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Les insurgés syriens ont fait usage de gaz sarin ?

Par Ridha Ben Kacem

Depuis quelque temps, l'Occident prépare l'opinion internationale et ses propres citoyens à l'inéluctabilité d'une intervention en Syrie. L'argument massue qui est présenté comme nécessitant cette intervention serait l'utilisation des armes chimiques par les forces armées syriennes contre les insurgés. L'opinion publique occidentale qui ne veut plus de coûteuses interventions dans les pays tiers, ne pourraient, en effet, admettre que l'on puisse faire usage impunément d'armes chimiques contre les civils. L'argument a, déjà, été utilisé pour justifier l'intervention contre l'Iraq.

L’usage d’armes chimiques, dans le conflit syrien, a été évoqué, pour la première fois, il y a quelques mois. En mars dernier, le camp de Bachar el-Assad avait accusé les insurgés d’avoir utilisé, ce type d’arsenal, lors d’une attaque dans la région d’Alep. «Les terroristes ont tiré des roquettes contenant des substances chimiques, à Khan al-Assal, dans la région rurale d’Alep, et, selon les premières informations, une quinzaine de personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées», écrivait, alors, l’agence de presse officielle, du régime syrien. Cette accusation a été appuyée par le ministre syrien de l’Information, puis par la Russie, soutien, inconditionnel du régime de Damas. Les rebelles avaient, immédiatement, répliqué en affirmant que ces armes avaient, en réalité, été utilisées par le pouvoir syrien. Il est à rappeler, à ce propos, que la Syrie fait partie des huit pays, dans le monde, qui n’ont pas ratifié la Convention de Paris de 1995, interdisant l’usage, mais, aussi, la mise au point et la fabrication d’armes chimiques.

Ces accusations, mutuelles, avaient abouti, à la formation d’une commission d’enquête, de l’ONU, sur l’usage d’armes chimiques, en Syrie. Les premières observations, résultant des travaux de cette enquête, devraient être présentées, en juin prochain, lors de la prochaine réunion du Conseil des droits de l’Homme, de l’ONU. Juin... c'est juste dans quelques semaines. Lorsque l'on sait que, d'habitude, ce genre d'enquête, prend des années !

Mais, encore une fois, l'Occident qui est, déjà, sur le pied de guerre, semble-t-il, n'a que faire des résultats de cette enquête, qui pourraient, d'autant plus, perturber ses petits calculs et ses plans. Ainsi, la semaine dernière, Barack Obama a affirmé que le renseignement américain détenait des preuves de l’usage de gaz sarin en Syrie. Mais le président américain souhaite «une enquête très solide» pour confirmer ces informations. «Nous ne savons pas qui a utilisé(ce gaz),où et comment. Nous ne savons pas exactement ce qu’il s’est passé», a expliqué le président américain, qui se refuse à hâter toute décision militaire. «Si nous prenons des décisions, sans preuves solides, alors nous nous retrouverons, peut-être, dans la situation où nous ne pourrons pas mobiliser la communauté internationale pour soutenir ce que nous faisons», a-t-il ajouté dans une allusion, à peine voilée, à la guerre en Irak où la vérité sur les mensonges américains, a fini par se révéler. Barack Obama qui a envie de sortir par la grande porte est prêt à soutenir les lobbies des marchands de canons, mais pas à n'importe quel prix. Il faut des preuves et ce n'est pas l'enquête des Nations Unies qui les apportera. Il ne reste plus qu'à agir autrement et précipiter les événements. Nous verrons comment.

Mais, un grand coup de théâtre vient de secouer la planète INFO : Les insurgés syriens, auraient utilisé du gaz sarin. Le gaz sarin est un agent neurotoxique, extrêmement puissant, et interdit par le droit international. Chose incroyable, l’information provient, non pas du régime de Bachar el-Assad, mais, de Carla Del Ponte, membre de la commission d’enquête indépendante, de l’ONU, sur les violences en Syrie. Carla Del Ponte n'a pas attendu le mois de juin, pour faire ces révélations. Pourquoi ? Serait-ce pour couper l'herbe, sous les pieds des faucons américains ?

La magistrate européenne, ancienne procureur général, du Tribunal pénal international, pour l’ex-Yougoslavie, se base, dans ses affirmations, sur le témoignage de médecins et de plusieurs réfugiés soignés, dans des pays limitrophes. «Nos enquêteurs se sont rendus dans des pays voisins, pour interviewer des victimes, des médecins et du personnel médical. Selon leur rapport, la semaine dernière, il existe des suspicions, fortes et concrètes, mais, pas encore, de preuve incontestable, de l’emploi de gaz sarin, sur la base de la manière dont ces victimes ont été soignées»,explique-t-elle à la radio suisse connue pour sa neutralité. «Nos enquêtes devront, encore, être approfondies, vérifiées et confirmées, à travers de nouveaux témoignages, mais, selon ce que nous avons pu établir, jusqu’à présent, pour le moment, ce sont les opposants au régime, qui ont utilisé le gaz sarin».On ne peut être plus clair.

