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Présidentielle de juillet prochain : Déjà 4 candidats à la candidature du PDES, le parti des amis d’ATT

Mme Haïdara Aichata dite Chato, Dr Abdoulaye Nène Coulibaly et Billy Touré (G-D)

Malgré les informations selon lesquelles l’ex-président ATT aurait instruit à ses amis du PDES de ne pas présenter de candidat à la prochaine élection présidentielle, ils sont – pour le moment – quatre à croiser le fer pour être celui ou celle sur le (la)quel(lle) le parti va jeter son dévolu pour porter ses couleurs en juillet prochain. Ce sont l’Honorable Mme Haïdara Aichata Cissé dite Chato, député élue à Bourem, l’Honorable Billy Touré élu à Goundam, Dr Abdoulaye Nènè Coulibaly, ancien Directeur général du CHU Gabriel Touré et, même si sa déclaration n’est pas encore déposée, le président du PDES, Ahmed Diané Séméga, récemment revenu d’un long exil involontaire qui l’avait, depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, retenu à Dakar, la capitale sénégalaise. Ils sont tous membres du Comité Directeur National (CDN) du PDES. Selon certaines sources, d’autres candidats sont attendus dans les jours à venir, à moins d’un oukase d’ATT dont on dit qu’il ne veut (toujours) pas d’une candidature du PDES à l’élection présidentielle. Il a, en tout cas, peu de chance d’être entendu maintenant que son influence sur ses ouailles d’hier est quasi nulle.  

C’est hier dans la matinée que Dr Abdoulaye Nènè Coulibaly, coordonnateur du PDES pour la région de Koulikoro et ancien Directeur général du CHU Gabriel Touré, a été le premier à déposer sa candidature au siège du PDES, sis à l’ACI 2000. Certainement que les autres emprunteront le même chemin dans les jours à venir. Cela dans la mesure où le temps semble jouer contre le parti des amis d’ATT, dont bien des leaders avaient presque disparu des écrans radar depuis les événements du 22 mars 2012 qui avaient contraint le président du PDES lui-même à quitter le pays dans les conditions que l’on sait. Sur le moyen de transport utilisé, les rumeurs les plus folles circulent...Laissant le parti traverser, avec moult difficultés, une période d’hibernation et d’incertitude dont les observateurs avaient pensé qu’il ne se relèvera jamais.

Avec le retour au bercail de son président, le parti semble renaître de ses cendres comme le Sphinx de la légende et ambitionne même de fournir au pays son futur chef de l’Etat. C’est vrai que tous ceux qui prétendent, aujourd’hui, à la candidature du parti revendiquent un long parcours politique et professionnel. Cela est-il assez suffisant ? Que nenni ! Au rythme où vont les choses, il faudra craindre – pour ceux qui s’intéressent au sort du parti- une flopée de candidatures à même de fragiliser et d’offrir cette jeune formation politique en pâture à ses adversaires et ennemis. Les uns et les autres ne manquant pas, car ce parti a été toujours perçu comme  » une pure création d’ATT  » dans le but de contrer la suprématie de l’URD et de l’ADEMA – qui sont liés par une alliance à l’Hémicycle – sur la scène politique.

Vers une scission sur l’autel des ambitions personnelles

C’est un secret de polichinelle que l’ex-président ATT n’avait jamais voulu que le PDES sorte de ses rangs un candidat à l’élection présidentielle de 2012. Ce qui avait, d’ailleurs, provoqué l’ire et le départ du parti du premier vice-président d’alors, Jeamille Bittar. En 2012, ce dernier avait opté se présenter comme candidat indépendant malgré l’opposition d’ATT. En dépit des pressions du mentor du PDES, il avait quitté les rangs du parti pour aller créer, d’abord l’association, ensuite le parti UMAM, sous les couleurs duquel il sera candidat en 2013.

Quant à Séméga, il s’était naturellement rangé au choix du parrain. Selon des sources concordantes, l’ancien président serait dans la même position qu’hier. Il aurait récemment redit son opposition, devant l’un des vice-présidents du PDES parti le rencontrer dans son exil involontaire à Dakar, à une candidature du PDES à l’élection présidentielle. Pour quelles raisons ? Manque de popularité du parti ? Ou peur que cela ne réveille les vieux démons de l’ère d’ATT ?

En tout cas, tout semble donner à croire que cette posture de l’ex-pensionnaire du palais de Koulouba loin d’être partagée par les barons du PDES qui n’ont plus aucune raison de laisser leur avenir politique dans les mains d’un ancien président de la République qui, de surcroît, est hors du pays et ne sait pour combien de temps. Voilà tout le calcul. Même ceux qui ne juraient, autrefois, que par le nom d’ATT sont, aujourd’hui, prêts à le contrarier. La politique est ainsi faite sous nos tropiques : allégeance quand vous  êtes au pouvoir, indifférence voire mépris quand vous n’y êtes plus.

Aussi, face au manque de leadership – le président du parti n’étant plus ce grand manitou et ne pouvant donc pas prétendre être le candidat naturel -, tout ce beau monde, qui compose le directoire du PDES, peut tenter sa chance. Car, à défaut d’être désigné, on entendra parler des uns et des autres qui pourraient – c’est cela qui explique certaines candidatures – monnayer au plus offrant leur voix. Même si derrière, il n’y a rien. Parfois, c’est comme si vous mettez une fortune dans une ½uvre d’art qui n’est qu’une pâle copie de l’originale. De manière plus générale, le PDES est un parti qui n’a pas réussi son implantation dans le pays réel. Sur quel électorat va-t-il alors compter ? Et comment mobiliser cet électorat ? Seul un parti soudé peut réussir ce challenge et cela à deux petit mois du premier tour de la présidentielle...Quel défi !

En tout cas, le président Séméga aura bientôt du pain sur la planche. Dans la mesure où le véritable chef du PDES était l’ex-président ATT, il n’est plus évident qu’on ait le même parti soudé autour d’un chef – soit-il par procuration-, d’un idéal. C’est à cause d’ATT que tous ces hauts cadres de l’administration avaient rejoint le parti dès sa création. Raison pour laquelle ce «  parti administratif  » n’a jamais réellement pu décoller. Aujourd’hui, au regard des ambitions des uns et des autres, il s’achemine  incontestablement vers une scission qui fera le bonheur de ses concurrents que sont l’ADEMA plus divisé  que jamais, l’URD qui est en train de ratisser large autour de son candidat incontesté, et le RPM dont le leader IBK reste populaire au sein de la population.  Reste maintenant à tous ceux-ci de s’apprêter, non pas pour assister à des obsèques, mais pour recevoir des morceaux du PDES dans leur escarcelle.  Car, ce parti, désormais sans gouvernail, ira incontestablement vers une scission sur l’autel des ambitions personnelles. Les plus hauts dirigeants du parti étant fondamentalement divisés sur la question de sa candidature à la présidentielle de juillet prochain.

Mamadou FOFANA

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