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L’Algérie a-t-elle pris les mesures nécessaires ?

L'Algérie a-t-elle aussi acheté de faux détecteurs de bombes auprès d'un fournisseur londonien qui a fourgué des «jouets» à de grands pays comme les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Belgique et le Mexique. De sources militaires, notre pays a bel et bien acheté des détecteurs d'explosifs de type Advanced Detecting Equipment (ADE 651) qui sont utilisés par les éléments de l'ANP, de la Gendarmerie et de la Sûreté nationales. La condamnation de l'homme d'affaires britannique James McCormick à dix ans de prison par un tribunal londonien a fait l'effet d'une bombe dans plusieurs pays. En Algérie aussi. Car cet homme d'affaires a été emprisonné pour avoir vendu de faux détecteurs d'explosifs à une dizaine de pays.  Des appareils de détection de produits explosifs et de bombes ont été acquis par l'Algérie après les fameux attentats à la bombe ayant ciblé, le 11 avril 2007, le Palais du gouvernement et, le 11 décembre de la même année, le siège du Conseil constitutionnel et la représentation des Nations unies à Alger. Bien qu'on ne connaisse pas leurs caractéristiques, ces équipements dits de détection avancée, actuellement utilisés dans les barrages de police et de gendarmerie, sont censés être d'une technologie théoriquement identique à la description des produits fournis par ce Britannique à ses nombreux clients. Ces appareils qu'on voit partout entre les mains des policiers fonctionnent-ils réellement ? Sont-ils utiles ? Nombreux sont ces Algériens qui se posent cette question et veulent connaître l'origine et la qualité du matériel acquis ces six dernières années par notre pays pour faire face au risque d'attentats à l'explosif. L'Algérie a-t-elle aussi acheté de faux détecteurs de bombes auprès de ce fournisseur qui a fourgué, sans scrupules, des «jouets» à de grands Etats comme les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Chine, la Belgique et le Mexique ? Selon le quotidien français Le Monde, l'Algérie est également sur la liste des clients de ce fournisseur. Selon des sources militaires, le ministère algérien de la Défense a bien acheté des ADE 651 dans les années 2000 (lire encadré). Côté officiel, on se mure dans un silence étrange. Aucune réaction n'a été enregistrée, du moins pour le moment, sur ce sujet. Ni la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) ni le commandement de la Gendarmerie nationale n'ont voulu commenter cette information qui a fait le tour de la planète. Contacté par nos soins, Djilali Boudalia, chargé de la communication à la DGSN, n'était pas disponible. Ses collaborateurs se bornent à dire que l'affaire dépasse leurs prérogatives. Des appareils de ce genre sont utilisés dans les aéroports, les ports, les points de contrôle des institutions étatiques, de la police et de la gendarmerie.  Leur bonne qualité reste à vérifier. L'inquiétude de ces Algériens est justifiée par le risque accru d'attentats terroristes auquel est toujours exposé notre pays, situé dans une région totalement bouleversée. En ces temps de terrorisme international, acquérir du matériel de sécurité défectueux est synonyme de crime, en ce sens que des vies humaines sont exposées à tous les dangers. L'Algérie, qui a vécu les affres du terrorisme, continue à être une cible privilégiée des groupes djihadistes de l'intérieur comme de l'extérieur. Le sanglant attentat de Tiguentourine a ravivé les souvenirs des longues années de plomb et de sang. Les Algériens cherchent ainsi à savoir s'ils sont bien protégés par ces équipements qui auraient coûté beaucoup d'argent au Trésor public. Ou pas. Et si l'Algérie a pris les dispositions nécessaires pour ne pas tomber entre les mains d'un escroc du même genre.