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Colloque sur le 8 Mai 1945 : «Le dossier des massacres ne sera jamais clos»

Les travaux du 1er colloque international sur les massacres du 8 Mai 1945, organisé par l'université 8 Mai 1945 de Guelma, sous le thème «Reconnaissances politiques et réalités historiques», ont débuté mercredi, pour durer deux jours. Les intervenants à ce sujet sont unanimes : «Le dossier des massacres du 8 mai 1945 en Algérie ne sera jamais clos.» Lors de la première journée, le docteur Beloufa Abdelkader de l'université de Tlemcen a mis en exergue, à travers sa communication «Mai 45 dans l'écriture algérienne et française - étude historique et analyse», les différentes terminologies employées par les politiques et médias au moment des faits. Ainsi, le terme «événements», désignant le 8 Mai 1945 à Guelma, Kherrata et Sétif, est largement repris par la France officielle (coloniale) et les Européens, alors que du côté algérien on parle plutôt de «massacres», «génocide» et «répression». De son côté, le Dr Medjri Abdelkrim, de l'université de Menouba (Tunisie), a confirmé ce constat historique, en évoquant un nombre conséquent de rapports établis par l'administration coloniale en Tunisie liés aux massacres du 8 Mai 1945. Il dira à ce sujet : «Seuls les Algériens qui avaient de la famille en Tunisie ou qui faisaient régulièrement le voyage rapportaient la réalité des exactions commises contre le peuple musulman algérien durant le mois de mai 1945, contrairement aux discours et rapports officiels des Français en Tunisie, à partir du 16 mai 1945 qui rapportaient que le soulèvement est lié à la famine du peuple.» Les premières prises de conscience des massacres de Mai 1945, en Algérie, par la France, ne viendront que timidement et bien plus tard. A ce propos, le Pr Gasmi Youssef de l'université de Guelma, coauteur de la communication du Dr Mustapha Hanafi de l'université de Tétouan (Maroc), intitulée : «Reconnaissance politique : concept et mécanisme», fera savoir que la France a d'abord nié les faits en parlant d'événements du 8 Mai 1945. Ce n'est qu'un demi-siècle après que les langues ont commencé à se délier avec les visites des présidents Sarkozy et Hollande, et qu'une reconnaissance des crimes est à demi avouée. «Sarkozy a déclaré en 2011, lors de sa venue en Algérie, que les enfants n'avaient pas à répondre des exactions commises par leur parents ; quant à Hollande, il a avoué devant les élus des deux Chambres réunies à Alger, que les Algériens ont été victimes, durant 132 ans, d'un système colonial féroce», a-t-il relevé.                                                   

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