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L'Afrique subsaharienne veut plaire aux touristes

Le secrétaire général adjoint au ministère du Développement touristique et de l’Artisanat tchadien, Samuel Sidang-Ne Adjia, reste réaliste sur la situation de son pays, rapporte le Journal du Tchad:

«Le Tchad, vu de l’extérieur, est un pays à haut risque. Le tourisme n’aime pas la violence. En ce moment, la paix étant revenue au Tchad, nous sommes en train de relancer le tourisme, à partir de la zone Nord [...] Nous avons beaucoup de sites touristiques dans le nord du Tchad. D’ici deux à trois mois, nous envisageons l’organisation de vols charters Paris-Faya.»

Le rapport de l’Organisation mondiale du tourisme est sans équivoque: le tourisme mondial affiche une croissance de 5% entre janvier et février 2011.

«La croissance a été positive dans toutes les régions du monde en janvier et février, à l’exception du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord», a-t-elle précisé.

Les six ministres du Tourisme de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), une zone géographique qui comprend le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, se sont justement réunis vendredi 6 mai 2011 à Yaoundé avec pour objectif commun de développer un tourisme durable dans le réseau des aires protégées transfrontalières (APT).

Avec moins de deux millions de touristes déclarés par an, soit environ 0,5 % du tourisme mondial, ces six pays, pourtant dotés d’atouts naturels prisés, restent des destinations boudées par les touristes. Le Premier ministre camerounais, Philemon Yang, a déploré ce constat et insisté sur la nécessité de «bâtir une véritable industrie touristique dans la sous-région».    

Les différents ministres du Tourisme de cette région d'Afrique se sont par ailleurs engagés à impliquer leurs collègues des Affaires étrangères, de la Sécurité et de l’Intérieur dans le cadre d’un travail interministériel sous-régional destiné à faciliter l’obtention d’un visa unique.

«Le manque d’harmonisation des politiques de visas est une entrave sérieuse au développement du tourisme dans la sous-région» a déclaré Philemon Yang.

Les représentants du tourisme présents à Yaoundé n'ont pas manqué de vanter les mérites de leurs pays respectifs. Le directeur général de l’industrie touristique du Congo-Brazzaville, Jules Ondzeki, est quant à lui revenu sur les atouts de sa région:

«Nous avons des sites touristiques fantastiques. Nous avons des aires protégées qui foisonnent, de la biodiversité, des animaux et tout ce qu’on peut y trouver.»

Sylvie Annick Mazoungou, la ministre du Développement du tourisme et de l’artisanat de la République centrafricaine:

«Il y a une richesse au niveau de nos parcs. Donc je pense que le potentiel est là. Maintenant il s’agit de faire un travail de recensement, un état des lieux de tous ces sites touristiques pour permettre justement une meilleure visibilité de ce que nous pouvons offrir.»

En Guinée équatoriale, le secrétaire d’Etat au Tourisme, José Mba Obama:

«Il y a des zones qui sont insulaires: l’île Bioko où se trouve la capitale du pays, Malabo, l’île de Corisko, c’est un endroit touristique où le sable est comme le ciel, il est tout blanc, l’île de Anobon est un autre endroit vraiment paradisiaque.»

Autant d'atouts naturels négligés qui nuisent au développement et à la connaissance de ces différents pays, qui cherchent aujourd'hui à attirer une population touristique internationale de plus en plus prudente et exigeante.

Lu sur le Journal du Tchad, Africatime