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CPI: le Kenya demande à l'ONU l'abandon des poursuites contre Kenyatta et Ruto

Le Kenya a officiellement demandé, pour la première fois, l'abandon total des poursuites engagées par la Cour pénale internationale (CPI) contre Uhuru Kenyatta et William Ruto, élus respectivement chef de l'Etat et vice-président le 4 mars, dans une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU obtenue jeudi par l'AFP.

Les deux hommes, dont le ticket a remporté au premier tour la présidentielle du 4 mars, sont poursuivis pour crimes contre l'humanité pour leur responsabilité présumée dans les terribles violences sur lesquelles avait débouché la précédente présidentielle, fin 2007, lors de laquelle ils appartenaient aux deux camps rivaux.

"Ce que cette délégation demande n'est pas un ajournement. Ce que cette délégation demande est la fin immédiate des poursuites à La Haye", écrit l'ambassadeur kenyan aux Nations-Unies Macharia Kamua, dans cette lettre datée du 2 mai, estampillée "confidentiel" et transmise aux membres du Conseil de sécurité.

L'article 16 du Statut de Rome, fondateur de la CPI, prévoit que le Conseil de sécurité peut contraindre la Cour à un "sursis à enquêter ou à poursuivre" durant un an, renouvelable. Il ne prévoit pas cependant de possibilité pour le Conseil d'obliger la CPI à abandonner définitivement des poursuites.

Dans sa lettre, l'ambassadeur kenyan dénonce un processus judiciaire "ni impartial ni transparent" dont la poursuite sape la souveraineté du Kenya.

"Les Kenyans (...) se sont exprimés d'une voix forte, claire et précise quand ils ont élu de manière écrasante Uhuru Kenyatta et William Ruto", écrit-il. "Les Kenyans (...) ont en fait envoyé un message clair et non équivoque, disant que (ces) deux personnes sont non seulement innocentes mais dignes des responsabilités au plus haut niveau du pays".

Il avertit également que "leur absence du pays pourrait saper la paix actuelle et toute insécurité pourrait se propager aux pays voisins".

L'ouverture du procès de M. Kenyatta est prévu le 9 juin à La Haye. Celle de celui de M. Ruto, qui doit être jugé en même temps qu'un troisième inculpé, l'animateur radio Joshua arap Sang, vient d'être repoussée et une nouvelle date doit être annoncée le 14 mai par la CPI.

Le nom de M. Sang n'est pas explicitement cité dans la lettre.

"Cette délégation tient à répéter qu'elle n'interfère pas dans la conduite des affaires devant la Cour", poursuit M. Kamua dans cette lettre, assurant que le Kenya "continuera à coopérer avec la Cour et est, en tant qu'Etat-partie au Statut de Rome (fondateur de la CPI), pleinement conscient de ses obligations.

AFP

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