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Orpaillage artisanal : NUISIBLE POUR L’ENVIRONNEMENT ET L’ECOLOGIE

L’orpaillage est devenu une activité économique permanente pour les populations rurales

Les zones d'exploitation sont complètement déboisées. Les centaines de milliers de puits creusés par les orpailleurs sont abandonnés en l'état. Cela conduit à une destruction anarchique du sol et de la végétation

Dans notre pays, le volume d'or produit par les orpailleurs dans l'année est estimé approximativement à 6 tonnes, indiquent les statistiques. Le nombre d'acteurs de ce sous secteur mal structuré et peu profitable à l'économie nationale, se chiffre à 2 000 000 de personnes, hommes, femmes et enfants compris. Cette population d'orpailleurs est composée de plusieurs nationalités. Les 244 sites répertoriés sont partagés entre les cercles de Kéniéba (région de Kayes), Kangaba, (région de Koulikoro) et Kalana (région de Sikasso). Ces trois régions sont les « poumons verts » de notre pays. L'or est une valeur refuge par excellence depuis plusieurs siècles. Il est insensible aux inflations actuelles. L'accroissement graduel et continu du cours du métal jaune (25 000 Fcfa le gramme), attise la ruée vers les zones d'exploitation. Autrefois considéré comme une activité de substitution à l'agriculture, l'orpaillage est devenu une activité économique permanente pour les populations rurales, provoquant ainsi, un exode massif des bras valides au grand dam du secteur primaire. Faute d'encadrement, l'orpaillage artisanal provoque une destruction systématique de l'environnement. Les zones d'exploitation sont complètement déboisées. Les centaines de milliers de puits creusés par les orpailleurs sont abandonnés en l'état. Cela conduit à une destruction anarchique du sol et de la végétation, par des ravinements et un processus d'érosion intensif. Ce déséquilibre provoque un sur-alluvionnement des vallées et leur asphyxie plus ou moins profonde. Les effets convergents de ces différents processus, causent de graves perturbations dans le drainage naturel des cours d'eau. Ces dégâts sont quasiment irréversibles et peuvent devenir catastrophiques à l'échelle de plusieurs générations. Malgré ce spectre redoutable pour l'environnement et l'écologie, la fièvre de l'or monte. Pour en trouver plus, de nouvelles techniques naissent et l'emploi de produits chimiques plus puissant et hautement toxiques, est fréquent dans les exploitations. Ces méthodes sont employées de façon très discrète dans notre pays. Elles compromettent dangereusement la qualité des eaux et du sol. En effet, ces produits chimiques comme le mercure, perdus dans l'amalgamation se retrouvent dans le système de drainage et contaminent la chaîne alimentaire. nouvelles maladies. On assiste à l'émergence de nouvelles maladies. Les sites d'orpaillage deviennent ainsi des zones à grands risques. L'absence du minimum de protection et l'usage du mercure et du cyanure dans le traitement du minerai aurifère, le manque d'hygiène et d'assainissement, d'infrastructures de santé et la malnutrition ont rendu les sites infréquentables. Ces facteurs associés à la grande consommation d'alcool et de la drogue avec son corollaire de dégradation des m½urs, affaiblissent les orpailleurs et les exposent à plusieurs maladies. L'infiltration des eaux souillées par les produits chimiques et les déchets ménagers polluent, aussi bien le sol que la nappe phréatique. Selon les documents du projet de réduction du mercure dans l'orpaillage du Mali, des analyses effectuées sur des échantillons de sol et d'eau où l'or est traité, révèlent qu'ils sont impropres à l'agriculture. Les eaux de puits sont également polluées par les produits chimiques et les matières fécales qui sont laissées sur le sol, faute d'ouvrage d'assainissement. Face au danger, le gouvernement du Mali, dans la volonté de lutter contre l'emploi du mercure dans l'orpaillage artisanal, a initié, à travers la Direction nationale de l'assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisance (DNACPN), le Projet de réduction de l'usage du mercure dans l'orpaillage au Mali. Il est financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), le Fonds Français pour l'environnement mondial (FFEM), StrategicApproach to international Chimicals Management (SAICM), la commission européenne, le Département d'Etat des USA à travers l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis, les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal. Le coût du projet est de 1, 2 milliard de Fcfa, (2 450 000 dollars). Ce projet qui est sous régional, vise au Mali, à réduire les impacts du mercure utilisé par les communautés d'orpailleurs sur l'environnement et la santé publique, avec une enveloppe de 243 600 dollars (121,5 millions Fcfa) sur 2 ans. Les activités consisteront à faire l'inventaire et la cartographie des sites d'orpaillage dans le pays, identifier les pratiques de gestion du mercure et les besoins en développement de capacité et disséminer les résultats. Un comité de pilotage regroupant les représentants du secteur public et privés sera mis en place. Un plan d'action national sera élaboré et les résultats seront diffusés au plan national et international. Pour ce faire, il s'agira dans une première étape, d'inventorier les sites d'orpaillage du Mali. Dans une seconde étape, il sera procédé à la description de tous les processus de prospection du minerai aurifère jusqu'à son affinage par la méthode artisanale. Une troisième étape sera focalisée sur la description des méfaits des produits chimiques utilisés dans l'orpaillage, notamment le mercure et le cyanure sur l’environnement et le milieu social. La dernière activité proposera des stratégies durables de réduction du mercure dans l'orpaillage.

