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Libye: remaniement ministériel prévu pour sortir de la crise

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan a annoncé un prochain remaniement ministériel pour tenter de sortir le pays de la crise après le coup de force des miliciens à Tripoli, et éviter un nouveau conflit.

"Sans doute il y aura un remaniement ministériel dans les prochains jours", a déclaré M. Zeidan dans une conférence de presse, sans préciser les ministères concernés.

Il a semblé aussi avoir baissé le ton envers les miliciens, en les qualifiant de "thowars", le terme désignant les combattants révolutionnaires qui ont provoqué la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

"En Libye, nous n'avons pas des milices, nous avons des thowars", a déclaré M. Zeidan, dont la démission est réclamée par des miliciens qui assiègent les ministères des Affaires étrangères et de la Justice.

Il a ajouté que le siège des ministères, qui dure depuis une dizaine de jours, devrait être levé bientôt. "Certains tentent actuellement de corriger et de réparer ce qui ce s'est passé", a-t-il dit, ajoutant espérer "un retrait total très bientôt".

Autour des deux ministères, les pick-up équipés de mitrailleuses et de canons anti-aériens avaient disparu mercredi, mais des protestataires en uniforme militaire étaient toujours présents, selon un journaliste de l'AFP.

"Nous voulons épurer le ministère des Affaires étrangères et la justice en Libye. Il n'y a plus d'armes. Le sit-in est désormais pacifique", a expliqué Mohamed Soula, se présentant comme un ex-rebelle venu de la ville de Sabratha, à l'ouest de Tripoli.

Se proclamant des thowars oeuvrant "à corriger le processus de la révolution", les protestataires réclamaient initialement une loi bannissant de la vie politique les anciens responsables et collaborateurs du régime Kadhafi.

Mais après l'adoption de cette loi controversée par le Congrès général libyen (CGN), la plus haute autorité du pays, des miliciens ont annoncé qu'ils réclamaient aussi le départ du chef du gouvernement, accusé de complaisance envers les anciens kadhafistes.

La nouvelle loi, qui entre en vigueur dans un mois risque déjà d'écarter plusieurs responsables du pays, dont le président du CGN, Mohamed al-Megaryef, ainsi que d'autres députés et ministres.

M. Zeidan n'a pas précisé mercredi si le prochain remaniement visait à remplacer les ministres concernés par la loi ou à attribuer des porte-feuilles aux thowars pour gagner leur soutien.

Réunis il y a quelques jours à Tripoli, des commandants d'ex-rebelles ont affirmé que le gouvernement leur avait promis cinq ministères, dont ceux de la Défense et de l'Intérieur.

Ce bras de fer entre le pouvoir et les milices semble profiter aux Frères musulmans, accusés d'être derrière les mouvements de protestation armée dans le but d'exclure leur rivaux et de dominer la scène politique libyenne.

Moustapha Abdeljalil, ancien président du Conseil national de transition, bras politique de la rébellion, a ainsi accusé ouvertement mardi les "Frères musulmans de vouloir contrôler le pays".

La tension et le climat d'insécurité en Libye préoccupent la communauté internationale, qui a appelé mercredi "les Libyens à cesser les protestations armées et le recours à la violence au cours de cette période difficile de transition démocratique".

"Il est essentiel que les institutions du pays fonctionnent sans intimidation armée", ont affirmé les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, fer de lance des opérations militaires de la coalition internationale contre les forces de Kadhafi en 2011, dans communiqué conjoint publié à Tripoli.

Les autorités libyennes ont échoué à former une police et une armée et à contenir les milices armées qui font la loi dans le pays, en proie à une insécurité croissante.

AFP

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