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Humanitaire : OCHA FAIT LE POINT

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU a décrit la situation alimentaire et sanitaire, évalué la reprise des écoles et insisté sur la protection des civils

La crise sécuritaire qui sévit dans notre pays a engendré une crise humanitaire sans précédent. Pour aider les millions de personnes affectées, le gouvernement et les agences humanitaires ont lancé fin janvier un appel consolidé (CAP) d'un montant de 410 millions de dollars, soit environ 185 milliards de Fcfa. C'est pour expliquer les actions entreprises en matière humanitaire et discuter avec les hommes de médias que le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l'ONU a initié hier une journée d'échanges dans ses locaux.

La rencontre était animée par le coordinateur humanitaire dans notre pays, Aurélien Agbenonci. Première du genre, cette rencontre, qui sera organisée une fois par mois, figure désormais dans le calendrier de l'OCHA, afin de mieux informer les uns et les autres de l'évolution de la crise humanitaire au Mali et donner la possibilité à chacun de pleinement jouer son rôle. L'accès humanitaire reste un défi dans le Nord de notre pays. Il reste limité dans plusieurs localités du septentrion en raison des opérations militaires en cours, d'actes de violence comme les attentats suicides ou encore des restes d'explosifs de guerre.

Malgré tous ces facteurs d'insécurité, les humanitaire continuent tant bien que mal de faire face à leur mission d'assistance, de secours et de soutien aux populations de Kidal, Tombouctou et Gao. A ce jour, les opérations humanitaires se poursuivent aussi au sud du Mali qui continue de subir les effets de la crise alimentaire et nutritionnelle à cause de l'insuffisance de ressources, a souligné Aurélien Agbenonci. En effet 28% seulement des 185 milliards de Fcfa demandés, ont pu être mobilisés.

La situation alimentaire est jugée très alarmante surtout en cette période de soudure, selon les analyses des experts du cadre harmonisé composé du gouvernement et de ses partenaires. Cette situation est en phase de crise (IPC 3) dans le septentrion du pays, ce qui signifie qu'une famille sur cinq souffre « d'un manque sévère de nourriture ». Deux districts de la région de Kidal – Tessalit et Abeibara – ont atteint même le niveau d'urgence (IPC 4), c'est-à-dire qu'en moyenne, une famille sur cinq fait face à un « extrême manque de nourriture ». Il est essentiel de renforcer au plus vite l'assistance humanitaire, a préconisé Aurélien Agbenonci. 517 500 personnes sont assistées par OCHA dans le nord du pays ainsi que dans les zones d'accueil des déplacés.

Dans le domaine de l'éducation, on assiste à l'ouverture des classes dans les régions de Gao et Tombouctou. 385 écoles sont fonctionnelles sur un total de 1030 soit 37% des écoles. Ces établissements scolaires accueillent plus de 86 000 élèves sur un nombre total d'élèves estimé à 200 000. Aucune école n'est fonctionnelle dans la région de Kidal où on dénombre 6 000 enfants en âge d'être scolarisés. Au sud, des besoins ont été identifiés dans les écoles des zones d'accueil des personnes déplacées internes.

Au plan sanitaire, une épidémie de rougeole est présente à Gao et Kidal. Il est nécessaire de renforcer le dispositif de prévention des maladies à « potentiel endémique » comme le choléra surtout à l'approche de la saison des pluies. L'accès des populations aux soins de santé présente des lacunes car certains centres de santé ne sont toujours pas fonctionnels, les agents n'ayant pas tous été redéployés et la population cible n'est plus sur place. Il faudrait créer des conditions de sécurité nécessaires pour le retour prochain de la population.

Le coordinateur de OCHA a également fait le point sur la situation des déplacés internes. A ce jour ils sont plus de 300 000 et vivent dans des conditions difficiles, malgré l'aide et l'assistance à leur égard.

Du fait de l'absence de services sociaux de base, de l'insécurité et de possibilité économique très limitée dans le nord, les personnes continuent à se déplacer vers d'autres localités pour accéder à de meilleures conditions de vie et de protection. Ce qui engendre une croissance fulgurante des besoins humanitaires. Aurélien Agbenonci a ainsi souligné un besoin important de ressources pour venir en aide aux millions de personnes qui comptent sur cette assistance pour couvrir leurs besoins essentiels.

L'humanitaire a indiqué que son bureau continue à développer le plaidoyer et à mener des actions de réponses pour une meilleure protection des civils. Les défis liés à la protection concernent, entre autres, la démobilisation des enfants soldats et leur réintégration, la prévention et la prise en charge des cas de violence basée sur le genre, la prévention des accidents causés par des restes d'explosifs de guerre et la prévention ainsi que la gestion des conflits intercommunautaires.

Sur ce dernier point, le conférencier a souligné que les programmes de réconciliation doivent prendre en compte l'impact du conflit sur les relations sociales.

Aurélien Agbenonci a salué le retour progressif de l'administration dans le nord du Mali et celui de la population. De nos jours environ 14 400 personnes ont pris le chemin du retour.

Souad ABDERRAHIM 

L'essor

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