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Chantier du Mali post- crise : L’Education civique et morale doit être la priorité des autorités pour les 10 prochaines années

Au cours d’un numéro de « Barro », ces interviews que donnait le Président Amadou Toumani  Touré,  a la veille des fêtes d’indépendance du Mali, il avait dit: « Nous avons tenu des Etats-généraux dans tous les secteurs, mais cela n’a rien donné. Il nous faut maintenant tenir les Etats généraux de l’homme malien, car c’est  lui le vrai problème du Mali.... » Il ne pouvait pas si bien dire. En effet, tous les efforts de développement, tous les programmes de développement sont voués a l’échec, si la mentalité des maliens ne change pas dans les années a venir, pour soutenir les efforts de développement. Pour ce faire, les autorités qui seront élues, devront faire de ce défi la principale priorité. Un Super-Ministère Charge de l’Education Civique, Morale et de la Discipline, doit être crée et perpétue au moins pendant les 10 prochaines années, afin d’inculquer aux cadres maliens du public comme du prive, à la société civile malienne, aux jeunes et aux femmes maliens, la culture du respect du bien public, du refus de la facilite, du respect des lois et des institutions,  et du refus de la récherche du confort personnel au détriment du confort de l’Etat. Ce ministère doit être transversal et avoir un répondant dans tous les départements, pour le suivi. Il s’agit là à mon avis, du plus grand chantier du Mali post-crise. Les grands pays se sont développés par ces valeurs, et l’Afrique en général et notre pays en particulier ne se développeront qu’en intégrant ces valeurs, bien plus importantes que l’or, l’argent, et toutes les ressources réunies.

Kalifa Gadiaga

Notre cher pays, le Mali est a la croisée des chemins. Apres le régime socialiste de 1960 a 1968, nous sommes passé a un régime militaire qui a dure 23 ans. Puis vint la démocratie a partir de 1991, brutalement interrompue par un coup d’Etat inique, car jurant avec la voie normale que les maliens aussi bien que les pays ayant soutenu le Mali dans cette voie avaient tracée. Au cours de ces 53 ans  vécus en tant que pays Independent, mes souvenirs de jeunesse me permettent de dire que seules les huit années de l’ère socialiste ont été fortement marquées par le respect de la chose publique, le civisme et la discipline. Les pionniers que nous étions respectent les symboles de l’Etat tels que le Drapeau national et l’Hymne Nationale. Nous nous arrêtions en entendant l’hymne a la radio en saluant. Nous respections la propreté de l’école et des rues en organisant des journées de salubrité publique car nous avions appris par c½ur les slogans des pionniers et les respections. Nous avions hérite de nos pères une grande culture du respect de la chose publique. Et le Mali avait amorce son développement économique avec la création de plusieurs unités industrielles, a l’instar de la SOCOMA, de la SONATAM, de l’Usine Céramique, pour n e citer que celles-ci.  Evidemment, tout n’était pas reluisant, car pour arriver a cela, le régime d’alors avait impose a une population non préparée, une milice et des brigades de vigilance qui l’ont rendu impopulaire. Un coup d’Etat s’en ai suivi, « libérant » le peuple qui avait compte sur un avenir plus prometteur. Je ferai l’économie du reste jusqu’en mai 1991, qui a vu l’avènement de la démocratie au Mali, avec tout ce que cela a suscite comme espoir pour l’amorce d’un vrai développement pour notre pays.  Cet espoir était normale et légitime, car le Mali avait non seulement tous les atouts pour son développement, mais il a bénéficie aussi, avec l’avènement de cette nouvelle ère démocratique, de l’appui  incontestable des partenaires du Mali, qui ont investi des milliards pour l’aider. Tous les secteurs ont été appuyés: le gouvernement, l’armée, la presse, la société civile, les femmes, les jeunes, les partis politique.  Les chiffres évoqués sont vertigineux: Des milliers de milliards de Francs CFA, en ces 20 ans de l’ère démocratique. Si quelques avancés ont pu être notées ca et la, le constat unanime est que ces sommes ont été mal utilisées, elles ont servi une minorité, elles ont été détournées au profit d’une classe,  conséquence du manque de civisme et du manque de discipline. Tirant leçons de cela, les maliens doivent désormais être  un peuple discipline et civique,  et ceux qui les gouverneront après cette crise doivent donner un exemple incontestable de probité morale, de discipline et de civisme. C’est essentiel  pour un véritable développement de notre pays. Les grands pays tels que les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, le Japon, doivent en priorité leur développement a la discipline et au civisme de leurs citoyens;  et au respect de la chose publique par les responsables. Il ya des dépenses personnelles injustifiées que le Président des Etats-Unis ne peut se permettre et qu’il ne pense même pas se permettre. Mais au Mali, même un ministre peut tout se permettre sans rien justifier. Les cadres maliens qui ont la chance de voyager assez souvent dans ces pays s’en rendent compte tous les jours, mais oublient ces bonnes manières qui les dérangent d’ailleurs, des qu’ils reviennent de mission. On n’en parlera jamais assez, le nouveau pouvoir qui sera installe après les élections présidentielles, devra en faire son cheval de bataille: Donner le bon exemple de gestion de la chose publique, sévir au risque de prendre des mesures impopulaires afin de mettre fin a des pratiques qui mettent en péril l’avenir de notre pays.

