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Bouteflika est-il lâché par les siens ?

Que se passe-t-il au sein de la «famille révolutionnaire», des partis présidentiels, du moins ceux qui s'en réclament encore : le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), du mouvement associatif et des personnalités qui ont prêté allégeance à Bouteflika pour faire subitement les morts s'agissant de l'information sur la santé du Président ?   En d'autres temps, tous ces supporters, réagissant au quart de tour, n'hésitent pas à rivaliser de zèle et à surenchérir en déclarations et manifestations de soutien pour tout ce qui émane de la Présidence et touche à la personne du Président. Ce fut le cas notamment en 2005, lorsque le président Bouteflika avait eu ses premiers ennuis de santé ayant nécessité son transfert à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce. Personne ne manquait à l'appel. Les rédactions étaient inondées de messages de soutien et de v½ux de prompt rétablissement à Bouteflika tout au long de son hospitalisation et à la suite de sa sortie de l'hôpital. L'ENTV ne manquait pas de répercuter quotidiennement avec, à l'appui, des images et du son des citoyens et des personnalités de tous bords exprimant leur préoccupation et leur joie de voir le président Bouteflika rétabli et regagner le pays. Cette fois-ci, il y a comme de la friture dans la ligne, une entente tacite, une instruction partie de quelque part pour s'abstenir d'aborder de quelque façon que ce soit le sujet. Pas même en le prenant sous l'angle du rituel message de v½ux de prompt rétablissement qui fait partie de notre culture ; une manière toute orientale de se réconcilier devant l'adversité même entre pires ennemis. Ceci dans l'absolu. Car en politique, il n'y a pas de déclaration, de geste, voire jusqu'au frémissement et au silence qui ne soient pas connotés et décryptés dans un sens ou un autre. Ne rien dire, c'est aussi une façon très diplomatique de communiquer. Un procédé subtil qui trahit un embarras à se positionner sur un sujet aussi sensible que la maladie du Président, que l'on gère dans son entourage restreint avec soin, comme on manipulerait de la dynamite. L'absence de déclaration frisant la censure consciente et préméditée de tous les porte-voix de Bouteflika ne peut pas, à l'évidence, s'expliquer uniquement par une supposée attitude morale invitant à la retenue et à la décence face à la maladie d'autrui. Face à l'épreuve qu'il traverse, Bouteflika apparaît, dans une première lecture, comme un homme seul, ne comptant que sur l'entourage familial et la fratrie pour doper le moral et surmonter ses ennuis de santé. Tout indique, d'ailleurs, que c'est sur le levier familial qu'il s'appuie pour gérer scrupuleusement la communication sur sa santé, objet de vives spéculations dans les médias et au sein de l'opinion publique. La maladie du Président, qui est passée à la suite de son AVC à une phase nouvelle et sensible, laisse penser que ce fait imprévu qui ne manquera pas inévitablement d'être porté et souligné en gras au bas de son CV a donné lieu à des repositionnements ou, à tout le moins, à une attitude de wait and see dans les sphères et la clientèle du pouvoir par rapport à la donne Bouteflika et à son avenir politique. Cette prudence de la classe politique proche de Bouteflika à se déterminer face à la nouvelle équation politique posée par sa maladie illustre parfaitement le statu quo, l'absence totale de visibilité et le coma politique dans lequel est plongé le pays. La santé de Bouteflika, désormais encore plus fragile qu'elle ne l'était auparavant, a brouillé toutes les cartes qui doivent être redistribuées dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. Ne rien dire, ne rien faire ni dans un sens ni dans un autre, tel semble être le credo du moment des soutiens traditionnels de Bouteflika, qui attendent des signaux plus clairs pour sortir du bois. Bien que certains analystes soient formels pour dire que même si cliniquement le Président se tire d'affaire, politiquement en revanche, il est déjà mort et enterré.

El Watan

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