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Installation d’une base militaire étrangère au Mali après la crise : Pourquoi ne pas organiser un référendum sur la question ?

La communauté internationale n’a pas accepté l’effondrement de notre belle expérience démocratique sous les coups de boutoir des putschistes inconscients de la portée de leur acte et des crapules agissant sous le masque de l’islam. Elle a mis les bouchées doubles pour faire renaître la démocratie de ses cendres.

Les présidents Dioncounda Traoré et François Hollande

Dans quelques jours, une conférence des donateurs se réunira à Bruxelles, sous l’égide de l’Union Européenne, pour mobiliser des fonds afin de financer la reconstruction de notre pays. Après sa formidable mobilisation, pour aider le Mali à se débarrasser du péril islamiste qui menaçait jusqu’à l’existence de la République, le monde entier, la France en tête, ne s’arrête donc pas en si bon chemin. La communauté des Nations éprises des principes démocratiques entend nous épauler pour la sortie de crise. Autrement dit : ensemble, nous sommes en passe de gagner la guerre, à l’unisson nous devons gagner la paix.

Cette marque de solidarité internationale à l’endroit de notre pays n’est pas le fait du hasard. Loin s’en faut. La France ne s’est pas fait prier longtemps pour mettre en branle sa formidable machine de guerre avec pas moins de 4000 hommes. Dans son sillage, les pays africains ont dépêché des milliers de soldats pour défendre le Mali. L’Union Africaine a fait montre d’un élan de solidarité extraordinaire lors de son 20è sommet des chefs d’Etat, fin janvier à Addis Abeba, en organisant une conférence des donateurs qui a pu récolter 455 millions de dollars, soit plus de 220 milliards de FCFA.

L’Organisation des Nations unies n’est pas demeurée en reste. Elle a voté rapidement des résolutions à l’unanimité – un détail qui mérite d’être souligné – pour approuver la guerre déclenchée par la France et les pays africains afin de porter secours au peuple malien en détresse face au péril islamiste. En juillet, les casques bleus débarqueront au Mali pour empêcher tout retour des islamistes et pour consolider la démocratie.

L’activisme de la France sur le dossier malien n’a échappé à personne. L’ancienne puissance colonisatrice a pris le dossier à bras le corps, plaidant la cause du Mali aux Nations unies, mobilisant ses alliés occidentaux – tous les grands pays occidentaux ont contribué à l’effort de guerre -, s’activant au plan international pour contrer les faux dévots qui voulaient intoxiquer le monde arabe en soutenant perfidement qu’il s’agissait d’une guerre contre l’islam. A l’instigation de la France, tous les pays européens ont dépêché des soldats pour la formation de l’armée malienne.

Nos liens historiques avec la puissance colonisatrice ne sauraient expliquer à eux seuls un tel dévouement du gouvernement du président François Hollande à notre égard. Si Paris se démène tant en ces temps de crise économique et surtout au moment où elle se garde soigneusement de tout interventionnisme sur le continent, c’est parce que le Mali est une démocratie en péril et, qu’à ce titre, il mérite d’être secouru. La France n’a-t-elle pas refusé d’intervenir pour sauver le pouvoir du président centrafricain François Bozizé ?

Si le monde entier nous voue une telle solidarité, c’est aussi parce que la renommée de la démocratie malienne a traversé les mers et les océans. Tous nos amis étaient affligés de voir cette belle expérience démocratique tourner court par la faute de putschistes qui ne mesuraient pas la portée désastreuse de leur acte et par la faute de bandits de grand chemin, drapés du manteau d’un islam radical sous lequel ils dissimulaient tous les trafics et toutes les pratiques pendables.

Les images des flagellations, des amputations, des lapidations, des destructions du patrimoine culturel mondial à Tombouctou ont dû émouvoir, de par le monde, tous ceux qui sont épris des droits humains. Et achever de convaincre du danger que représentaient ces illuminés pour l’humanité tout entière. Le monde civilisé a été horrifié par la barbarie moyenâgeuse de ces crapules qui prétendaient agir au nom de l’islam alors qu’ils n’étaient autres que des agents d’un actionnariat mafieux et d’un pacte entre la cocaïne et la mauvaise foi.

