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La page Sanogo, définitivement tournée? Les grandes manœuvres !

Rien, à première vue, ne lie les deux affaires. A savoir, celle dite Boukary Daou, directeur de publication du journal «Le Républicain » et la prétendue demande d'exil du capitaine Sanogo, toute chose, soit- dit en passant, vivement démentie par l'intéressé. Et pourtant !

Capitaine Sanogo Amadou Haya

L'arrestation du confrère, on le sait, a été attribuée à l'homme fort de Kati. Et là aussi, le démenti, par lui apporté, n'a visiblement pas atteint les dimensions de l'accusation (l'information a été relayée par tous les médias du monde). Du coup, s'est rependue, dans l'imaginaire collectif,  l'intime conviction selon laquelle, c'est bien Kati qui tirerait les ficelles en eau trouble devant un président de  transition qui n'existerait finalement que de façade.

Si cette croyance populaire a de quoi renforcer le chef de la junte, elle affaiblit aussi et surtout toute l'équipe de la transition.

Citant le dernier rapport du Sénat français en date du 22 avril dernier, l'AFP rappelle en effet « l'influence des anciens acteurs du coup d'Etat, à savoir la junte commandée par le capitaine Sanogo... Le Mali doit [...]  composer avec un chef d'Etat dont l'énergie n'est pas la première qualité, comme l'explique Roland Marchal.  Bien qu'officiellement écartés du pouvoir, ils peuvent compter sur leurs alliés qui détiennent des ministères clés, comme celui organisant les élections ».

C'est bien «l'affaire Boukary Daou» qui a laissé percevoir, à tort ou à raison, cette «influence»  présumée du capitaine Sanogo et les «limites» du professeur Dioncounda Traoré.

Et patatras ! Le président nigérien rebondit sur la remarque et invite la junte à s'abstenir de toute influence sur le processus électoral ; le capitaine Sanogo est invité  à s'exiler (sa prétendue demande d'exil est en fait une invitation, voir un avertissement pour ce faire); les ministres présumés sous sa coupe tentent alors le tout pour prouver qu'ils restent  libres de tout engagement avec le putschiste; même si, pour ce faire, ils se doivent d'organiser des élections bâclées; et en valider les résultats ! Qu'importe ! Il faut montrer pattes blanches à Messieurs François Hollande et Laurent Fabius!

Mission presque accomplie, en tout état de cause. Le capitaine est de plus en plus isolé et il ne fait pas bon aujourd'hui,  dans certaines sphères de se réclamer  de Kati. Ceci semble bien être le but de la man½uvre. Et en bon soldat, le capitaine a prêté le flanc à travers des sorties médiatiques pour le moins litigeuses et contre-productives. Selon toute évidence, il a été poussé à la faute. Sa marge de man½uvre est désormais très réduite et l'exil semble dorénavant l'une des rares alternatives qui se présentent désormais à lui.

B. Diarrassouba