Dans quelles circonstances ce gaz a-t-il été utilisé? Carla Del Ponte n’a pas donné plus de détails. Ils seront, peut-être, révélés lors de la publication du rapport d'enquête des Nations Unies, mais, ce n'est pas certain. A ce propos, Carla Del Ponte a bien précisé, lors de son interview, à la radio suisse, que le travail des enquêteurs était loin d’être terminé. Mais apparemment les coupables ne sont pas ceux que l'on a désigné, à la vindicte internationale, surtout de l'OTAN, mais, plutôt, les supposées malheureuses victimes. Il ne serait pas étonnant que ces « victimes toutes désignées», aient reçu, le gaz sarin, de l'Occident même, pour salir la réputation des troupes de Bachar el-Assad. Carla Del Ponte, l'aurait, ainsi, compris, ce qui expliquerait, ce fait étonnant, pour une magistrate, aussi, expérimentée, de sortir du devoir de réserve habituel, pour révéler les résultats d'une enquête diligentée, par les Nations Unies, avant qu'ils ne soient portés à la connaissance du Secrétaire général de l'ONU, et du Conseil de sécurité.

Mais le plus étrange, c'est qu'à peine interviewée par la Radio suisse, que l'aviation israélienne attaque, à plusieurs reprises, la Syrie. Serait-ce là les prémisses du repli sur le plans « B » ? L'on sait, en effet, que l'opinion publique occidentale est très sensible à tout ce qui touche, à la sécurité d'Israël. Ces attaques aériennes n'auraient de sens, que si elles étaient suivies d'une grande riposte de la Syrie et de ses amis du Hizbollah. Riposte qui justifierait, bien évidemment, l'intervention de l'occident, dans le conflit. Les déclarations de Carla Del Ponte auront, ainsi, été noyées et oubliées, et personne ne penserait plus, au rapport d'enquête des Nations Unies qui aura été, tout simplement, dépassé par les événements, et jeté dans les oubliettes de l'Histoire.

On l'a compris, les déclarations de Carla Del Ponte font désordre. La diplomatie américaine a, très vite, réagi. d'abord, à travers un responsable américain, interrogé, opportunément, à Washington, sous le sceau de l’anonymat, qui a déclaré que les Etats-Unis ne disposaient pas d’éléments suggérant que les rebelles syriens avaient la capacité ou l’intention d’utiliser du gaz sarin. Ensuite, à travers le président de la commission de l'ONU, en personne, l’expert brésilien Paulo Pinheiro, qui a publié, lundi, 6 mai, un communiqué dans lequel, il « précise »que « La commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe de Syrie souhaite préciser qu’elle n’a pas établi de manière concluante, l’usage d’armes chimiques, par l’une des parties en conflit ».Un sud américain qui contredit une grande magistrate européenne, une grande dame de la scène internationale, qui plus est, cela vous parait correct ? « En conséquence, la commission n’est pas en position, pour le moment, de commenter les allégations »,ajoute le brésilien. Voilà, vous en savez autant que moi. On attend, maintenant, la réaction de la suissesse, Carla Del Ponte.

Mais, indépendamment, de ces magouilles internationales, auxquelles nous a habitué l'occident et son bras armé, l'OTAN, j'aimerai poser une question à nos gouvernants et à notre CHER, TRES CHER PRESIDENT. Avez-vous été associés, de quelque manière que ce soit, à ces sales man½uvres, destinées à envahir et à diviser la Syrie, en plusieurs petits Etats ? Si oui, c'est grave et j'espère qu'un jour, vous paierez pour vos méfaits et que les livres d'Histoire, de l'avenir, parleront de vous, comme des pires ennemis, de la cause Arabe. Sinon, c'est plus grave, encore, car, avec vos prises de positions inconsidérées, vous voilà les dindons d'une farce qui cache à peine son nom. J'en aurais ri, aux éclats, si le destin de la Syrie, si le destin du Monde Arabe, si le destin de tant d'hommes et femmes que vous abusez, chaque jour, n'était en si grand péril. Honte, à vous, suppôts de SATAN, pour avoir été les complices, volontaires, de la plus grande supercherie, de tous les temps.

Pour mémoire :

Le sarin, dont les rebelles syriens ont fait usage, selon une commission de l’ONU, est un puissant gaz neurotoxique, 500 fois plus toxique que le cyanure. Il est Inodore, invisible et mortel. Le simple contact de la peau avec le gaz sarin, qui a été utilisé par les rebelles syriens, selon une commission d’enquête de l’ONU, peut entraîner la mort, par arrêt cardio-respiratoire. Il est mortel, même, à très faible dose, dès un demi-milligramme, pour un adulte. Les victimes se plaignent, d’abord, de maux de tête violents, et présentent des pupilles dilatées. Surviennent, ensuite, convulsions, arrêts respiratoires et coma précédant la mort, le tout en une dizaine de minutes. Des antidotes existent, mais les survivants au gaz sarin, vivent, dans la majorité des cas, avec de très lourdes séquelles neurologiques.

Comme il n’a aucun goût, il peut être utilisé pour empoisonner de l’eau ou de la nourriture. Des bombes peuvent, également, être chargées de sarin, sous forme liquide : Ce dernier s’évaporera, rapidement, à l’air libre, après l’explosion. Des vêtements entrés en contact avec des vapeurs de sarin, de façon continue, peuvent contaminer d’autres personnes pendant, encore, une demi-heure, après l’exposition.

La fabrication de sarin est un processus complexe, mais, c’est par hasard, en travaillant sur de nouveaux pesticides, que des chimistes allemands d’IG Farben l’ont découvert, en 1938. Le sarin tient son nom de ses inventeurs: Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der Linde. Largement produit, jusque dans les années 1950, le sarin a, par la suite, été considéré comme une arme de destruction massive et, donc, interdit à la production, dès 1991, par les Nations unies. Il a, notamment, été utilisé par la secte Aum, Vérité Suprême, dans un attentat perpétré le 20 mars 1995, dans le métro de Tokyo, qui avait fait 12 morts.

Par Ridha Ben Kacem le 7 mai 2013

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