Les récents événements survenus dans le secteur des finances publiques au cours de la transition donnent beaucoup a réfléchir. Il y en a trop eu pour une période si courte: On a parle du détournement  de quelques milliard par l’ancien premier ministre, Cheick Modibo Diarra. Vrai ou faux, il est du devoir du gouvernement d’édifier le peuple. Ensuite, il ya eu ce que les medias ont appelé le scandale de la 3e licence de téléphonie mobile, puis, c’est le fameux marche de matériel roulant pour l’armée, pour une valeur de 8,9 milliards de francs CFA. Et cerise sur le gâteau, le marche des cartes biométriques octroyé par un gré a gré a un ancien ministre ivoirien, qui n’est pas du tout un sain chez lui, avec l’aval, aux dire de d’un journal français, du Président par intérim, Dioncounda Traore.

En marge de ces marches douteuse, deux nouvelles structures hyper-budgétivores sont nées. Le Comite  Militaire de Suivi et de la Reforme  des Forces Armées de Défense et de Sécurité, et la Commission Dialogue et Réconciliation, auxquels,  l’Etat déjà financièrement éprouvé, a octroyé des avantages qui frisent la provocation. Ce n’est pas le Syndicat de l’enseignement Supérieur du Dr Malle qui dira le contraire.  Mieux, certaines personnes sont a la fois membres aussi bien de la CENI que de la Commission Dialogue et Réconciliation, deux structures qui demandent un travail a plein temps chacune. Comment ces personnes peuvent elles seules représenter efficacement leurs corporations dans toutes les structures « juteuses », alors qu’elles ont des adjoints et autres collaborateurs. Les syndicalistes de leur cote,  supporteront mal que des gens déjà riches pour la plupart, se voient octroyés de moyens supplémentaires pour consolider leurs acquis, alors qu’eux végètent avec le minimum. Cela doit être revu et corrige, car La conviction des syndicats est que si les biens de l’Etat sont bien gères, des augmentations substantielles sont bien possible. Je partage entièrement ce sentiment. Il n’est pas normal que le Burkina Faso et le Niger payent beaucoup mieux leurs fonctionnaires que le Mali.

Tout le monde semble presse de profiter de cette période de transition, soit pour caser les proches ou se mettre a l’abri, en s’enrichissant avant la fin d’une mission, qui devait au contraire être un sacerdoce, un sacrifice  pour une nation déjà fragilisée. Même les hommes de confiances tels que le Président par intérim Dioncounda Traore et le Premier Ministre Django Sissoko, grands commis de l’Etat, ne semblent plus, quand on se fie a tout ce qui se dit d’eux dans la presse, respecter les slogans d’ancien pionniers de l’ère du Mali civique qu’ils ont appris et enseigne aux générations qui les suivaient. Ils doivent a mon avis édifier le peuple car leur silence est insupportable pour nous qui avons confiance en eux et qui les croyons incapables d’incivisme.  Pourquoi personne ne veut plus respecter les biens de l’Etat et tout le monde veut s’enrichir au vu et au su de tout le monde. Est-ce une malédiction, comme l’a dit le doyen Amadou Seydou Traore dit Djikoroni, d’occuper une fonction au Mali sans s’enrichir? Voila la question.

Pour y répondre, Le nouveau président de la République doit s’engager et s’atteler a cela. Il doit d’abord mettre l’accent sur l’éducation civique. Les maliens doivent apprendre a se discipliner. Ils doivent prendre des habitudes simples et saines telles que: venir a l’heure au travail, se consacrer plus a l’Etat qu’à soi même,  attacher leurs ceintures en conduisant, porter le casque pour les motocyclistes, aider a la propreté de la ville en utilisant les poubelles, faire un meilleur usage de l’eau et de l’énergie dans les bureau et a la maison, faire la queue devant les kiosques et les guichets, remettre les objets retrouves au vrai propriétaire au lieu de se les approprier, et surtout, dire la vérité en tous lieux et en tous temps. De choses très simples qui sont un apport inestimable sur la vie de la nation, sur les finances de l’Etat et sur l’avenir tout court.