C. A. DIA

dMétéorologie :  LES AMBITIONS DE ALIMA DIAWARA

La météorologie est un domaine peu exploré par les étudiants maliens. Encore moins par le genre féminin. Alima Diawara se démarque de cette situation. Doctorante en météorologie et sciences de l'environnement au Japon, la jeune chercheuse séjourne au Mali du 4 avril au 15 mai. Durant son court séjour, nous avons rencontré notre compatriote qui a des ambitions pour son pays. La « météo », selon notre interlocutrice est importante pour le développement du Mali dont l'économie repose sur l'agriculture. Le pilier de cette activité est la maîtrise du temps et du climat. Les prévisions météorologiques sont très déterminantes dans la conduite d'une activité agricole. Elles s'étendent au délai, sur d'autres activités comme le transport aérien et plusieurs secteurs de développement socio économique. Cependant, une bonne prévision météorologique demande une grande connaissance des phénomènes climatiques et du temps. Son efficacité repose sur la fourniture des données en temps réel ou très récentes. Si les connaissances scientifiques et les technologies sont très avancées en la matière, elles restent encore stationnaires dans notre pays. C'est pourquoi, en vue de la modernisation du domaine météorologique en conformité avec les pratiques internationales, la chercheuse Alima Diawara, souhaite à la fin de ses études, initier un projet qui révolutionnera notre système météorologique. Il s'agit d'abord pour elle, d'implanter les méthodes modernes de prévision et la diffusion de façon locale, des données météorologiqus de chaque zone. A terme, il s'agira de mettre à la disposition du public, des informations sur le temps et la température de chaque localité, de façon actuelle et en temps réel. Car, explique-telle, deux localités peuvent être voisines et ne pas avoir les mêmes situations météorologiques au même moment. En attendant, notre jeune chercheuse met à profit son séjour pour apporter son expérience aux étudiants maliens, à travers des cours magistraux, la conduite de travaux dirigés et l'animation des conférences. Elle entend contribuer ainsi au montage des projets de recherche avec ses collègues maliens, dont elle devra assurer l'encadrement des mémoires de maîtrise et des thèses de météorologie à l'Université de Bamako. Ceci est le résultat du projet Tokten, une initiative du Programme des Nations unies pour le développement (pnud). Il vise à promouvoir le transfert des connaissances à travers des Nationaux soucieux de partager leur savoir avec leur pays d'origine.

C. A. D.

L'essor

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orpaillage

Nabil

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