La CPI, une justice à deux vitesses
Depuis sa création en 2002, la Cour pénale internationale a été vivement critiquée pour sa justice à deux vitesses, car seuls des Africains ont été poursuivis.
Justice sends mixed messages, by Dan4th via Flickr CC
Mise à jour du 4 décembre 2011: Laurent Gbagbo, l'ex chef de l'Etat ivoirien comparaït le 5 décembre devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI). Il est soupçonné de quatre chefs de crimes contre l'humanité, a indiqué la CPI, dans un communiqué. Le 2ç novembre, Laurent Gbagbo, qui se trouve actuelement dans une cellule de La Haye, a quitté le nord de la Côte d'Ivoire, où il était incarcéré dans une résidence à Korogho.
***
L'affaire a été vite entendue. Le 26 février 2011, soit quelques jours après le début de l’insurrection libyenne, le Conseil de sécurité des Nations unies votait à l'unanimité une résolution pour saisir le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) afin de poursuivre Kadhafi pour crimes contre l'humanité et génocide. Le 16 mai, le procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo a déposé une requête afin d'émettre trois mandats d'arrêt internationaux contre Mouammar Kadhafi, Seif Al islam Kadhafi ainsi que le chef du renseignement militaire Abdoullah al-Senoussi pour des crimes contre l’humanité commis en Libye depuis février 2011. En trois mois, l'affaire est bouclée, bien que la Libye n'ait jamais signé le Statut de Rome, ne fasse pas partie des pays membres de la CPI ni ne reconnaisse cette juridiction.
La raison du plus fort est la meilleure, et, depuis sa création, la CPI n'aura entamé de procédures que contre des pays africains (Ouganda, République Démocratique du Congo, Centrafrique, Soudan et Kenya). Cinq pays auxquels il faut maintenant ajouter la Libye, par ailleurs premier pays arabe à être poursuivi, signant peu glorieusement l'entrée du monde arabe à la CPI —même si cette Cour ne juge pas les Etats, mais les individus.
Une vingtaine de mandats d'arrêt ont déjà été émis par l’institution, tous concernant des ressortissants africains. A ce jour, un seul chef d'Etat a été inculpé. Il s'agit d’Omar el-Béchir, président soudanais et destinataire d'un mandat d'arrêt international depuis mars 2009, malgré une résolution de l'Union africaine refusant d'exécuter ce mandat. Le Soudan avait pourtant signé le Statut de Rome en septembre 2000, mais sitôt sa mise en accusation en juillet 2008 —sur pression des Etats-Unis— pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour, Omar El Béchir, dont le pays n'avait pas encore ratifié la convention, se retirait de la CPI le mois suivant.
Aujourd'hui, tout porte à croire que Kadhafi sera le deuxième chef d’Etat —même s'il n'a officiellement aucune fonction précise dans l'organigramme officiel de la Libye— à être condamné par la CPI.
Signer n'est pas ratifier
Créée le 1er juillet 2002, la Cour est compétente pour statuer sur les crimes de guerre, génocides et crimes contre l'humanité à compter de la date de sa création. Pourtant, après cette date, les crimes d'Israël contre des civils, les tortures et meurtres de civils en Irak et en Afghanistan par les Américains ou ceux des Russes dans le Caucase et la Tchétchénie, n'ont jamais été suivis de poursuites —l'absence d'une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies d'une part, et leur non signature et/ou ratification du traité de la CPI de l'autre les ayant toujours protégés.
A ce jour, 114 membres sur les 192 que reconnaît l'ONU ont signé et ratifié le traité, 139 l'ont uniquement ratifiée, la Russie et la Chine, à l'instar de la Libye, ne l’ont jamais signé, et dans le monde arabe, seule la Jordanie a adhéré à la Cour, signant et ratifiant le traité.
Les Etats-Unis et Israël ont signé le traité mais ne l'ont jamais ratifié de peur de se voir inculpés, la ratification entraînant l'adhésion et la reconnaissance de la CPI comme autorité judiciaire, et prévoit que l'un des membres du traité peut être poursuivi pour crimes contre l'humanité sans le vote préalable du Conseil de sécurité des Nations unies.
La Libye, victime d'un consensus, aura donc fait les frais d'un vote unanime au Conseil de sécurité sans n'avoir jamais reconnu la CPI. Trois mois après l'insurrection libyenne, les choses se sont rapidement compliquées; Obama détient 30 milliards de dollars (21 milliards d’euros) libyens aux Etats-Unis par un gel unilatéral et Kadhafi père et fils seront recherchés par la justice internationale. Ils finiront probablement en prison, s'ils ne sont pas tués avant par les frappes de l'Otan, autre organisation à géométrie variable. Qui est le plus fort? Personne, et tout le monde.
Chawki Amari
A lire aussi
Gbagbo devant la CPI, un aveu de faiblesse de Ouattara
La CPI au service d'une dictature naissante?
l'auteur







C'est vraiment la loi du plus fort.
Quand nous, nous arriverons, le monde seras encore plus injuste si on n'attrape pas le ciel.
Il est grand temps que les africains, particulièrement nos leaders,prennent conscience que
1. Le problème d'un africain est celui du monde noir.
2. Nous n'oubitirons nul part en rang dispercer.
3. Lorsque l'Afrique se porte bien,l'occident est enrhumé.
4. L'occident profite toujours des faiblesses des africains à leur fin.
5. La création d'un Etats-Unis d'Afrique s'impose afin de transformer l'Afrique en une seule entité indivisible.
6. Il faut arrêter de tendre la main aux énémis de notre progrès car "il est tout a fait évident que celui qui te donne à manger te dicte ses volontés." (Thomas Sankara). REVEIl TOI MON AFRIQUE
La CPI n'a été créée que pour les dirigeants africains, c'est aussi comme cela que je conçois ce machin! Le jour où Bush et Blair (pour leur guerre en Irak), Chirac (pour les 60 morts ivoiriens de l'Hôtel Ivoire en 2004) etc. seront traduits devant cette (pseudo) court de justice, je croirais en son indépendance. En attendant, pour moi, la CPI n'est que le prolongement de la volonté de domination occidentale sur le reste du monde et notamment sur mon continent.
Par contre, je suis pour la création d'une Cour Pénale Africaine, afin de juger NOS dirigeants selon NOS règles.
la cpi devrait s'occuper de tous les criminels coupables de crime contre l'humanité mais en attendant si elle s'occupe des africains coupables,moi je n'y vois aucun mal.ce sont les palestiniens qui devraient se plaindre que la cpi ne s'occupe que de nos criminels et non nous qui devrions nous plaindre d'etre débarrasé de ces criminels!
face à la reaction des africains sur ce sujet,je me pose ces questions:
-les africains jugés ou indexés par cette cour sont-ils innocents?si oui pourquoi vouloir les proteger alors qu'ils sont nos bourreaux?
-faut-il attendre que cette cour juge bush pour juger les criminels africains?et dans le cas ou on ne juge pas bush et les autres ,faut-il laisser en liberté les criminels africains?
-jugerons nous nous memes ces criminels? en avons-nous la volonté et les moyens(le cas hissen habré)?pourquoi ne montrons nous pas qu'on peut juger nos criminels "convoités" par la cpi??
si nous voulons qu'on ne nous infantilise pas,montrons aux autres que nous sommes grands.
nous accusons souvent les puissances etrangeres de proteger des dictateurs africains et autres auteurs de crimes contre l'humanité mais lorsque ces memes occidentaux veulent s'occuper d'eux,on se plaint.que veut-on à la fin?