dans un pays ou le francais s'acquiert à l'Ecole, les utilisateurs du francais surpondèrent les alphabétisés ?
Etant Dakarois de naissance, y ayant grandi, étudié etc, j'ai du mal a voir d'ou peut venir ce chiffre!
Si possible les réfs de l'enquete que j'en discute avec les statisticiens de l'ANSD voir!

4) Méfiez vous des études ambigues. Quand on dit qu'on a perdu un marché à cause d'un problème de langue OU de culture cela change beaucoup de choses. La question est de savoir si ces deux causes sont indépendantes ou pas et les probabilités s'en retrouvent trés différentes. De plus je ne vois pas comment sortir l'effet de langue et l'effet de culture, n'étant pas sociologue.
Perso, si je discute avec quelqu'un qui commence par me saluer dans ma langue "native" ou me fait une blague avec, je suis plus enclin a m'ouvrir. C'est un plus mais ne fait pas tout.

Aprés , c'est bien de s'ouvir à ses clients en montrant des signes basiques de connaissance de leur culture. Cela je ne peux et n'ose le nier!

Je n'ai rien contre le francais mais votre acharnement me laisse circonspect! J'avoue que je suis content que notre pays possede une langue orale de communication LOCALE, c'est trés rare en Afrique dan sun pays aux multiples ethnies. Cela j'en suis fier.
Aprés à l'écrit le francais on s'en contente. Pour ouvrir le Sénégal au monde il faudra se mettre à l'anglais et travailler notre ingenierie.
Défendez votre francais, cela ne me pose aucun problème et c'est légitime mais contester notre wolof dans notre pays pour je ne sais quelles raisons, non, cela ne passera pas!
Wa salam

antoine534 a répondu le 06/08/2011 à 16h10

>1)On peut vivre à Dakar en ne parlant que francais !!
>Non mais. Sans déc, je redis NON!

Encore une fois, cette affirmation est aberrante ! Plus de 70% des Dakarois parlent français (Source : la langue française dans le monde 2010 au éditions Nathan (oct. 2010), rédigée par l'Observatoire de la langue française de l'OIF). Et pour obtenir un emploi convenable, la connaissance du français est incontournable. La vérité est que tout francophone vit à Dakar sans aucun problème. Il peut aller faire ses courses, lire les documents officiels, y travailler. Tout cela sans problème. Je n'ai jamais entendu, ni lu quoi que ce soit sur des problèmes supposés de francophones à Dakar. Lisez les guides touristiques. Si vous parlez français à Dakar, vous ne rencontrez aucun problème. Certains sites écrivent même : « Les Sénégalais parlent français. » :
http://www.fou-de-voyage.com/voyage/afrique/senegal/

>je conteste les pertes de contrat dues à la barrière linguistique. Je pense à une mauvaise interprétation ou a un mauvais questionnement!

En tout cas, contrairement à ce que vous écrivez, l'anglais est totalement insuffisant dans le commerce international. Les études le prouvent. Et les annonces de recrutement aussi.

>Dans les échanges, on discute en anglais.

Et c'est souvent là que l'on a des quiproquos. On ne compte plus les bourdes des Français lorsqu'ils s'expriment en anglais. La dernière en date étant celle de Bernard Kouchner, qui a failli déclencher un incident diplomatique en confondant "hit" et "eat".

>De plus aucune application n'est traduite.

Dès que l'entreprise est condamnée en justice, elle traduit sans problème en français. Ouvrez les liens suivants (ce que vous n'avez pas fait) :
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=99187
http://www.daily-bourse.fr/news.php?news=AFP080516175041.dkxxu5sl

>Entre francophones on écrit en anglais pour faire simple.

C'est illégal en France. Tous les documents de travail doivent être rédigés en français (ce qui est la moindre des choses). De même pour les logiciels.

Tres bonne question que cet article
Soumis par Thierno, le 04/08/2011 à 16h04

Je suis surpris par les réactions. .
1) OUI le francais est en perte de vitesse au Sénégal. Moi même c'était un de mes constats.
Dans ma tendre enfance et dans mon adolescence, le wolof était cantonné à un journal miséreux avec Bachir Kounta et son second dont j'ai oublié le nom. Rien de plus. Il n'était pas rare que Diouf parle wolof pendant la campagne électorale ou a une ou deux occaz..
de nos jours, avec la libaralisation médiatique, il y a du wolof partout. Débats politiques, émissions politiques, de société, et j'en passe. Même moi cela me surprend. Mais je suis pour et j'ai mes raisons.

