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Patrice Carteron : « Le Mali, une expérience fabuleuse ! »

Rencontre. De passage pour quelques jours à Saint-Brieuc, dont il est originaire, Patrice Carteron, l’entraîneur de la sélection du Mali, a bien voulu évoquer son expérience africaine.

 

 

Malgré la situation au Mali, et la guerre qui ravage le pays, comment les gens arrivent-ils encore à s’intéresser au football ?

Le Mali est effectivement un pays en proie à de graves difficultés économiques et politiques. Ce qui fait que le peuple se raccroche à ce qui peut le faire oublier un temps cette difficulté quotidienne. Le foot sert donc d’exutoire. C’est presque une religion. Imaginez-vous que les entraînements de la sélection nationale sont suivis par plus de 15 000 supporteurs à Bamako. C’est de la folie.

 

« Tout le peuple rêve d’une première qualification pour le Mondial »

 

Les bons résultats de l’équipe ont fait naître une certaine effervescence ?

Après notre troisième place en coupe d’Afrique, nous avons tout de suite enchaîné sur les qualifications pour la Coupe du monde. Pour pouvoir se qualifier, il faut terminer premier de notre poule. Nous sommes actuellement à égalité avec l’Algérie que nous avons battu (2-1) chez nous à l’aller. Là, nous allons aborder la phase décisive avec trois rencontres en juin. Nous recevrons deux fois avant de jouer l’Algérie qui, de son côté, se déplacera deux fois. Tout le peuple rêve d’une première qualification pour le Mondial.

 

L’équipe du Mali va-t-elle se préparer dans les Côtes-d’Armor ?

Pour préparer ces échéances, j’ai organisé un stage de six jours à la Thalasso de Pléneuf Val-André du 28 mai au 2 juin au cours duquel nous rencontrerons l’équipe de Bretagne. Je suis très heureux d’avoir pu organiser ce stage dans le département où nous allons pouvoir bénéficier de conditions idéales pour préparer ce mois de juin décisif. Et ce sera pour le public breton l’occasion de découvrir une équipe qui, avec très peu de moyens, obtient des résultats remarquables.

 

« Je ne me projette pas sur le long terme »

 

Passer de la tête d’un club comme Dijon à une équipe nationale, n’est-ce pas trop difficile ?

Ce sont deux approches très différentes. En club, on a les joueurs tous les jours. On peut suivre leur progression et leurs performances au jour le jour et travailler à moyen et long terme. A la tête d’une sélection, on n’entraîne pas les joueurs. On les suit à travers leurs prestations en clubs. Pour ce faire, je regarde énormément de matches à la télé, et je me déplace. Et quand on les regroupe, on ne peut faire de travail de fond. On a de longues périodes de travail dans l’ombre médiatique, et énormément de pression sur de courtes durées lors des rencontres.

 

Comment, dans ce contexte, se projeter dans l’avenir ?

Je ne me projette pas sur le long terme. Pour l’instant, mon seul objectif ce sont les trois matches en juin de poule de qualification pour le mondial. Ici, bien plus encore qu’ailleurs, il faut vivre au match le match. Car c’est un poste exposé. On est jugé uniquement sur les résultats en oubliant le travail. Mais c’est une expérience fabuleuse !

 

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