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Quand les jeunes parlent du 8 Mai 1945

Des étudiants déplorent que la commémoration reste confinée dans les circuits officiels et souhaitent une plus forte implication de la société civile. Les événements du 8 Mai 1945 sont toujours d'actualité, 68 ans après. Le martyre de Sétif, Guelma, Kherrata, Fedj M'zala, Tigzirt, Saïda et d'autres localités du pays est toujours dans les mémoires des anciens qui tournent la page, mais n'oublient pas. Le supplice des habitants de Bouandas, Beni Aziz, El Eulma, Aïn Roua, Aïn El Kebira, pour ne citer que ces lieux, demeure vivace dans la mémoire collective de certains vieux, qui ne ménagent aucun effort pour la transmission de la mémoire, l'autre combat des «chibanis» tenant plus que jamais à transmettre le «témoin» à une jeune génération pas du tout outillée. Accostés, des jeunes étudiants et des enseignants des universités de Sétif 1 et 2 parlent de l'événement et de leurs «déficits». «La marche du 8 Mai 1945 est une importante étape dans la lutte du peuple algérien. Cependant, elle demeure méconnue d'une large frange de la jeunesse algérienne. Ce n'est pas le petit chapitre du 'fait historique' du programme de la 3e année secondaire qui va combler l'énorme déficit», dit Loubna, une jeune lycéenne. «Organisée par et pour le peuple, la marche du 8 Mai 1945 est désormais 'récupérée par l'autorité qui en fait un fonds de commerce. La société civile, qui a payé un lourd tribut, est reléguée au rang de spectateur. La commémoration d'un événement d'une telle importance, qui est l'affaire de toute la société, est le moins qu'on puisse dire confisquée», martèle Abdelghani, étudiant à l'université de Sétif I. Mourad abonde dans le même sens : «Le 8 Mai 1945, qui a été le détonateur de la guerre de Libération nationale est confiné dans une journée commémorative ou une conférence ne donnant que rarement la parole aux victimes, témoins et ayants droit. Il est inadmissible de résumer des massacres d'une telle ampleur en une seule journée, pour ne pas dire quelques heures. L'épopée d'un grand peuple mérite mieux.» «Les massacres du 8 Mai 1945 ont changé le cours de l'histoire de l'Algérie combattante. Malheureusement, on ne fait pas l'effort nécessaire pour transmettre la mémoire aux jeunes générations, qui doivent se contenter des écrits et récits de l'autre rive de la Méditerranée. N'étant pas exempts de tout reproche, les pouvoirs publics sont interpellés pour aider les écrivains et historiens algériens qui font face à des difficultés pour non seulement éditer, mais distribuer leurs ouvrages. Les jeunes voudraient avoir de plus amples informations sur les manifestations du 11 Décembre 1960 et du 17 Octobre 1961, les autres principaux faits saillants de notre Révolution, à immortaliser par des livres et documents. De tels outils pourraient être de précieuses pièces à conviction pour les futures générations qui ont besoin de savoir. Pour l'intérêt suprême de la nation ne devant ni oublier ni perdre ses repères, le traitement de ces pans de notre riche et belle histoire ne doit pas être conjoncturel», précise Leïla, une étudiante en droit.

El Watan

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