2) Les wolofones: les statistiques officielles ethniques je ne les ai pas mais on trouve des chiffres facilement. Les wolofones ne peuvent en aucun cas représenter 20%. Soyons sérieux. Au minimum, le wolof et dérivées doivent tourner autour de 40% minimum.
Les locuteurs wolofs ne sont pas forcément des wolofs et dérivées d'éthnie. Le wolof est une langue commercante et s'est imposé dans les villes en général partout au Sénégal, voir a Nouatchot (en attendant Rome et Madid, VY... :) )

3) Qui parle wolof au Sénégal ?
Vaste question. Ceux qui veulent communiquer facilement. Le wolof a eu la chance de s'etre imposé dans toutes les villes (je cause pas des villages ou on a le même phénomènes, d'aprés mes amis sudistes et sudistes de l'est du pays). Les gens qui le parlent ne se posent pas la question que certains Pulaar (réactionnaires) se posent à savoir pourquoi parler cette langue.
C'est une langue pour communiquer dans les violles avec le Sérére, le peul, le soussou, le manjack, le socé , le lébou, le balante et j'en passe.
Dans nos discussions on le souligne , autour de moi (wolof à 50%), un balante, un diola, un sérere, un wolof, trois pulaars sommes un groupe souvent sensemble. Je parles des origines, ce sont tous des citadins dont certains ont oublié les langues de leurs parents.
LE WOLOF EST LA LANGUE PARLE DU CITADIN SENEGALAIS!!!

4) Avantage du Wolof au Sénégal
Malgré les plaintes des étrangers, je trouve bien que les gens amplifient l'usage du wolof à l'oral en attendant.
Cette langue permet de faire pour une pièrre deux coups:
- enlever le francais de la vie citadine (hors emploi professionnelle et scolaire). Je me sens plus à l'aise de causer wolof dans la rue. Je trouve étrange qu'un sénégalais parle francais dans la rue. Autant parler pulaar ou une autre langue du pays même si j'y comprends rien!
- Cela évite des débats sur la prééminence d'una langue. Le wolof a réussi le tour de force de lier des ethnies qui ont elles même leurs langues. On a ainsi évite qu'un débat ethniques ait lieu. Cela sépare la langue de l'ethnie. On est sérére parlant wolof en étant fière de ses origines. cette décorrélation n'a pas de prix et nous assure une tranquilité ethnique (malheureusement pas religieuse).
Le Sénégal peut se targuer de voir chez nous des centaines d'ethnies parler une langue locale (et non coloniale), c'est efficace pour le commerce et les échanges!!

5) Inconvénients:
A la longue dans les villes cette langue peut faire oublier a certaines personnes leurs origines ethiniques et leurs dialectes. C'est le même soucis qu'on nos cousins et cousines ici sur l'Ile de France et partout à l'étranger. Aux parents de veiller!

6) La chance actuelle du francais:
Pour le moment du fait de l'usage professionnelle et scolaire le francais est trés bien ancré.
Il reste a nos élites de mettre en branle un alphabet pour cette langue ORALE et on fera comme la Turquie.
Je suis trés attaché a ce dernier point. Aprés la massification à l'oral, il faudra insérer cette langue à l'Ecole et non pas comme option à la FAC aisni que le Pular (30% ethnique avec dérivées).
Nos enfants (j'en ai pas :) ) seraient plus à l'aise en apprenant dans leurs langues maternelles et de famille.
De plus le francais ne nous sert qu'a communiquer avec nos voisins et amis de la sous région et c'est pas pour blamer la France. Le commerce mondial marche au globish, abandonnons cette langue pour le wolof et le globish!
Un peu de courage de nos Elites pour passer a autre chose.

7) Enfin que Senghor ou Diouf adorent la francophonie est bien pour eux mais hélas ne remplit pas la marmitte de nos femmes.

Wa salam

antoine534 a répondu le 04/08/2011 à 19h08

>1) OUI le francais est en perte de vitesse au Sénégal.

Je pense que cette affirmation est tout simplement fausse, pour les raisons que j'ai évoquées dans mon premier message. Comment parler d'une perte de vitesse du français au Sénégal alors que ce dernier est présent partout, que c'est la langue officielle, que c'est la langue de travail des grandes entreprises, des ministères, la langue des sites internet, etc. ?

