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La Tunisie, dans la ligne de mire des charognards

Par Ghazi Riahi

Dans les pays du golf, spécialement en Arabie Saoudite et le Qatar, le peuple est un volcan en latence, prêt à se soulever contre leur régime despotique, car la jeunesse dans ces pays est fascinée par la « révolution » tunisienne clamant la revendication « Travail, Liberté, Dignité Nationale ».

Devant cette crainte, les maitres de cette région n’ont qu’un choix, c’est de faire avorter cette réalité de voir la Tunisie, un pays arabo-musulman, forcer ce mur de la démocratie qui, dans l’entendement de l’esprit arabe, est chose impossible, inaccessible et irréalisable. Un vrai cauchemar pour ces dynasties des AL Saoud, AL Khalifa et tous les Als.

C’est une question de survie pour ces régimes, ce qui les pousse à employer tous les moyens possibles pour recadrer le pays, en perte d’identité arabo-musulmane, selon leur vision des choses et aussi celle de leurs vassaux locaux. Ils n’hésitent pas d’envoyer leurs prédicateurs-prosélytes pour « ré-islamiser » le pays; aidés et encouragés par les chouyoukh wahhabites locaux. Des écoles coraniques ont vu le jour, pour apprendre aux jeunes et aux moins jeunes la « science » divine, la vrai, la pure, celle qui va vaincre l’occident maçonnique et sioniste. Des associations réactionnaires recrutent les moins nantis et les désespérés, pour en faire une police religieuse ou des bombes humaines. Les mosquées sont devenues les QG des salafistes, djihadistes, wahhabites. Al Qaïda s’installe pour la première fois dans le pays, disposant de moyens matériel, d’armes et d’argent, entraînés à la guerre cachée et aux attentats contre la population civile.

Nous n’en serions pas arrivés là, s’il n’y a pas eu un affaiblissement volontaire de l’Etat par tactique et stratégie ou involontaire par manque d’expérience et incompétence, poussé par la seule volonté d’un homme, Rached Ghannouchi. Ses intérêts et ceux des régimes de la péninsule arabique se rejoignent.

Rached Ghannouchi veut affaiblir et déstructurer l’Etat pour le remplacer par un état théocratique, à la tête duquel il sera le symbole et le guide suprême. Il utilisera, pour arriver à ses fins diaboliques les outils de la démocratie, cad la règle du suffrage universel. Plusieurs plans sont préparés. Si le plan A sera voué à l’échec, il utilisera le plan B qui est la guerre contre le terrorisme afin de retarder les échéances des élections. Samir Dilou l’abien avoué: « On ne peut pas parler d’élection quand est en guerre contre le terrorisme ». Mais le plan B préparera le terrain au plan C, qui en dernier recours sera la guerre civile. Pour cela, il doit garantir, comme il l’a avoué lui-même, la police et l’armée. La police, aujourd’hui, change de visage. 12 000 hommes recrutés pour former une police parallèle et Samir Tarhouni, le héros du 14 janvier, est nommé ambassadeur en Suisse. Il est remplacé par un Nahdhaoui, à la tête de la BAT (Brigade Anti-Terroriste) qui sont à la pêche et profite du beau temps alors qu’ils devraient être sur le champs de bataille. Entre temps, Rached Ghannouchi gagne du temps, manigance et man½uvre avec son neveu Habib Khedher pour miner la constitution, « bourrée de guet-apens », dixit Sadok Belaïd.

Qatar et l’Arabie Saoudite n’ont pas intérêt de voir un pays arabe passer d’un régime totalitaire et franchir le cap de la démocratie. Un mauvais exemple à ne pas montrer ni laisser réussir.

Par Ghazi Riahi le 9 mai 2013

Remarque :  Tunisie Focus ne partage pas forcément les opinons exprimées dans cet article .

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