mis à jour le

Tunisie : Bruits de pieds nus au Jebel Châambi

Par Ridha Ben Kacem

Il y a un fait nouveau qui n'a pas manqué d'échapper à la presse internationale mais qui est passé, pratiquement, inaperçu, en Tunisie. On ne compte plus les manchettes qui annoncent, un peu partout, dans le monde, que, selon notre bon Ministre de l'intérieur, celui- là, même, qui a tout dit, en ne disant rien, devant les élus de la nation, ce bon et brave Lotfi Ben Jeddou, le groupe terroriste assiégé sur le territoire tunisien « est entré par le Mali ».J'avoue que, sur le coup, cela m'a échappé. En découvrant cette « vérité » j'ai couru consulter mes atlas, mais, rien n'a bougé. La Tunisie n'a, toujours, pas de frontière, avec le Mali. Mais, je me suis souvenu que les atlas sont mis à jour, une fois tous les dix ans, environ. En désespoir de cause, je me suis souvenu que Google Earth est plus au fait des nouvelles découvertes, en matière de géographie, que n'importe quel autre support d'information. Le continent, a donc, bien obligeamment déroulé ses milliers de kilomètres, sous mon regard scrutateur.

Hélas, l'atlas et ce bon serviteur de Google disent, absolument, la même chose : Il n'existe aucune frontière commune, entre le Mali et la Tunisie. La dernière fois que les lignes, immatérielles, des frontières avaient bougé, dans le coin, remonte à des dizaines d'années. AQMI a bien tenté d'y pourvoir et d'y remédier, l'année dernière, mais, comme vous le savez la tentative s'est terminée, en queue de poisson. Mais, au fait. A propos de poisson, se pourrait-il que les jihadistes du Jebel Châambi, nous aient été livrés, par conteneurs, par les voies de mer? Après tout, depuis la Révolution, nos frontières maritimes sont si peu gardées, que n'importe quel zigoto containerisé, pourrait être débarqué, tranquillement, sur nos quais. La douane et la police des frontières, n'y verraient que du feu. Cependant, je dois vite déchanter, car, le Mali ne connait pas, encore, ou plus, les délices du tourisme balnéaire. Aucune goutte d'eau de mer ou d'océan n'a, jamais, mouillé une de ses nombreuses frontières. Pour être conteneurisés, ou, même, pour venir à la nage, nos bons terroristes auraient dû affronter la fureur de Neptune et Neptune est inscrit aux abonnés absents, du coté du Mali.

Cette satanée presse internationale a bien raison de mettre en exergue cet exploit, peu commun, de nos terroristes : venir du Mali en Tunisie, sans passer par l'Algérie ou la Lybie. Mais, bon sang, comment ont-ils fait ? Auraient-ils emprunté, tout bêtement, les zincs de Tunis Air ? Non, aucune chance, cette compagnie n'a pas de ligne directe, avec ce pays, et en dehors d'une liaison directe, je ne vois pas comment ils auraient pris le risque de passer par des escales dangereuses. Mais vérifions, tout de même, on ne sait jamais. Il suffit de taper, sur le moteur de recherche de Google, « Liaison aérienne Tunis-Bamako ».Et vlan, ça tombe comme un couperet. « La compagnie Tunis Air a inauguré, jeudi 16 décembre 2012, une nouvelle liaison, bihebdomadaire, entre Tunis et Abidjan, VIA BAMAKO, au Mali». Via Bamako ? Ah, les liaisons dangereuses, de Tunis Air ! Cela veut dire, qu'à l'aller, comme au retour, les avions partent et arrivent, directement, de et à BAMAKO ! Depuis la mi-décembre 2012 ! Mais je continue à lire.« Ce vol, programmé tous les mardis et jeudis, a pour objectif, de faire de Tunis, une plate-forme de connexion, entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique », a indiqué Tunis Air, qui compte, ainsi, assurer le transit des voyageurs depuis Bamako et Abidjan, vers le Moyen-Orient : Beyrouth, Dubaï et la France. En attendant, le trafic d'armes, de tout genre, est assuré vers jebel Châambi. Eh minute, là. Le ministre de l'Intérieur, n'a-t-il pas dit que les jihadisme, a démarré, dans nos régions frontalières, de l'ouest, en décembre dernier, d'abord, sur les hauteurs du Kef, avant de s'étendre aux hauteurs de Kasserine ?