>de nos jours, avec la libaralisation médiatique, il y a du wolof partout. Débats politiques, émissions politiques, de société, et j'en passe.

Cela pose un vrai problème pour les non-wolophones du Sénégal, qui sont très nombreux (un Sénégalais sur cinq). Même le fils de Wade ne parle pas wolof. Ces émissions et débats politiques devraient donc être diffusés prioritairement en français, comme cela se fait dans les autres pays d'Afrique francophone. Tout le monde est censé comprendre le français à Dakar vu que c'est la langue officielle et la langue de la scolarisation. Ce n'est pas le cas du wolof.

>Le wolof est une langue commercante et s'est imposé dans les villes en général partout au Sénégal, (...);

Je pense que le nombre de wolophones est surestimé car cette langue étant peu écrite, les non-wolophones vont privilégier le français dans leur vie quotidienne et professionnelle. C'est le cas de nombreux Peuls et Diolas, entre autres. Et comme le dit l'article : « Des Sénégalais s’agacent du poids croissant de cette langue. ». Ceci dit, je pense que de nombreux Sénégalais non wolophones de naissance ont une connaissance rudimentaire de la langue. Ils se débrouillent avec pour dialoguer au marché mais n'en ont pas une connaissance poussée.

>Les gens qui le parlent ne se posent pas la question que certains Pulaar (réactionnaires) se posent à savoir pourquoi parler cette langue.

Il n'y a pas que les Pulaar qui se posent cette question. De nombreux Sénégalais (20% de la population) ne parlent pas le wolof et ceux-ci sont en droit d'avoir des émissions de télévision et de radios dans leur langue ou en français.

>De plus le francais ne nous sert qu'a communiquer avec nos voisins et amis de la sous région.

Et aussi avec les Sénégalais non wolophones.

>Le commerce mondial marche au globish, (...).

N'importe quoi. La langue du commerce, c'est la langue du client. 90% de la population mondiale ignore l'anglais et ce dernier n'est la langue maternelle que de 7% de la population mondiale. Et ce pourcentage va baisser à 5% en 2050 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais#Situation_du_fran.C3.A7ais_pa...

>7) Enfin que Senghor ou Diouf adorent la francophonie est bien pour eux mais hélas ne remplit pas la marmitte de nos femmes.

N'importe quoi là-aussi. Un Sénégalais qui ignore le français n'a aucune chance d'obtenir un emploi dans une grande entreprise privée ou publique. Comment pourrait-il travailler efficacement vu que tous les documents de travail sont rédigés en français ? C'est le français qui rapporte de l'argent au Sénégal, pas le wolof.

antoine534 a répondu le 05/08/2011 à 09h53

Dans les grandes entreprises sénégalaises, il me semble évident que le français est très présent à oral. En effet, il suffit d'un seul non-wolophone pour que tout bascule en français, dans les réunions par exemple, même informelles. Le français à l'oral est donc bien plus présent que vous ne le croyez.

>5) Peut-on vivre à Dakar en ne parlant que français ?
>Non.

Cette affirmation est ridicule. Quand on voit que même Karim Wade, le fils du président, ne parle pas wolof. Comment fait-il donc alors pour vivre à Dakar ? Et les Francais et "Libanos-Syriens", ils deviennent tous muets au marché ? D'après les statistiques, plus de 70% des Dakarois lisent et écrivent le français et ce pourcentage ne pourra qu'augmenter à l'avenir vu que le français est omniprésent à l'écrit.

>7) La langue du commerce mondial est la langue du client ? :)

Évidemment. Il n'y a qu'à lire les offres d'embauche pour les commerciaux. L'anglais est en général loin d'être suffisant. D'autres langues sont souvent mentionnées.

>Meme Claude Hagène n'ose pas écrire pareille énormité.

Qu'en savez-vous ? Vous n'avez lu aucun de ses livres.

>Etant moi même dans une grosse mutinationale francaise trés au fait du commerce et de ses rouages, je serai viré si je ne connaissez pas l'anglais, à l'écrit et à l'oral.

