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L’impact du solde extérieur négatif sur M3

Bank Al-Maghrib donne régulièrement les statistiques relatives au comportement de la masse monétaire et des crédits bancaires. Les dernières, publiées la semaine passée sur le site électronique de la banque centrale indiquent que la masse monétaire M3, (laquelle traduit les Disponibilités monétaires (M1)+ Placements à vue + Placements à terme, soit la somme des liquidités et titres les plus liquides en circulation), est en recul.

Plus exactement, elle croît à un rythme en diminution constante d'une année à l'autre.

C'est ainsi que le rythme de croissance de M3, qui était à 2 chiffres au début de la décennie 2000, atteignant même un pic de 18 % en 2006 et 2007, a baissé en 2008 à 13,4 %, puis à 7,1% en 2009, dégringolant depuis respectivement à 4,8 %, 6,5 % et 5,2 % en 2010, 2011 et 2012.

Nous détaillons les chiffres qui expliquent ce comportement, (voir article ci-après), mais au préalable, on s'interrogera sur les causes de cette baisse tout particulièrement dans le contexte national actuel.

En fait, en période de resserrement des crédits, c'est leur baisse qui pourrait en être arithmétiquement la première sachant qu'en accordant des crédits, les banques crééent de la monnaie, ce qui induit une augmentation conséquente de M3.

Certains crédits se sont  d'ailleurs réellement effondré, comme les crédits à l'investissement, faute de projets en cette période de crise que vit notre pays, (2012-2013), nonobstant le fait que BAM soutient les banques pour les refinancer à hauteur de la demande de crédits à l'économie. Cet exemple classique montre le lien direct entre les crédits et M3, mais n'explique pas en totalité la baisse de M3.

En effet, celle-ci perd également de sa valeur parce que l'économie marocaine se trouve face au déficit de son solde courant pour le financement duquel, elle doit exporter une partie de ses liquidités pour l'acquisition de biens et produits, objets de la demande interne des entreprises et des particuliers. Un déséquilibre chronique s'est donc instauré entre les rentrées de devises, fruits de l'export, du tourisme, des MRE ou encore des IDE, et les besoins de l'économie marocaine. D'ailleurs, il ne s'agit pas uniquement de sorites de devises pour faire face aux importations de carburants, mais aussi  pour la satisfaction de la demande interne. Ainsi, une partie de la masse monétaire est convertie en devises pour combler cette différence.

Avec uniquement 4 mois de réserves de change et malgré la baisse du prix à l'internationnal des hydro-carburants, les besoins d'importations continuent à peser sur la balance commerciale certes, mais aussi et surtout sur celle des paiements.

L'économie marocaine en paye le prix , en «sacrifiant» une partie de ses liquidités au profit des importations. Ce, qui tout en étant normal puisqu'il s'agit de satisfaire la demande intérieure, prive l'économie d'une part de ses moyens de financements …

Afifa Dassouli

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Les M…

 M1 comprend les espèces (billets et pièces) ainsi que les dépôts à vue. Ces dépôts peuvent immédiatement être convertis en espèces ou utilisés comme moyens de paiement. 

M2 comprends M1 et des dépôts dont la maturité est inférieure à deux ans ou mobilisables avec un préavis de trois mois. Ces dépôts peuvent être convertis en composante de M1, mais avec certaines restrictions comme la nécessité d'une demande préalable, l'existence de pénalités ou frais. 

M3 comprends M2 et certains instruments de marché émis par des institutions financières monétaires IFM résidents. Ces instruments sont des prises en pension, des parts de fonds monétaires et des titres de créance dont la maturité n'excède pas deux ans (incluant le papier commercial). Un haut degré de liquidité et de certitude dans les prix font de ces instruments des substituts proches des dépôts à vue. Ainsi, la définition large de la monnaie est moins affectée par la substitution entre les différentes catégories d'actifs liquides et demeure plus stable que les définitions plus étroites de la monnaie.

La Nouvelle Tribune

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