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Le vin kényan s'invite à table

On connaissait le vin sud-africain ou marocain, mais pas encore le vin kényan. Pourtant, les vendanges de la vallée du Rift, à 90 kilomètres de Nairobi, la capitale, viennent de s’achever. Le Mail & Guardian raconte que depuis trois ans, la propriété de James Farquharson récolte le seul vin du pays produit à des fins commerciales:

«Nous sommes pratiquement sur l'Equateur et à très haute altitude. Cela rend la gestion de la vigne ici très différente de la façon dont elle [le] serait en France ou même en Afrique du Sud», explique-t-il au quotidien sud-africain.

Un défi, car le précédent propriétaire du domaine avait tenté l’expérience dans les années 90 pour finalement abandonner, craignant de ne pouvoir atteindre une qualité constante. Pour Farquharson, la question ne se pose pas en ces termes:

«Nous ne pourrons jamais produire le genre de "grands vins" que les Français font, mais nous essayons de […] respecter les principes fondamentaux de la production de vin.»

Car James Farquharson n’est pas un débutant. Viticulteur en Afrique du Sud, il y est petit à petit devenu directeur d’une grande société de vin. Las de la bureaucratie, il décide en 1998 de rechausser ses bottes pour arpenter un nouveau vignoble, au Kenya cette fois, pays où il a passé son enfance:

«Je me suis dit que c'était la chance d’une merveilleuse aventure, l'occasion d'essayer quelque chose de différent» confie-t-il au Mail & Guardian.

Aujourd’hui, le domaine viticole emploie 50 personnes. Le vin produit porte le nom massaï de «Leleshwa», d'après celui d’un petit arbuste ressemblant à un olivier. Leur gamme se compose d'un sauvignon blanc, un rosé et un shiraz.

Selon un restaurateur de Nairobi interviewé par l’AFP, leur vin a besoin de vieillir et de s’affiner. Pas très puissant, le blanc s’accorde fort bien avec des fruits de mer.

Pour le moment, il est essentiellement vendu sur le marché local. Particulièrement dans les hôtels et restaurants de Mombassa et Nairobi, ou dans des sites touristiques du pays. Depuis peu, on peut également le trouver en supermarché.

Exempt de frais d’importation, le cru kényan est moins cher que ses concurrents africains (Afrique du Sud, notamment) et sud-américains (Chili).

«Un Leleshwa sauvignon blanc se vend dans les supermarchés locaux 4,2 euros», et le rouge est «10% à 15% [...] moins cher qu’un vin chilien comparable ici».

En misant sur les classes moyennes croissantes du Kenya, la société viticole espère passer bientôt de 5.000 caisses par an à 30.000, selon l'AFP.

Lu sur Mail & Guardian, AFP