Tout dépend avec quels pays on commerce. Ceci dit, concernant l'anglais en entreprise en France, il faut savoir que des entreprises ont été lourdement sanctionnées ces dernières années par les tribunaux pour usage illégal de l'anglais : par exemple la société américaine GEMS, condamnée à 570.000 euros d'amende pour avoir refusé de traduire en français ses documents de travail :
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=99187

De même pour les sociétés Europ Assistance et Nextirone, condamnées pour avoir voulu imposer des logiciels en anglais sans traduction :
http://www.daily-bourse.fr/news.php?news=AFP080516175041.dkxxu5sl
>Faisant partie d'un réseau de compétences, l'anglais est une necessité absolue pour le commerce mondial et les échanges.

90% de la population mondiale ignore l'anglais et ce dernier n'est la langue maternelle que de 7% de la population mondiale. Et ce pourcentage va baisser à 5% en 2050.

>En aucun cas, on a besoin de parler portuguais pour traiter avec le Bresil, le globish suffit largement.

Les cas sont innombrables de contrats perdus suite à un manque de compétences linguistiques. Une étude a même été menée par des Britanniques et montre que la méconnaissance des autres langues de la part des Britanniques fait perdre des sommes énormes au Royaume-Uni :
http://www.tnp3-d.org/docs/tnp3d_sr_sp2_west_fr_0.pdf

Je cite : « En 2004, une étude de la British Chambers of Commerce explique jusqu’à quel point les langues, et les cultures, peuvent freiner le commerce : 80% des exportateurs ne peuvent pas gérer un dossier dans une langue autre que l’anglais. Cette étude montre également que les entreprises qui ont investi dans les langues étrangères augmentent leurs ventes à l’étranger d’en moyenne £ 290 000 par an, tandis que les entreprises ayant moins investi peuvent perdre en moyenne jusqu’à £ 50 000 par an. Pire encore : 77% des entreprises interrogées disent avoir perdu des marchés durant les deux années précédant l’étude, à cause de problèmes d’ordre langagiers ou culturels. Selon une étude menée dans les secteurs de l’ingénierie, de la science et de la technologie, le manque de compétences en langues crée une sorte de barrière psychologique, empêchant l’accès aux marchés potentiellement lucratifs, mais où l’anglais n’est pas communément parlé. »

Que des imprécisions !
Soumis par WYSIWYG, le 04/08/2011 à 16h28

En tant que directeur de rédaction, votre article cher Mr cherruau, est très léger. Soit il a été rédigé à la va-vite, soit vous méconnaissez un peu le Sénégal et les chiffres autour de la question.

Le niveau des élèves et étudiants baisse. Ceci est une vérité mais pas qu'en français,mais en mathématiques aussi, en histoire et en géographie... Et pas qu'au Sénégal, c'est le cas en France aussi. Cela est dû a des problèmes plus sérieux liés au système éducatif.

Dans les années après la seconde guerre mondiale jusqu'à l'indépendance, le taux d'alphabétisation était très bas. Depuis l'indépendance, les choses se sont nettement améliorées même si dans certaines régions, des progrès restent encore à faire. Amélioration du taux de scolarisation signifie forcémment augmentation du nombre de personnes qui parlent ou écrivent le français car au Sénégal, dans les écoles, on enseigne pas le wolof ou d'autres langues locales mais le français! Je ne sais pas d'ailleurs si c'est une bonne solution mais ça, c'est un autre sujet...

D'un autre côté, je ne vois pas où se situe le problème dans la mesure où, le français est la langue officielle du pays, utilisée dans les administrations et dans les entreprises publiques et privées. Ce qu'il faut comprendre, c'est que le sénégalais, à la différence d'autres nationalités africaines et êuropéennes, baigne dès la naissance dans un environnement cosmopolite et polyglote. En effet, il cohabite tout jeune avec différentes ethnies avec des langues (et non des dialectes) différentes favorisant une facilité et une ouverture pour les autres langues étrangères (français, anglais, allemand...). C'est plutôt un très grand atoût et non un frein !

cherruau a répondu le 04/08/2011 à 16h37

Personne ne dit que la progression du wolof soit un problème.

WYSIWYG a répondu le 04/08/2011 à 17h00

"Personne ne dit que la progression du wolof soit un problème" ah bon ? Si si, c'est dit juste un peu plus haut dans l'article :

- "A Dakar, les autres Africains francophones sont très souvent désarçonnés par cette omniprésence."

- "Même des Sénégalais s’agacent du poids croissant de cette langue."

Ah le journalisme ! On écrit une chose dans la matinée et hop l'après-midi on nie l'avoir écrit!

