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Vie de la cité : OU VA L’ARGENT DES JEUNES FILLES ACTIVES ?

Certaines réservent leurs revenus aux cérémonies sociales et aux consultations occultes. D'autres dépensent sans compter pour leur garde-robe

Dans notre pays, la femme sédentaire au foyer a tendance à disparaître, surtout  à Bamako. Les citadines sont rarement inactives. Elles aspirent toutes à être indépendantes et autonomes. Il faut reconnaître qu'actuellement les Maliennes ont compris que le travail salarié ou l'activité commerciale hâte leur émancipation. L'équité au foyer et l'équilibre genre sont devenus des armes de combat  pour assurer le bonheur conjugal.

Les femmes jouent leur rôle dans toutes les chaînes de l'administration publique et privée. Le créneau des petits commerces et les autres secteurs d'activité n'ont plus de secret pour elles. Le salut se trouve dans le travail. De plus en plus les élégantes de la capitale prennent leur destin en main. Elles vivent  du fruit de leur labeur. Cependant l'argent gagné par ces braves femmes n'est-il pas dépensé à des fins aléatoires ? Où va l'argent des femmes actives de Bamako ?

Les portefeuilles des femmes sont dédiés aux cérémonies familiales (mariages, baptêmes et autres) et aux «  maraboutages ». De plus en plus la mentalité des Bamakoises, surtout intellectuelles change.  Elles investissent plus dans la famille pour une vie de couple harmonieuse et apaisée. Il est vrai que  l'homme doit prendre en charge la famille, mais l'épouse contribue à la bonne marche du foyer et principalement l'épanouissement des enfants. Ce comportement nouveau a engendré un  changement dans la gestion financière des femmes mariées.

Nous allons traiter le revers de la médaille, les dépenses des élégantes non mariées. Les entretiens avec plusieurs jeunes femmes actives font ressortir que l'argent des  Bamakoises est dépensé à la fois de façon responsable et irresponsable. Bon nombre de jeunes filles salariées jettent l'argent par la fenêtre. Une place de choix est accordée aux cérémonies  sociales et les consultations occultes chez les devins. Les témoignages sont édifiants. Ils posent la problématique de l'insouciance de certaines jeunes filles. Elles dépensent à tort et à travers leur argent. Plusieurs élégantes actives sous le couvert de l'anonymat ont expliqué comment elles gèrent leur argent.

adepte des soins de beauté. Mima est cadre dans un service public de la place. Cette jeune dame célibataire  ne se plaint pas sur le plan économique. Elle est issue d'une famille moyenne et ses parents   fonctionnaires n'ont que faire de son salaire. Sans  obligation familiale, Mima en toute inconscience dilapide son argent. Elle ne pense même pas à faire des économies. Elle ne songe pas non plus à préparer son trousseau de mariage. Pour l'instant, elle compte pleinement profiter de son argent en se faisant plaisir. Dans ce dessein, Mima ne se prive de rien. Ainsi, à chaque fin de mois, notre interlocutrice dépense une fortune pour se mettre en phase avec l'évolution de la mode vestimentaire.  Elle est également une adepte des soins de beauté. Elle raffole des lingeries fines. «  L'élégance a un prix. Je suis prête à mettre tous les moyens pour paraître  élégante et séduisante », confesse-t-elle, souriante.

Mima ne semble pas avoir un penchant pour les cérémonies sociales. « Dans ce domaine je ne fais pas trop de folie », soutient-elle. La  moitié du traitement de Mima est destinée à l'entretien de son véhicule, au paiement de la tontine qui s'élève à plus de 50 000Fcfa par mois, et à des dépenses imprévisibles. Elle se limite à la fin du mois à offrir à ses parents quelques bricoles. «  J'achète, par exemple, du parfum pour mon père et des bijoux pour ma mère. Je pense que ce n'est pas à moi de gérer les dépenses familiales » insiste Mima. Sauf qu'on ne lui demande pas de prendre en charge les dépenses de la famille, mais d'y contribuer.

