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Aït Ahmed sera présent pour passer le témoin

La non-candidature du chef historique du FFS à sa propre succession ouvre la voie à une nouvelle forme de direction du parti qui consiste en l'élection d'une présidence collégiale de cinq membres à l'occasion du prochain congrès. Les 23, 24 et 25 mai prochains placeront les bases de l'avenir du Front des forces socialistes (FFS) sans Hocine Aït Ahmed. C'est au cours du 5e congrès du FFS qui aura lieu en ces dates que le leader charismatique, Hocine Aït Ahmed, viendra passer le témoin et quittera la présidence d'un parti qu'il a fondé un certain 29 septembre 1963. Le cinquantième anniversaire du FFS coïncidant avec les festivités de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance verra donc se faire le passage de témoin de Hocine Aït Ahmed à la nouvelle direction du parti. «Ce congrès sera sans nul doute un moment historique particulier pour notre parti, la décision de notre président de ne pas se représenter à la présidence du FFS lors de ce 5e congrès est une décision lourde pour les militantes et les militants, mais aussi bien au-delà. L'annonce de cette décision a été profondément ressentie et l'émotion des militantes et des militants a été forte. Ce congrès sera le congrès du sentiment et de l'émotion», nous confie le Dr Rachid Halet, député et membre du comité d'éthique du FFS, à l'issue des travaux hier du conseil national.  Les préparatifs de ce rendez-vous hautement important dans la vie du plus vieux parti de l'opposition se déroulent dans «la sérénité», nous dit-on. Hier, les membres du conseil national ont tenu une réunion extraordinaire autour du plan global de préparation du congrès. «On s'en tient au respect des règles, c'est ce qui fait d'ailleurs la force du FFS et sa différence avec les autres partis et même avec le fonctionnement des institutions du pays. Je peux dire que le respect des statuts et des règles est le plus grand legs d'Aït Ahmed aux militants», souligne Karim Baloul, député, secrétaire national chargé des relations internationales et chef de cabinet du président du FFS. Notre interlocuteur estime que même lors des quelques remous qui ont émaillé la campagne des législatives passées, certains reprochaient le choix de candidats, mais à aucun moment le processus ou la démarche n'ont été contestés. Un «présidium» à la place d'un président «Au FFS, nous avons le souci du respect des statuts et ceci rassure les militants. Ils savent qu'il n'y aura jamais de passe-droits et donc pas de remise en cause du processus», note encore Karim Baloul. Rachid Halet indique, pour sa part, qu'il y a eu «une crédibilisation progressive du processus de décision qui arrive à plus d'intelligibilité. Le processus est transparent et le choix des délégués s'est fait dans le respect strict des règles, et c'est là même notre façon de rassembler». La non-candidature d'Aït Ahmed à sa propre succession ouvre la voie à une nouvelle forme de direction du parti. Il n'y aura pas un président du FFS, mais un «présidium». «On ne veut pas se précipiter à trouver un successeur à Aït Ahmed. On se donne le temps de voir émerger une personnalité qui lui succède. C'est pour cela que nous optons pour l'idée du présidium qui donne toute sa mesure à ce congrès qui est, sans nul doute, celui de la transition», explique Karim Baloul. Et à Rachid Halet d'enchaîner : «C'est là un gage de démocratie dans la prise de décision, mais aussi une garantie contre les pressions.» Le présidium se déclinera par le choix, lors du congrès, de cinq personnalités du parti et n'annulera pas le rôle du premier secrétaire. L'autorité politique reviendra au présidium qui remplacera le président, mais le parti aura toujours un secrétariat national et un premier secrétaire pour le représenter, nous dit-on. Le choix des membres de la direction collégiale se fera lors du congrès, sur la base de la présentation de listes fermées comportant chacune les noms de cinq candidats. «L'idée de collégialité, de cohésion et de cohérence interne est le maître-mot de cette démarche qui se veut la meilleure garante de la poursuite du chemin tracé par Aït Ahmed depuis la création du parti», affirment nos interlocuteurs. Et à R. Halet d'ajouter : «Personne ne peut remplacer Aït Ahmed ; le défi pour nous, c'est que la citadelle de la démocratie qu'est devenu notre parti ne soit pas ébranlée... Et c'est aussi de continuer le combat pacifique tous ensemble pour le changement radical d'un système politique que nous avons contesté depuis l'origine, que nous avons rejeté hier, que nous rejetons aujourd'hui et demain.» A noter qu'une résolution a sanctionné les travaux du conseil national et sera soumise à l'appréciation et au débat des 1010 délégués congressistes élus par la base.  

El Watan

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