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Erythrée: au moins 10.000 prisonniers politiques, selon Amnesty

L'Erythrée compte "au moins 10.000" prisonniers politiques, vivant pour beaucoup dans "des conditions atroces, inimaginables", dénonce Amnesty International dans un rapport jeudi, à quelques jours du 20e anniversaire de l'indépendance de ce pays.

L'opposition politique est interdite, les médias indépendants réduits au silence et les minorités religieuses persécutées dans ce petit pays de 6 millions d'habitants de la Corne de l'Afrique, bordant la Mer Rouge.

"Le gouvernement a usé de manière systématique d'arrestations arbitraires et de détention sans jugement pour écraser l'opposition, réduire au silence toute dissidence et punir quiconque refusant de se plier" au système répressif, selon Claire Beston, spécialiste de l'Erythrée pour l'organisation de défense des droits de l'Homme.

"Au moins 10.000" personnes "ont disparues, emprisonnées au secret", mais il est impossible de connaître le nombre exact, selon le rapport. Les prisonniers sont enfermés dans des cellules souterraines ou des containers.

"La torture est monnaie courante lors des interrogatoires, à titre de punition ou pour faire pression".

"Dans la plupart des cas, les familles des prisonniers ne reçoivent aucune information, et souvent elles n'entendent plus jamais parler d'eux après leur arrestation". "

"Quiconque critique le président Issaias Afeworki (au pouvoir depuis l'indépendance) est emprisonné sans procès, souvent dans les conditions les plus dures".

"Vingt ans après la célébration euphorique de l'indépendance, l'Erythrée est un des Etats les plus répressifs et secrets du monde", écrit Claire Beston.

L'Etat érythréen n'a pas répondu dans l'immédiat à ce rapport accusateur.

Les rebelles érythréens, dirigés par Issaias Afeworki, avaient obtenu l'indépendance de l'Ethiopie au terme d'une guerre civile de 30 ans, conclue en 1991. Un référendum d'auto-détermination avait suivi deux ans plus tard, et l'indépendance avait été proclamée le 24 mai 1993.

Après avoir suscité beaucoup d'espoirs de démocratisation et de développement économique dans la communauté internationale, qui avait massivement aidé l'Erythée nouvellement indépendante, le régime d'Asmara a basculé dans l'autoritarisme.

Une guerre meurtrière contre l'Ethiopie avait de nouveau éclaté en 1998-2000 pour la souveraineté sur un minuscule territoire frontalier. Selon les analystes, ce conflit avait servi au régime érythréen à renforcer sa poigne de fer sur le pays.

Reporter sans Frontières classe l'Erythrée comme le pire pays dans le monde pour les atteintes à la liberté de la presse, derrière la Corée du Nord.

AFP

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