Par rapport a la jeunesse et a nos s½ur,  les autorités nouvelles doivent sensibiliser les jeunes filles et garçons en créant des conditions pour les inciter a mener des activités saines et instructive, au lieu de fréquenter assidument les bars. Elles doivent moraliser les mariages et les baptêmes somptueux  qui voient des maliens dépenser des millions en un jour, alors que  d’autres n’ont pas à manger.  Ces baptêmes et  ces mariages ont par ailleurs crée un impact très négatif sur les m½urs a Bamako, surtout chez nos s½urs. Les jeunes filles et souvent, même les femmes mariées, n’ont d’autres solutions que de chercher au quotidien par tous les moyens et même les moins recommandables, l’argent pour faire face a ces événement qui se produisent de façon répétitive tout le long de l’année.  Aucun salaire, fut il celui du VEGAL et du Président du Comite Militaire de Suivi des Forces Armées combines, ne peut y faire face pendant toute l’année. De centaines de ménages sont menaces ou déjà brises a cause de la gestion de ces événements que le revenu familial ne peut pas gérer.

Ensuite par rapport a la gestion de la chose publique, le nouveau pouvoir doit s’atteler a consolidé les instruments déjà existant de lutte contre certaines pratiques telle que la corruption, les abus, le népotisme. Que les rapports fournis par les services d’audit et de contrôle ne restent pas dans les tiroirs, que ceux qui sont coupables d’enrichissent démesuré sur le compte de l’Etat soient appelés a justifier leur richesse, ou qu’ils en soient dépossédés, ou sanctionnes par la justice, s’ils n’arrivent pas a les justifier. Ces mesures salvatrices permettront de dissuader  d’autres, et permettrons de faire de grandes économies qui pourraient aider à rehausser les salaires des fonctionnaires qui croupissent sous la misère, alors qu’une minorité vit dans un luxe insolent.  Que les structures de missions nouvelles créée, ne le soient pas pour récompenser des retraites ou des amis, et ne bénéficient pas de traitement royaux pour les soit disant mieux motive. Tous les fonctionnaires ont besoin d’être motives. Certains n’en n’ont pas plus besoin que d’autres.  Tout le monde doit accepter sa mission pour servir le Mali, au lieu de s’y précipiter pour les avantages financiers et matériels. Que ceux qui sont sollicites pour y jouer un rôle les acceptant  a des conditions raisonnables, pour prouver leur amour pour la patrie, au lieu qu’ils y viennent comme pour dire: « mon heure a sonne... » Bref, que le CIVISME ET LA DISCIPLINE soient la devise du nouveau type de malien que le nouveau pouvoir post-crise doit commencer de forger. Mission de longue haleine certes, mais elle doit commencer, même si les résultats ne sont pas immédiats. Et elle doit se poursuivre sans relâche, sans découragement, sans tenir compte de ceux qui disent: « Ils perdent leur temps, ils finiront bien par se lasser..« ;  jusqu’a la disparition de la génération de la facilite, au profit d’une nouvelle génération patriote, travailleuse et soucieuse de l’avenir du pays.

Cela est possible, et ce n’est pas illusoire. Le Mali compte encore des cadres responsables, aussi bien parmi les générations anciennes que les nouvelles générations. Les deux générations ont aussi leurs gangrènes. Il s’agit de faire une jonction entre les personnes vertueuses des deux générations, au lieu de prétendre à un changement générationnel radical. Que les prochains candidats s’engagent sur l’honneur a mieux gérer le pays, a sanctionner les malfaiteurs, a appliquer les conclusions des rapports d’audit et d’inspection,  s’engager  a faire la promotion de l’éducation civique et morale sans relâche, pendant toute la durée de leur mandat, en donnant l’exemple et en choisissant des hommes capable de les suivre dans leur comportement. C’est par la qu’il faut commencer, car au risque de me répéter, aucun développement n’est possible, tant que les hommes chargés de sa mise en ½uvre ne sont pas d’une probité morale avérée.

Kalifa GADIAGA

Professeur d’Enseignement

Secondaire dans le Columbus Ohio - USA

Mali Web

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