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Fédération panafricaine des cinéastes : CHEICK OUMAR SISSOKO ELU SECRETAIRE GENERAL

Notre compatriote, le réalisateur Cheick Oumar Sissoko a été  élu secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) dimanche à Johannesburg à l'issue du 9è congrès de cette organisation. Il a remporté le scrutin dès le premier tour avec 24 voix contre 14 au cinéaste sud-africain Rapitse Montshom, un candidat de dernière minute. Le premier défi qui l'attend est la mise en place d'un Fonds de création cinématographique, un projet sur lequel la FEPACI travaille avec l'Organisation intergouvernementale de la Francophonie (OIF). Cette élection serait une victoire pour l'ensemble des artistes du Mali, avait indiqué Bruno Maïga, le ministre de la Culture à la délégation malienne avant son départ pour la capitale économique de l'Afrique du Sud.

Cheick O. Sissoko a été ministre de la Culture entre 2003 et 2007, et directeur du Centre national de la production cinématographique du Mali (CNPC) entre 1992 et 1998.

Il a surtout réalisé de nombreux films dont « Guimba, le tyran » qui a remporté l'Etalon du Yennenga, la récompense suprême au FESPACO en 1995. Cette année là, Cheick Oumar surclasse tous ses concurrents. Guimba ayant remporté plus d'une dizaine d'autres prix non seulement au palmarès officiel, mais aussi auprès des jurys de prix spéciaux. Le film reçut, par exemple, le prix du meilleur décor et celui de la direction de la photographie. Les prix de l'OUA, d'Air Afrique, de l'ACCT, celui de l'UEMOA, entre autres.

Cheick O. Sissoko est également l'auteur de « Nyamanton », ou la leçon des ordures, en 1986, qui avait enlevé le prix Oumarou Ganda de la meilleure première ½uvre. Après « Finzan » (1989), « La Genèse » (1999) est lauréat du Prix du meilleur long métrage lors du Festival de film africain de Milan en 2000. En 2000, il réalise « Battu » qui obtiendra l'année suivante le prix RFI Cinéma du public au Fespaco.

L'artiste doublé de l'homme politique, car il est le président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (SADI), est en révolte permanente contre le sous-développement. Son engagement militant, contre la misère économique et surtout sociale, fait la trame de ses films. Être jeune à Bamako et L'Afrique bouge sont ainsi produits tous les deux en 1992.

Cheick O. Sissoko est donc à la fois un réalisateur prolixe et très engagé sur la promotion et la revalorisation des traditions africaines. Il a également un faible pour les couches les plus fragiles de notre société que sont les jeunes et les femmes.

Né il y a 68 ans à San, Cheick Oumar Sissoko possède un diplôme d’études approfondies d'histoire, de sociologie africaine et un diplôme de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, en histoire et cinéma. Il a également pris des cours de cinéma a` l’Ecole nationale supérieure Louis Lumière en France.

Y. DOUMBIA