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Pour le prince Moulay Hicham, «le Maroc ne fera pas exception à la règle»

Dans une interview accordée au quotidien espagnol El Pais sur la montée en puissance des contestations populaires au Maghreb, le prince Moulay Hicham —troisième prétendant à la succession du trône de Mohamed VI— pense que «le Maroc ne fera pas exception à la règle». Il explique:

«Le cours de l’histoire a déjà commencé à changer avec la chute du régime de Ben Ali, et quoiqu’il se passe en Egypte, le régime marocain ne pourra pas être maintenu tel quel.»

«Les manifestations de Tunis et du Caire ne revêtent pas de symbole religieux […] mais supposent une rupture générationnelle. De plus, les nouvelles technologies encouragent ces mouvements, et offrent un nouveau visage à la société civile dans le rejet de l’autoritarisme et de la corruption.»

C’est par sa nature même que le mouvement serait susceptible de s’étendre jusqu’au Maroc. Quelle que soit la forme de la contestation, le caractère autoritaire de la monarchie peut réveiller certaines velléités contestataires.

«Mieux vaut pratiquer l’ouverture avant que n’arrive la protestation et non après. Ainsi, le pays disposera d’une marge de manœuvre», continue Hicham. La solution? «Redynamiser la vie politique dans son contexte régional, en évitant le radicalisme.»

Même si la médiation politique du régime marocain semble plus efficace que dans les pays voisins, il n’empêche que des manifestations ont d’ores et déjà éclaté dans le pays. El Pais rapporte que les premiers rassemblements ont eu lieu dimanche 30 janvier 2011 soir à Fès et à Tanger. Dans le calme, certes, mais plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues pour manifester leur soutien et leur solidarité avec les mouvements en Tunisie et en Egypte. 

A contrario, certains démentent l’idée même d’une révolution populaire au Maroc. A l’image de la ministre des Affaires étrangères espagnole, Trinidad Jiménez, qui soutient que «c’est un pays qui a commencé il y a quelques années un processus d’ouverture démocratique».

 Lu sur El Pais