Ouais, cela colle parfaitement. Sacrée Tunis Air ! C'est du rapide, du propre et c'est du garanti, maison. Vous en doutez ? Vous voulez une preuve ? Ayant pris de la hauteur, sur les tendres ailes porteuses, de Tunis Air, et après avoir goûté aux intenses joies de l'air, en admirant les charmes, quelque peu suranné, des hôtesses de Tunis Air, où est-ce que ces jihadistes, de retour au bercail, sont-ils allés exercer leur si noble métier ? Bravo, sur les HAUTEURS de Tunisie, n'est-ce pas ? Non pas, en ville, non pas, en rase compagne, mais, uniquement, sur les hauteurs, comme s'ils étaient en avion. Le fameux zinc de Tunis Air qui les a rapatriés, à tire d'aile, de Bamako, alors qu'ils étaient en pleine débandade, sur les vastes, plaines désertes, du Mali, devant les troupes françaises. Après une telle mémorable sale expérience, rien ne vaut l'air de la montagne, là où l'on tutoie l'air vivifiant qu'empruntent, justement, les jets de Tunis Air. Toujours pas convaincus ? Là, je vois rouge et je vous sors mon atout passe partout. Dites moi, vous, les incurables sceptiques, la première fois que vous avez entendu parler des jihadistes, ils ne pilotaient pas des jets, bourrés de sceptiques dans votre genre, qu'ils avaient, ensuite, précipités contre le World Trade Center, à New York ? Ce jour là, ils visaient, en fait, l'Africa, à Tunis, mais, ils n'étaient pas, suffisamment, expérimentés, pour faire mouche, sur une cible, aussi ridiculement, petite.

Mais, soyons sérieux et revenons sur terre. Dans une conférence de presse improvisée, hier, 9 mai, en marge de la séance d'interrogations du gouvernement, par les membres de l'Assemblée nationale constituante (ANC), le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a fait part, aux médias, de «l'arrestation hier matin d'un djihadiste qui était au maquis du mont Chaâmbi et s'est, faufilé, pour se cacher dans un quartier populaire, de la ville de Kasserine».Jolie tournure. On est au souk de Moncef Bey, là ? Comment peut-on se faufiler, en pleine montagne ? Serait-ce là, un autre genre de sport de montagne, en plus, des randonnées et de l'alpinisme ? M. Ben Jeddou a, également, rappelé l'information ayant circulé, la veille, sur l'arrestation d'un certain Kaaboura, bailleur de fonds des djihadistes, du côté de la ville de Jendouba. Tous les liens de financement convergent vers cette personne. Avez-vous remarqué un fait troublant ? Tous les financiers des groupes terroristes sont des Kaaboura. La prochaine fois que vous en voyez un, en pleine rue, vous savez ce qui vous reste à faire. Fuir, ou, si vous êtes courageux, le spolier d'une montant quelconque, contre la promesse de ne pas le dénoncer.

Il a été, déjà, dit, dans un précédent article, que l'opposition n'est pas satisfaite, mais alors, pas du tout, de la réaction du gouvernement, contre la propagation du fléau salafiste, en Tunisie. Le contraire aurait été étonnant. Ainsi, le leader, charismatique, et député d'Al Joumhouri, Ahmed Néjib Chebbi, (arrêtez vos sarcasmes, s'il vous plait, ses portraits n'avaient-ils pas remplacé ceux de ZABA, au lendemain de la Révolution, partout en Tunisie ?), a posté hier, 9 mai, sur sa page facebook, une mise en garde contre le terrorisme, qui est en train de gagner du terrain, dans le pays. «Les événements sanglants que vit la région de Chaâmbi, aujourd'hui, ne sont que la partie visible de l'iceberg car la partie cachée, et la plus dangereuse, se trouve dans les quartiers populaires des grandes villes. Ce gouvernement ne nous dit pas toute la vérité et le jour où ça va nous exploser au visage, il sera trop tard. Nous avons déjà tiré la sonnette d'alarme depuis plus d'un an en ayant laxisme et déni pour seule réponse»,a écrit Chebbi, qui a conclu, en appelant à «une réunion urgente regroupant les représentants du gouvernement, de l'armée, de la police et des partis qui est nécessaire pour établir une stratégie nationale afin de faire face aux menaces du terrorisme».

Iceberg ? Iceberg ? Le mot sonne comme un gong, dans ma tête. En voilà un, qui continue à croire que les jihadistes sont venus par voie de mer. Il n'a pas jeté un coup d'½il, sur une carte de ce bon vieux continent africain, avant de poster son commentaire. Mais, il ne faut pas en vouloir, à ce vieux baroudeur d'Ahmed Néjib Chebbi. De son temps, la géographie était autre et le Soudan Français qui comprenait le Mali, allait, en effet, jusqu'au golfe de Guinée. Il faut vous secouer, mon bon vieux Chebbi. Il faut rester Chebeb, que diable ! Non, je retire ce que je viens d'écrire. Qui sait quels genres de monstres pourraient rappeler sa jeunesse, à Ahmed Néjib Chebbi ? Des brigands de grand chemin, des bagnards ou, même, des charognards, qui sait. Depuis que je sais pour Rached Ghannouchi, qui petit, se voyait déjà, barbu, niqabé et tenant une mine artisanale, à la main, je me méfie, comme de la peste, de ces politicards qui trainent une réputation sulfureuse, derrière eux.