Bijou est une teinturière de renom dans la « Cité des trois caïmans ». Très populaire dans les cercles féminins, elle gagne bien sa vie. L'argent de cette jeune fille entreprenante est partagé en trois parts. La première partie est destinée à l'habillement et aux soins de la peau, la seconde est destinée à l'entretien de ses griottes et la troisième sert à couvrir de cadeaux l'homme de sa vie et son marabout. Elle est convaincue que ce devin est à la base de sa popularité et de sa réussite.  Elle affirme qu'elle gagne de l'argent pour la gloire et la popularité. «  Les cantatrices les plus en vue se surpassent pour chanter mes louanges », dit- elle.

La troisième élégante qui a accepté de nous dévoiler son agenda des dépenses se nomme Mimi. Elle est assistante de direction dans une entreprise privée, et elle gère en toute responsabilité son salaire. Cette fille de 27 ans, célibataire sans enfant, est soutien de famille. Elle ne  dépense pas à tout vent son argent. Mimi aide ses parents retraités à faire face aux dépenses quotidiennes de la maison. « Je ne peux pas et je ne dois pas me dérober à ce devoir», assure-t-elle souriante.

Elle est convaincue que son succès dans la vie dépend des bénédictions et de la « la baraka » qu'elle a reçu de ses géniteurs. Elle est aujourd'hui ce que ses parents ont bien voulu qu'elle soit. A son tour de se sacrifier pour ses parents. Dans cette optique, Mimi fait tout son possible pour mettre à l'aise tous les membres de sa famille.

Cette fille consciente de son utilité sociale présente chaque mois son salaire intégral à son père qui se charge de le gérer. «  Cela ne me gêne pas, car mon père me donne ce qu'il me faut. Il me revient maintenant de bien dépenser ce qui me reste après les besoins de ma famille. Je ne fais heureusement pas partie de ces catégories de personnes qui veulent se faire voir alors que leur famille meurt de faim. C'est inconscient et irresponsable », clame-t-elle. Mimi s'en sort très bien. Elle a tout ce dont elle

a besoin.

Les jeunes filles élégantes actives salariées ou opératrices économiques font face à un nouveau défi. La crise financière mondiale  n'épargne personne. L'heure n'est plus au gaspillage inutile, mais à la dépense raisonnable et responsable

M. A Traoré

Situation des mères dans le monde 2013 : PEU RELUISANTE POUR LE MALI

Le rapport annuel de Save the Children classe notre pays à la 173è place sur 176. Les pays nordiques monopolisent les premières places

 

Le 14è rapport annuel de Save the Children  sur la situation des mères dans le monde vient d'être publié.  Ce document  fait l'état de lieux de la mortalité maternelle et néonatale. Le Mali ( 173è sur 176), le Niger, la Sierra Leone, la RDC, la Somalie figurent parmi les cinq derniers pays du classement mondial. Les pays nordiques monopolisent les premières places. Les pays d'Afrique subsaharienne occupent pour la première fois les dix derniers rangs de l'indice annuel.

Ces taux sont enregistrés malgré les interventions peu coûteuses disponibles pour lutter contre les taux élevés de mortalité néonatale le premier jour de vie. L'Afrique subsaharienne reste la région la plus dangereuse pour les naissances. 

Les décès néonatals ont augmenté dans cette région au cours des dernières décennies. Les nouveau-nés y sont sept fois plus susceptibles de mourir le jour de leur naissance que les nouveau-nés des pays industrialisés. En Somalie, le pays le plus dangereux, ils sont 40 fois plus susceptibles de mourir au cours de leur premier jour qu'au Luxembourg, le pays le plus sûr.

Cet état de fait est dû à la mauvaise santé des mères (10 % à 20 % souffrent d'insuffisance pondérale) et au nombre élevé de maternités précoces. Les filles ont des enfants avant que leur corps ne soit pleinement développé. Les autres facteurs sont  la faible utilisation de la contraception, le manque d'accès à de bons soins de santé pendant la grossesse et une grave pénurie d'agents de santé. Des progrès ont été réalisés dans la région Asie de l'Est et Pacifique, où le nombre de décès néonatals est en baisse.