Wolof
Soumis par cherruau, le 04/08/2011 à 17h04

Des Africains vivant à Dakar se plaignent en effet de la place occupée par le wolof. Cela ne veut pas dire que nous partagions cette opinion. Nous rendons compte d'un phénomène, sans porter de juger de valeur.

WYSIWYG a répondu le 04/08/2011 à 17h27

Très bien Mr Cherruau, très bien. Vous admettez donc que certains ont dit que la progression du wolof était un problème!

Vous ne l'avez pas dit (et d'ailleurs, si vous me relisez, jamais je vous ai accusé de l'avoir dit) mais des personnes l'ont dit, ce que je réfute. La progression d'une langue dans une société polyglote n'est pas un frein mais un atoût!

Wolof
Soumis par cherruau, le 04/08/2011 à 17h31

En tout cas, pour ma part, je ne suis ni pour ni contre telle ou telle langue. Mon rôle n'est pas de prendre fait et cause pour une langue ou une autre.

antoine534 a répondu le 04/08/2011 à 19h12

Certes mais cela fait quand maintenant deux fois que Slate Afrique titre sur le recul supposé du français au Sénégal ! À quand un article sur la diffusion croissante du français en Afrique francophone ?

Le français décline
Soumis par blaisou, le 04/08/2011 à 17h58

Au delà des chiffres, il y a une réalité: vous aurez beau tendre l'oreille à Dakar, capitale économique, nous n'entendrez pas parler français.
N'en déplaise à certains mais c'est un problème à long terme dans la mesure ou l'enseignement se fait en langue française, laquelle devient peu utilisée alors que le wolof n'est que parlé et est géographiquement très restreint.
Et tout le monde sait que le non usage d'un savoir se perd allègrement au fil du temps .......jusqu'à sa déperdition ou son déclin mais ça va de pair, la France et le français déclinent au Sénégal.

cherruau a répondu le 04/08/2011 à 19h21

SlateAfrique n'a rien contre la langue française. L'idiome que ce média utilise chaque jour.

antoine534 a répondu le 04/08/2011 à 19h24

>Au delà des chiffres, il y a une réalité : vous aurez beau tendre l'oreille à Dakar, capitale économique, nous n'entendrez pas parler français.

Certes mais je poserais plusieurs questions :

1) Quelle langue parle-t-on dans les grandes entreprises sénégalaises ?

2) Dans quelle langue les employés écrivent-ils leurs courriels quand ils doivent communiquer avec d'autres entreprises sénégalaises ?

3) Quelle langue parle un non-wolophone à Dakar ?

4) Quelles sont les perspectives d'emploi dans un grand organisme (entreprise privée ou service public) pour un Sénégalais qui ne parlerait pas français ?

5) Peut-on vivre à Dakar en ne parlant que français ?

antoine534 a répondu le 04/08/2011 à 19h36

>SlateAfrique n'a rien contre la langue française.

Franchement, on ne dirait pas ! Lorsque l'on écrit coup sur coup deux articles sur le déclin supposé du français au Sénégal (déclin très discutable) et que, dans le même temps, on n'écrit aucun article sur la diffusion croissante du français dans de nombreux pays d'Afrique francophone, c'est dur d'écrire ensuite que l'on n'a rien contre la langue française !
Quand les journalistes de Slate Afrique vont-ils enfin écrire un article sérieux sur la diffusion croissante du français en Afrique francophone ? Toujours pas de réponse à cette question.
Pourtant, le nombre de locuteurs du français en Afrique ne cesse et n'a cessé d'augmenter, que ce soit le français langue maternelle ou langue seconde :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais#Situation_du_fran.C3.A7ais_pa...

SlateAfrique a un problème avec la France, pas avec le français
Soumis par kidon, le 04/08/2011 à 20h17

On peut se demander l'intérêt de sortir :
- Jour 1 : L'influence de la France décline en Afrique
- Jour 2 : Les français c'est tous des salops qui détestent l'Afrique et tuent des africains
- Jour 3 : La langue française décline en afrique francophone
- Jour 4 : les croisés français bombardent les musulmans lybiens, tuent femmes et des enfants.

De là à dire que Slate Afrique appelle à la haine contre les français il n'y a qu'un pas.

D'ailleurs il apparaît de plus en plus que les lecteurs sont attirés par ce racisme anti français, et il apparaît aussi qu'ils sont la cible du journal.

Je suis fasciné par ces journaux qui accumulent mauvaises fois et avis tranchés...