Une chose est sûre, au moins : La presse tunisienne est en émoi. Dans son ensemble, elle constatait jeudi, 9 mai, que le pays était en « guerre avec le terrorisme international », le gouvernement ayant admis, cette semaine, que les groupes armés, traqués à la frontière algérienne, sont liés à Al-Qaïda et comptent des vétérans, aguerris, du Mali. La presse n'a pas précisé de quel pays il s'agissait, de l'Algérie ou de la Tunisie. Ainsi, le quotidien Le Temps en arrive à craindre« une spirale de violence meurtrière semblable à celle qui a ensanglanté l’Algérie, pendant une dizaine d’années », dans les années 1990. « C’est le scénario cauchemardesque qui hante l’esprit des Tunisiens », souligne le journal, qui pointe, dès lors, du doigt « la politique de l’impunité et le laxisme des autorités qui ont encouragé les terroristes à aller de l’avant »,le gouvernement n’ayant, selon le journal Le Temps, rien fait pour juguler l’émergence de groupes salafistes, depuis la révolution de janvier 2011. Le journal enfonce le clou et dénonce, sans détour, la responsabilité d’Ennahdha. « La prolifération de clans jihadistes à travers le pays (…) a pu gagner du terrain sous l’½il complaisant et complice » du pouvoir, juge-t-il.

« La Tunisie est, désormais, en guerre contre le terrorisme islamiste international »,souligne, de son côté, le journal La Presse, qui estime que tous les médias, doivent ½uvrer ensemble, pour ne « pas aider l’ennemi et ne pas saper le moral des troupes combattantes ». Aux armes, citoyens. Aux larmes, citoyens (Un Kalaschnikov, gratuit, pour chacun, ça doit être constitutionalisé, comme dans la constitution des Etats Unis). Formez vos bataillons. Marchons, marchons (faute de moyens de transport en commun performants, a-t-on vraiment le choix ? Tant pis, pour les mines). Qu’un sang impur (celui des jihadistes, bien entendu). Abreuve nos sillons (des terres labourées du Jeble Châambi). « Il n’est, donc, plus de mise de laver tout son linge sale en public, encore moins, de l’étaler, crasseux, au vu et au su de tous », poursuit La Presse, en référence au climat politique délétère, qui règne, en Tunisie. Et surtout, en raison du fait que le linge, ainsi, étalé, sale ou pas, risque d'être chipé, par ces pauvres terroristes, qui ont du abandonner, dans l'urgence, camp et bagages, à Jebel Châambi. Ils ne doivent plus avoir grand-chose, à se mettre sur le dos. Comment iraient-ils au combat, mal habillés, ou, pire, tout nus ? Vous voulez, vraiment, qu'ils combattent nos glorieuses forces armées, en tenue d'Adam ? Peut-être même, en tenue d'EVE ? Réfléchissez, un peu, à ce qui pourrait en tirer, comme manchettes, la presse internationale :

« L'armée tunisienne combat de pauvres hères sans habits »
« L'armée tunisienne s'en va en guerre contre un camp de nudisme »
« Les mal habillés se font massacrer, en Tunisie »
« Les snipers tunisiens prennent pour cible les zizis des jihadistes »
« Les sans-culottes se font déculotter par l'armée tunisienne »
« Mine déconfite, mine explosée, toute la saveur de la nudité, en Tunisie »
« Etre nu, aujourd'hui, en Tunisie »
« Les poilus de haut en bas, tunisiens »
« Au poil, les tunisiens »
« Arrivés tout habillés, du Mali, ils se déshabillent, en Tunisie »
« Même la fripe n'est plus à la portée des bourses (pendouillantes) des tunisiens »
« Aidez-les à s'habiller. Envoyez vos dons, au croissant rouge tunisien »
« Tunisie : La vérité toute nue »
« Sex and city, en Tunisie »
« La guerre des sexes a lieu, en ce moment, en Tunisie »
« Dopés au viagra, les tunisiens combattent tout nus »
« La sexualité débridées des tunisiens »
« Les tunisiens s'envoient en l'air, kalachnikov en main »
« Les tunisiens : Kalachnikov en bandoulière et sexe en main, ou vice versa »
« Les jihadistes s'effeuillent pour une kalachnikov »
« Haro sur le strip tease collectif des jihadistes tunisiens »
« Tunisie : Les mal habillés contre les non habillés »
« Sexe en Baïonnette, les tunisiens combattent tout nus »
« Grandeur et décadence du sexe tunisien »
« Grand rabais aux sex-shops tunisiens »
« Liquidation de vieux stocks de jihadistes nus tunisiens »

Vous pouvez vous amuser à trouver d'autres titres, aussi, colorés, en laissant s'éclater votre imagination. Envoyez vos trouvailles, à Tunisie Focus, mail : « [email protected]âambi.tn.», un abonnement gratuit, à notre magazine en ligne, sera offert à la meilleure trouvaille.

Par Ridha Ben Kacem le 10 mai 2013

Tunisie Focus

Ses derniers articles: Dimanche , Ban Ki-moon a reçu le rapport des enquêteurs de l’ONU en Syrie  Une météorite tombe  Journée internationale de la démocratie . Bla-bla-bla chez les arabes 

Tunisie

AFP

La Tunisie va demander l'inscription de Djerba au patrimoine de l'Unesco

La Tunisie va demander l'inscription de Djerba au patrimoine de l'Unesco

AFP

La marine s'active au large de la Tunisie

La marine s'active au large de la Tunisie

AFP

La Tunisie veut lutter contre le travail des enfants

La Tunisie veut lutter contre le travail des enfants