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Somalie : il faut aider ce pays pour combattre le terrorisme pour Cameron

LONDRES (AFP) - (AFP)

Les représentants de 50 pays et organisations étaient réunis mardi à Londres pour aider la Somalie à se reconstruire après une longue guerre civile, sous l'égide du Premier ministre britannique David Cameron qui a a assuré que "la sécurité du monde entier est en jeu".

Des attentats comme celui du week-end dernier à Mogadiscio, revendiqué par les insurgés islamistes shehab liés à Al-Qaïda et qui a fait au moins 11 morts, "nous rappellent l'ampleur de la tâche restant à accomplir pour lutter contre le terrorisme", a souligné M. Cameron qui copréside cette conférence avec le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud.

"Ce n'est pas seulement l'affaire de la Somalie (...) la sécurité du monde entier est en jeu", a assuré le chef du gouvernement."A tous ceux qui estiment que ce n'est pas un dossier prioritaire (...), je répondrai que c'est ce que nous avons dit dans le passé et regardez où cela nous a menés : au terrorisme et à l'immigration de masse".

Outre les pays voisins de la Somalie, des représentants des Nations unies, de l'Union africaine et du FMI sont venus à cette conférence.

Mais la participation du nouveau président kényan Uhuru Kenyatta, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, a fait grincer des dents.

Son invitation marque un changement dans l'attitude du gouvernement britannique qui, comme les autres pays de l'Union européenne, a pour politique de n'entretenir que des contacts indispensables avec toute personne inculpée par la CPI.

Le gouvernement britannique a justifié sa présence en mettant en avant le "rôle essentiel" joué par le Kenya en Somalie : ce pays "y a engagé quelque 5.000 soldats et il accueille plus de réfugiés somaliens que n'importe quelle autre nation", a expliqué un porte-parole de Downing Street.

Selon son entourage, le président kényan, qui effectue une visite de trois jours au Royaume-Uni, devrait aussi rencontrer le Premier ministre David Cameron.Downing Street n'a pas confirmé la tenue de ces "entretiens bilatéraux".

Londres avait déjà accueilli en février 2012 une conférence sur la Somalie, au terme de laquelle les participants avaient endossé une longue liste d'engagements dans l'espoir de "rétablir la sécurité et la stabilité" dans ce pays de la Corne de l'Afrique.Une conférence de suivi avait ensuite été organisée les 31 mai et 1er juin à Istanbul.

La Grande-Bretagne a été le premier pays européen à rouvrir son ambassade à Mogadiscio en avril.Un "témoignage", selon Londres, "des progrès accomplis" par ce pays où l'élection de Hassan Cheikh Mohamoud a suscité l'espoir d'une réelle autorité centrale, qui fait défaut depuis la chute du régime de Mohamed Siad Barre en 1991.

Les attaques de pirates somaliens, qui ont prospéré dans les années 2000, ont aussi été réduites de 80% en 2012, a fait valoir Downing Street, grâce au déploiement d'une armada de guerre internationale et de gardes armés sur les bateaux.

Mais les défis restent nombreux.Malgré une série de revers militaires dans le sud et le centre du pays, et bien que divisés et pourchassés par les drones américains, les shebab restent puissants dans les zones rurales.

La Somalie est aussi confrontée à une situation humanitaire dramatique : près de 260.000 Somaliens, dont une moitié d'enfants de moins de cinq ans, sont morts de faim entre octobre 2010 et avril 2012 lors d'une grave crise alimentaire à laquelle la réponse humanitaire a été insuffisante, selon l'ONU.

"Nous avons besoin de soutien, nous avons besoin d'aide et d'investissements et nous avons besoin de protection contre ceux qui essaient de nous abattre", a plaidé le président somalien à l'ouverture de la conférence."Aucun pays ne s'est jamais remis seul d'un tel effondrement économique et social, sans aide internationale", a-t-il ajouté.

L'ONG Human Rights Watch a toutefois appelé les participants à la conférence à faire pression sur le gouvernement somalien pour qu'il prenne des "mesures concrètes" contre les violations des droits de l'Homme, mettant en garde contre les conséquences d'un "soutien inconditionnel" à ce pays.

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