Dans le même style je conseille le blog de Nicole.

blaisou a répondu le 04/08/2011 à 22h16

Vous allez un peu loin en hissant le drapeau du racisme anti français.
Certaines vérités sont tout simplement bonnes à dire.

Et alors !?
Soumis par iss, le 05/08/2011 à 02h16

Devons-nous delaisser notre langue et par la notre culture en faveur d'une langue etrangere symbole de domination et de mepris? Je suis serere mais je suis bien heureux de pouvoir communiquer avec mes cousins djolas du sud avec une langue africaine(woloof). Pouquoi ce type d'article qui a tendance a semer le trouble entre les differentes composantes de la societe senegalaise? Concernant nos freres africains qui vivent parmis nous ils doivent juste constater ce fait et se rendre compte que c'est ce qui rend notre pays si authentique ca ne nous empeche nullement d'etre ouverts et accueillants. Je leur rappelle aussi qu'ils doivent juste essayer de s'adapter a cette situation. Le woloof comme langue de communication est juste le symbole de notre resistance culturelle au colonialisme.
Concernant l'auteur de cette article il m'a l'air d'un toubab wathe-besse qui se croit encore dans une region de l'empire francaise. La france et sa culture, sa langue en premier, nous avons raison de nous en eloigner, c pour notre plus grand bien. Ce pays et sa culture nous ont trop longtemps parasite.

En réaction aux réactions de Antoine54
Soumis par Thierno, le 05/08/2011 à 02h23

Je vais tenter d’être précis par rapport a certains points que je lis. Que certains soient la pour défendre le français, libre à eux, ca ne me concerne pas, mais de la à nous raconter des faussetés, non!
1) Il est faux que le francais est en perte de vitesse au Sénégal ?
Je ne vais pas rire tellement c'est un déni de réalité. Que quelqu'un me dise sur quelle rue de Dakar on entend le francais! J'attends! A mon jeune age mes freres parlaient en francais, je m'en rappelle comme de la préhistoire! Pour communiquer même dans les médias le francais est largué! N'en déplaise à ceux qui s'acharnent à nous raconter des histoires!

2) Le wolof un problème pour les non wolofs ?
Nous n'allons pas changer notre langue de communication par ce qu'il y a des étrangers chez nous ou des non wolofs. apprendre le wolof ne leur privera pas de leurs langues d'origine!
Je préfère que 4/5 du pays parlent une langue commune que l'inverse. Comme je le disais cela nous évite des discussions sur les ethnies et c'est tant mieux. Car il est évident que la locution wolof est dé corrélée de l'ethnie wolof! Moi même étant wolof qu'en partie!
Au passage les non wolofs privilégient leurs langues entre eux. J'ai des amis séréres, diakanké, peuls, il est inimaginable qu'ils causent francais entre eux! Faux pas pousser!

3)Le francais apporte de l'argent au Sénégal et pas le wolof! FAUX
Non mais soyons sérieux! M'intéressant de prés aux sous j'aimerai voir cette démonstration!
Une langue est fait pour communiquer pas pour apporter de l'argent! Je conseille à mes compatriotes de bosser le globish et le mandarin. Le francais ne nous servira pas pour sur!
Le but du wolof est de permettre au gros de la population de partager une langue LOCALE pas de faire rentrer des sous! Votre affirmation est fausse

4) Petit fourre tout pour répondre a certaines questions en vrac!
Ci aprés mes réponses à vos questions

1) Quelle langue parle-t-on dans les grandes entreprises sénégalaises ?
Le francais à l'écrit et le wolof à l'oral. Faites une enquete. Je rentre dans un certain nombre d'entreprises à Dakar en tout cas. Regardez vous même.

2) Dans quelle langue les employés écrivent-ils leurs courriels quand ils doivent communiquer avec d'autres entreprises sénégalaises ?
Le francais est la langue écrite du pays et ceci n'est pas le débat de cet article mais l'usage oral du wolof ultra présent au quotidien et se répandant encore plus.

3) Quelle langue parle un non-wolophone à Dakar ?
Parlent leurs langues ethnique entre eux:
les pulars, Sérères, balante,sossé, lébou, mandjack, bambara etc....
Avec les autres ethnies, c'est le WOLOF. Je n'ai jamais vu un pular ou sérere me parler en francais , jamais de la vie, et je n'ai jamais entendu pareille histoire. Beaucoup de mes compatriotes n'ont pas la maitrise du francais en plus!

