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Des Erythréens sur la route de l'exil torturés en Egypte

Un prêtre catholique a informé la chaîne britannique BBC de la détention par des trafiquants de près de 400 personnes, pour la plupart des Erythréens, dans le désert du Sinaï en Egypte.

A la tête d'une agence d'aide aux réfugiés et demandeurs d'asile, Habeshia, basée au Vatican, le père Mussie Zerai, d’origine érythréenne, est en contact avec ces otages. Certains d'entre eux lui téléphonent parfois et lui racontent les conditions de leur détention.

Prisonniers de gangs de bédouins, parqués dans des conteneurs ou des fosses, ces migrants sont torturés, parfois violés, et contraints d'obtenir le paiement d’une rançon directement transférée sur le compte bancaire des ravisseurs. Cette rançon peut s’élever jusqu’à 10.000 dollars (7070 euros).

L’un des otages aurait confié au prêtre qu’un Erythréen de 24 ans serait mort après avoir été torturé au moyen de décharges électriques.

«Durant les derniers mois, des dizaines d’otages sont tombés aux mains de bandits et sont morts dans le Sinaï. Nous demandons au Parlement européen de faire pression sur les gouvernements de la région pour qu’ils prennent en charge la libération de ces otages et mettent un terme au trafic d’êtres humains», déclare Zerai.

Le prêtre déplore l’inaction des autorités égyptiennes. Ses accusations sont soutenues par une organisation israélienne, Physicians for Human Right, qui a recensé de son côté les cas de 300 Erythréens torturés dans de telles conditions.

Le désert du Sinaï est la route empruntée par de nombreux migrants qui cherchent à rejoindre Israël. On estime que des centaines d’Erythréens quittent chaque mois leur pays pour l’Europe ou Israël, espérant y vivre une vie meilleure.

Situation économique désastreuse, prisonniers politiques, l’Erythrée est un Etat où toutes les libertés sont bafouées. La pauvreté endémique côtoie l’absence de liberté d’expression, à tel point que le pays figure à la dernière place du classement de Reporters sans frontières pour la liberté de la presse.

Lu sur BBC