Dans ces conditions, il suffisait de faire preuve de dynamisme pour obtenir la mobilisation de la communauté internationale. Ce que fit notre diplomatie. En appui aux actions de la France, elle a joué sa partition en faisant un véritable lobbying pour aboutir à l’opération mondiale de sauvetage en cours en faveur du Mali.

Cette crise a, en outre, révélé l’impérieuse nécessité de réorienter notre diplomatie. Les nouvelles autorités issues des prochaines élections ne pourront pas ne pas prendre en compte le pacte de sang qui nous lie désormais au Tchad dont une trentaine de vaillants soldats sont tombés sur le champ de l’honneur pour la libération de notre sol. De même, l’apport du Maroc au plan diplomatique aura été très important. De quoi créer les conditions d’une révision des relations privilégiées que nous avons avec l’Algérie, souvent au détriment du Maroc.

La crise a révélé la face hideuse d’une Algérie dont le sort du Mali est le cadet des soucis. Les djihadistes avaient monté une véritable industrie de guerre dans l’Adrar des Ifoghas, juste aux portes de l’Algérie. Si la puissance de notre voisin du Nord n’est pas surfaite, il a certainement fermé les yeux sur la base logistique des barbus. Comment comprendre sa propension à pousser le Mali à la négociation avec des individus qu’elle combat avec la dernière rigueur ? Et que dire de la présence massive parmi les occupants du nord du Mali des Sahraouis qui allaient et venaient du camp de refugiés de Tindouf, un nid d’indépendantistes qu’abrite l’Algérie juste pour embêter le Maroc ? C’est de notoriété publique : une rivalité mortelle oppose Algériens et Marocains sur le dossier du Sahara occidental.

Le développement qu’ont connu les événements a démontré que l’hypocrisie le disputait à la perfidie chez nos  » amis «  algériens. Ils ont dû ravaler toutes leurs exigences insensées du genre «  pas de troupes étrangères à proximité de notre sol « . Que n’ont-ils pas dressé comme obstacles à l’intervention des puissances étrangères pour donner la chasse aux islamistes ? Dans le même temps, leurs soldats restaient l’arme au pied et se contentaient de regarder aux jumelles le spectacle des souffrances des pauvres Maliens. Surtout que les châtiments ne concernaient que les noirs. Pas de quoi s’émouvoir.

C’est aussi le cas de la Mauritanie, devenue une base arrière des indépendantistes. Les camps de réfugiés sur le sol de notre voisin du nord-ouest sont des havres de paix pour les combattants indépendantistes chassés du Mali. Comment interpréter l’absence de la Mauritanie des rangs des soutiens du Mali dans cette épreuve ? Difficile de ne pas penser à une inimitié.

Que penser, aujourd’hui, de la décision de la Mauritanie de dépêcher des troupes au Mali sous bannière onusienne après que d’autres armées eurent fait l’essentiel du boulot ? Si ce n’est pas de la cupidité à vouloir palper les dollars frais de la MINUSMA, cette attitude mauritanienne n’est pas loin d’une certaine forme d’indifférence voire de mépris face à la détresse d’un voisin. Notre diplomatie a donc eu raison de se démener comme un beau diable pour vendre notre dossier dans toutes les tribunes internationales. A l’aune de ces péripéties, il lui faudra man½uvrer courageusement pour mieux repositionner notre pays par rapport aux acteurs régionaux, africains et internationaux.

Tout orgueil mis de côté, notre diplomatie doit maintenant s’attaquer froidement à la question ci-après : faut-il, oui ou non, céder une portion de notre territoire national à une puissance étrangère pour y implanter une base militaire ?

S’il était organisé un référendum national sur la question, sans réfléchir et en dehors de tout calcul de quelque nature qu’il soit, voici ma réponse : OUI !

Cette base serait naturellement concédée à une puissance amie à la frontière algérienne, la porte d’entrée, depuis toujours, des djihadistes, des narcotrafiquants et de tous les terroristes affiliés à l’international du crime.

A MAIGA

Enseignant à la retraite Bamako

 

 

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