4) Quelles sont les perspectives d'emploi dans un grand organisme (entreprise privée ou service public) pour un Sénégalais qui ne parlerait pas français ?

Pour un arabophone, ca s'améliore beaucoup, profs de fac, enseignement secondaire et moyen, ONG, banques islamiques, projets islamiques ....
Pour les anglo saxons, les projets liés aux US
Pour un analphabète (ne lisant pas ni francais, ni l'arabe) c'est la galère totale!
J'ai des amis que je peux vous présenter qui ont fac un équivalent Bac en arabe, ont étudié en arabe au Maghreb ou ailleurs dans le golfe ou l'asie, sont rentrés et travaillent en ne sachant pas lire le francais. Ils bricolent un francais assez drole à entendre!
Aussi deux amis évoluant dans la finance islamique et étudiant et évoluant dans un envionnement arabophone! Le monde change!
Maintenant notre économie étant informelle presque entièrement, il faut relativiser la nécéssité du francais!!!

5) Peut-on vivre à Dakar en ne parlant que français ?
Non. Sauf pour les francais et "libanos - syriens" qui vivent entre eux en ce que l'on nomme ici en France le communautarisme. Pour les autres impossible!

7) La langue du commerce mondial est la langue du client ? :)
Je ne peux ne pas sourire. Meme Claude Hagène n'ose pas écrire pareille énormité.
Etant moi même dans une grosse mutinationale francaise trés au fait du commerce et de ses rouages, je serai viré si je ne connaissez pas l'anglais, à l'écrit et à l'oral. Faisant partie d'un réseau de compétences, l'anglais est une necessité absolue pour le commerce mondial et les échanges. On verra avec le mandarin à l'avenir. En aucun cas, on a besoin de parler portuguais pour traiter avec le Bresil, le globish suffit largement.
C'est sympa de rever dans son bureau mais les choses ne sont pas telles qu'on veut qu'elles soient!
Que mes compatriotes se mettent à l'anglais et au mandarin!

Voila. Ce que je peux dire avec certitude c'est que l'on devra se mettre au globish et au wolof écrit! Vous surestimez l'utilité du francais dans un pays à l'économie informelle presque non intégrée à l'économie mondiale!

antoine534 a répondu le 05/08/2011 à 12h38

Dans les grandes entreprises sénégalaises, il me semble évident que le français est très présent à oral. En effet, il suffit d'un seul non-wolophone pour que tout bascule en français, dans les réunions par exemple, même informelles. Le français à l'oral est donc bien plus présent que vous ne le croyez.

>5) Peut-on vivre à Dakar en ne parlant que français ?
>Non.

Cette affirmation est ridicule. Quand on voit que même Karim Wade, le fils du président, ne parle pas wolof... Comment fait-il donc alors pour vivre à Dakar ? Et les Francais et "Libanos-Syriens", ils deviennent tous muets au marché ? D'après les statistiques, plus de 70% des Dakarois lisent et écrivent le français et ce pourcentage ne pourra qu'augmenter à l'avenir vu que le français est omniprésent à l'écrit.

>7) La langue du commerce mondial est la langue du client ? :)

Évidemment. Il n'y a qu'à lire les offres d'embauche pour les commerciaux. L'anglais est en général loin d'être suffisant. D'autres langues sont souvent mentionnées.

>Meme Claude Hagène n'ose pas écrire pareille énormité.

Qu'en savez-vous ? Vous n'avez lu aucun de ses livres.

>Etant moi même dans une grosse mutinationale francaise trés au fait du commerce et de ses rouages, je serai viré si je ne connaissez pas l'anglais, à l'écrit et à l'oral.

Tout dépend avec quels pays on commerce. Ceci dit, concernant l'anglais en entreprise en France, il faut savoir que des entreprises ont été lourdement sanctionnées ces dernières années par les tribunaux pour usage illégal de l'anglais : par exemple la société américaine GEMS, condamnée à 570.000 euros d'amende pour avoir refusé de traduire en français ses documents de travail :
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=99187

De même pour les sociétés Europ Assistance et Nextirone, condamnées pour avoir voulu imposer des logiciels en anglais sans traduction :
http://www.daily-bourse.fr/news.php?news=AFP080516175041.dkxxu5sl

>Faisant partie d'un réseau de compétences, l'anglais est une necessité absolue pour le commerce mondial et les échanges.

