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D’anciens appelés français témoignent à Constantine

Ils ont les cheveux gris et le pas titubant, mais une volonté exemplaire ; la volonté d'aller à la rencontre de l'opprimé d'hier. Ils sont 23 Français, sexagénaires pour les plus jeunes, des Français engagés contre la guerre... d'Algérie surtout. Ils ont marqué une petite halte, avant-hier à Constantine, dans un pèlerinage qui doit les mener à Guelma, Sétif et Béjaïa. Ils ont choisi la date historique du 8 Mai pour venir raconter leur douleur du souvenir colonialiste, témoigner de la barbarie coloniale et parler de l'action qu'ils entreprennent chez eux, face aux partisans des «bienfaits du colonialisme» et aux ultras de l'Algérie française. Ces témoins voyageurs ont rencontré des universitaires constantinois et autres militants du mouvement associatif. Le hasard a fait aussi que Mohamed Mechati, membre des 22 historiques, soit présent. Il était le premier à prendre la parole pour évoquer son enrôlement dans l'armée française face à l'occupation nazie. Son verbe léger prend soudain du poids en arrivant au chapitre tragique : «J'étais à Marseille quand j'ai appris la très mauvaise nouvelle...» Du haut de ses 92 ans, Mechati cède à l'émotion et s'excuse, la gorge serrée, de ne pouvoir poursuivre. L'historien Madjid Merdaci prend la parole pour dire la fracture du 8 Mai 1945. «Ceux qui ont déclenché la Révolution algérienne sont tous issus de la violence de cette fracture», explique-t-il. Et de poursuivre : «Le code de l'indigénat faisait de nous une sous-humanité ; je me souviens de la charge d'humiliation subie par nos parents.» A ce moment, Mechati se ressaisit et reprend la parole pour évoquer ses rencontres avec des Français du c½ur, «ceux qui ont eu le courage et pris position avec la vérité aux côtés du peuple algérien». Robert Simeon, membre de l'association des réfractaires à la guerre, enchaîne pour raconter ce mouvement français du refus composé d'insoumis et de déserteurs, tous d'extraction sociale progressiste, forgés dans la laïcité et les valeurs de Jean Jaurès, dira-t-il. Rémi Serres, fondateur de l'A4ACG, Association des anciens appelés contre la guerre, était, lui, un jeune paysan arraché de sa campagne et expédié sur le front algérien sur lequel il n'avait pas la moindre idée. «Nous avons vite compris qu'on était pris dans un piège et qu'on allait servir des intérêts qui n'étaient pas les nôtres. Pendant 28 mois, on aspirait à une seule chose : rentrer chez nous.» Mais Rémi reconnaît que parmi ces appelés, certains prenaient du plaisir au «jeu» et tiraient volontiers sur les bergers. «Ceux qui avaient pris part et perdu la guerre d'Indochine voulaient se venger», a-t-il souligné, avant d'ouvrir un chapitre sur son association et l'effort déployé pour aider les peules opprimés et surtout sensibiliser les plus jeunes sur l'injustice de la guerre. Une action qui leur vaut d'ailleurs beaucoup d'inimitiés de la part des pieds-noirs qui rêvent encore d'une Algérie française.         

El Watan

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