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La radio de Benghazi qui dit «Good Morning Libya!»

Diana Ross, les Jackson Five, les Temptations, les Commodores, autant de légendes musicales qui ont désormais droit de cité en Libye. C’est Benghazi, la capitale rebelle qui leur donne une liberté inédite en terres libyennes.

Quatre jeunes libyens ont rendu cela possible en créant à Benghazi Tribute FM, la première radio en anglais du pays, accessible sur FM 92.4 mais aussi sur Internet. D'autres médias ont vu le jour à Benghazi.

Selon Mohammed, l’un des fondateurs, «la langue anglais était bannie et complètement illégale. L’anglais était exclu de l’enseignement, et cela à tel point que rien n’était disponible en anglais. Vous ne pouviez pas faire de la réclame ou lire un journal en anglais». Deux des fondateurs, Mohammed et Amman, ont la double nationalité britannique et libyenne, rapporte The Guardian de Londres.

Pour ces jeunes libyens, le lancement d’une telle radio a semblé prioritaire bien que la guerre opposants les rebelles appuyés par l’Otan contre les forces loyalistes au dictateur libyen se poursuive sans relâche.

Par mesure de sécurité, l’adresse du studio est tenue secrète tout comme les noms des collaborateurs de la radio par crainte de représailles des partisans de Kadhafi. Mais il ne s’agit pas d’une radio pirate, insistent-ils. Tout est légal et la radio n’a pas de lien avec le Conseil national de transition qui dirige la rébellion depuis Benghazi.

Un vrai enthousiasme émane de ces jeunes qui ont lancé leur radio. Mais les appels de l’extérieur qui affluent à l’antenne donnent à réfléchir sur la situation dans laquelle se trouve la population libyenne. The Guardian rapporte en exemple quelques témoignages entendus sur Tribute FM. Des auditeurs rapportent le sort de familles libyennes sans argent, fuyant par la frontière tunisienne, d’autres téléphonent depuis Tripoli pour dire qu’ils sont impressionnés par la précision des frappes aériennes de l’Otan.

Actuellement, la situation à Benghazi est beaucoup plus sûre qu'il y a un mois, assure Mohammed. Selon lui, on ne peut pas entendre de bruits d'échanges de tir ou de combat, d’autant plus que l’isolation acoustique du studio est très bonne.

Lu sur The Guardian