Quatre génocidaires rwandais condamnés

Trente ans de prison. C’est la peine dont vient d’écoper Augustin Bizimungu, ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise. Le 17 mai 2011, Le Tribunal pénal international pour le Rwanda l’a reconnu coupable de génocide et de crimes contre l’humanité.

Entre avril et juin 1994, des milices Hutu massacrèrent près de 800.000 Tutsi et Hutu modérés. Bizimungu, âgé de 59 ans, est resté impassible lorsque le juge a annoncé la peine à laquelle il a été condamné. Il a été révélé lors du procès que le militaire avait préparé des listes de Tutsi «à exterminer» qu’il comparait alors à des «cafards».

Bizimungu n’a été capturé qu’en 2002 par le mouvement angolais de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) après avoir été recherché internationalement pendant 8 ans. Les Etats-Unis avaient promis une récompenses de 5 millions de dollars (3,5 millions d’euros) à quiconque l’arrêterait. Son procès aura duré 9 ans.

Tim Murithi, directeur du programme de justice transitoire en Afrique à l'Institut pour la Justice et la Réconciliation en Afrique du Sud, a déclaré que cette sentence constituait une sévère punition des chefs militaires impliqués dans des atrocités. Il ajoute:

«Cependant, la condamnation d’une petite élite politique et militaire n’indique pas la solution pour promouvoir la cicatrisation et la réconciliation de la nation. A travers le pays, des soldats qui agissaient sur ordre de Bizimungu vivent à deux pas de leurs victimes […] La condamnation de Bizimungu et des autres responsables militaires est une étape nécessaire vers la stabilisation du pays, mais elle devrait être couplée avec la mise en place d’un processus profond de réconciliation nationale.»

Bizimungu a été condamné en même temps que trois autres de ses pairs: Augustin Ndindiliyimana, ancien chef d’état-major de la gendarmerie, reconnu coupable mais avec des circonstances atténuantes, a été condamné à 11 ans de prison, peine qu’il a déjà purgée depuis son arrestation en Belgique en 2000. Le major Francois-Xavier Nzuwonemeye et son second, le capitaine Innocent Sagahutu, ont tous deux été condamnés à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité. Ils ont été reconnus coupables de l’assassinat du Premier ministre Agathe Uwilingiyimana.

Lu sur le Guardian, BBC News

 

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Slate Afrique

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mise à jour 18/05/2011,

 
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