90% de la population mondiale ignore l'anglais et ce dernier n'est la langue maternelle que de 7% de la population mondiale. Et ce pourcentage va baisser à 5% en 2050.

>En aucun cas, on a besoin de parler portuguais pour traiter avec le Bresil, le globish suffit largement.

Les cas sont innombrables de contrats perdus suite à un manque de compétences linguistiques. Une étude a même été menée par des Britanniques et montre que la méconnaissance des autres langues de la part des Britanniques fait perdre des sommes énormes au Royaume-Uni :
http://www.tnp3-d.org/docs/tnp3d_sr_sp2_west_fr_0.pdf

Je cite : « En 2004, une étude de la British Chambers of Commerce explique jusqu’à quel point les langues, et les cultures, peuvent freiner le commerce : 80% des exportateurs ne peuvent pas gérer un dossier dans une langue autre que l’anglais. Cette étude montre également que les entreprises qui ont investi dans les langues étrangères augmentent leurs ventes à l’étranger d’en moyenne £ 290 000 par an, tandis que les entreprises ayant moins investi peuvent perdre en moyenne jusqu’à £ 50 000 par an. Pire encore : 77% des entreprises interrogées disent avoir perdu des marchés durant les deux années précédant l’étude, à cause de problèmes d’ordre langagiers ou culturels. Selon une étude menée dans les secteurs de l’ingénierie, de la science et de la technologie, le manque de compétences en langues crée une sorte de barrière psychologique, empêchant l’accès aux marchés potentiellement lucratifs, mais où l’anglais n’est pas communément parlé. »

antoine534 a répondu le 06/08/2011 à 22h02

>1) Il est faux que le francais est en perte de vitesse au Sénégal ?
>Je ne vais pas rire tellement c'est un déni de réalité. Que quelqu'un me dise sur quelle rue de Dakar on entend le francais!

Mais personne ne nie que le wolof est largement répandu à Dakar. En revanche, il est erroné d'en tirer la conclusion que le français recule. Sinon, vu que les Marocains ne parlent pas français entre eux, on pourrait en tirer la même conclusion pour le Maroc. Or, le français est très largement répandu au Maroc. Il est même tellement présent qu'il commence à devenir langue maternelle dans les villes, certains parents décidant de ne parler que français à leurs enfants :
http://www.bladi.net/forum/221268-francais-revient/

Ce que je conteste dans l'article de M. Cherruau, c'est le parti pris anti-langue française, qui est vraiment éclatant. Au prétexte que le wolof est largement répandu à Dakar (ce qui a toujours été le cas !), on en tire la conclusion que le français est en déclin. Or, le français est omniprésent au Sénégal. Il suffit de se promener dans les rues pour s'en rendre compte. Et ceux qui le parlent sont extrêmement nombreux (70% de la population dakaroise selon l'OIF). Quant à ceux qui ne le parlent pas, c'est un véritable handicap car leurs perspectives d'emploi sont très limitées. Vu que tout est écrit en français, c'est comme s'ils étaient analphabètes ! Et le vrai problème au Sénégal, c'est l'analphabétisme très répandu, qui est un véritable frein au développement.

France
Soumis par cherruau, le 05/08/2011 à 08h50

SlateAfrique n'est pas "anti Français". Il faut savoir raison garder.

antoine534 a répondu le 05/08/2011 à 09h25

>SlateAfrique n'est pas "anti Français".

Mais anti-langue française, sans aucun doute. Pour la troisième fois, les journalistes de Slate Afrique vont-ils enfin écrire un jour un article sérieux sur la diffusion croissante du français en Afrique francophone ?

Français
Soumis par cherruau, le 05/08/2011 à 09h26

Vous pouvez proposer une tribune à SlateAfrique sur la progression du français en Afrique.

antoine534 a répondu le 05/08/2011 à 10h10

Je ne suis pas journaliste. Ceci dit, si les journalistes de Slate Afrique se sont donné la peine de se déplacer deux fois au Sénégal, pourquoi ne vont-ils pas dans un autre pays d'Afrique nous parler de la progression du français ? Pourquoi ne pas nous parler de la situation du français au Cameroun, au Congo, au Gabon ou au Bénin ? Mieux encore, un article sur la situation du français en République démocratique du Congo serait tout indiqué vu que ce pays est devenu le pays francophone le plus peuplé du monde.

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mise à jour 15/01/2012, 57 réactions (réagir)

 
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