En Asie du Sud, dans des pays tels que le Bangladesh, l'Inde, l'Afghanistan et le Népal, le mariage précoce et la mauvaise nutrition des mères contribuent aux lents progrès de la région dans la réduction de la mortalité néonatale. Dans le monde industrialisé, les États-Unis ont le taux le plus élevé de mortalité le premier jour de vie. Ce pays compte environ 50 % de décès de plus que tous les autres pays industrialisés réunis, ce qui est dû en partie à son taux plus élevé de naissances prématurées.

Le 14e rapport annuel de Save the Children révèle que plus d'un million de nouveau-nés meurent le jour de leur naissance.  Les premières 24 heures de vie sont les plus dangereuses pour les nouveau-nés dans  presque tous les pays, riches ou pauvres. Aider les nouveau-nés à survivre le premier jour et la première semaine de leur vie reste le plus grand défi à relever pour réduire la mortalité infantile et atteindre l'Objectif ambitieux du Millénaire pour le Développement.

 Qui recommande de réduire de deux tiers, d'ici à 2015, les taux de mortalité infantile de 1990. Depuis cette année, le monde a réalisé des progrès sans précédent pour réduire la mortalité maternelle et infantile. Les gouvernements, les communautés, les organisations non gouvernementales et les familles de synergie  ont réduit de plus de 40 % soit de 12 millions à 6,9 millions  le nombre annuel de décès d'enfants de moins de 5 ans. Les progrès ont été  remarquables concernant la mortalité maternelle. Elle a baissé de près de 50 % depuis 1990 : de 540 000 à 287 000 par an.

Mais des progrès beaucoup moins importants ont été obtenus  concernant les enfants les plus vulnérables : les nouveau-nés. En 2011, trois millions de nouveau-nés mouraient le jour de leur naissance. Ce chiffre représente 43 % de tous les décès d'enfants de moins de 5 ans dans le monde.

Les trois quarts de ces nouveau-nés ont trouvé la mort dans la semaine qui a suivi leur naissance et un tiers n'a pas vécu plus d'un jour. Les deux tiers de tous les décès néonatals surviennent dans seulement 10 pays : l'Inde, le Nigeria, le Pakistan, la Chine, la RDC, l'Éthiopie, le Bangladesh, l'Indonésie, l'Afghanistan et la Tanzanie. Et 98 % de tous les décès néonatals surviennent dans les pays en développement. L'écart entre la santé des populations riches et la santé des populations pauvres du monde persiste et se creuse.

Dans de nombreux pays, l'écart entre riches et pauvres sur le plan de la mortalité s'est élargi malgré la baisse des taux nationaux.  Les principales causes de  la mortalité néonatale  sont  les complications pendant la naissance, la prématurité et les infections. Tous évitables.

     Le rapport identifie quatre produits vitaux pouvant être utilisés de manière universelle : les injections de corticostéroïdes pour les femmes qui accouchent avant terme afin de réduire les décès dus aux problèmes respiratoires des prématurés ; les appareils de réanimation pour sauver les nouveau-nés qui ne respirent pas à la naissance ; le nettoyage du cordon ombilical à l'aide de chlorhexidine afin d'éviter les infections ; et les antibiotiques injectables pour traiter la septicémie et la pneumonie chez les nouveau-nés.

Il a été recommandé aux dirigeants du monde dont notre pays de renforcer les systèmes de santé. Les mères doivent bénéficier d'une assistance qualifiée pendant l'accouchement. 

Le rapport demande de lutter contre les causes sous-jacentes de la mortalité néonatale, en particulier contre les inégalités sexuelles et la malnutrition. Investir dans des solutions peu coûteuses qui peuvent considérablement réduire la mortalité néonatale afin d'atteindre les objectifs pour le développement, adoptés à l'échelle internationale pour réduire la mortalité maternelle et infantile.

 Le rapport note que le financement pour la santé des nouveau-nés est inférieur aux besoins. L'aide au développement pour la santé de la mère et de l'enfant a doublé entre 2003 et 2008.

Seulement 6 % de ce financement, en 2008, a été alloué à des activités destinées aux nouveau-nés et seulement 0,1% ciblait les nouveau-nés.

Synthèse M. A. T.

 

 

L'essor

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