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Kalabancoro : La population démolit les chantiers du député Gassama et du PDG de la SNF

Depuis trois ans, les populations de Kalaban-Coro Plateau-Extension, préfecture de Kati, vivent dans la psychose pendant la saison hivernale. En effet, de riches hommes politiques et commerçants ont pu acquérir des terrains à usage d’habitation sur les berges des marigots, collecteurs naturels d’eau, qui séparent le quartier de celui de Baco-Djicoroni- Extension.

 

Ces berges étant obstrués par les chantiers de construction, l’eau de pluie est détournée de passage normal et provoque des inondations à Kalaban-Coro. Les rues cessent alors d’être praticables, ce qui nuit aux activités des habitants. A plusieurs reprises, les habitants du quartier ont vu leurs maisons s’effondrer ou leurs biens emportés par les eaux de pluie. Tant qu’il pleut, tout le monde surveille enfants et personnes âgées, de peur qu’ils ne soient victimes des eaux.Kalamba 3

 

Pour remédier à cette situation, les habitants, à travers l’Association pour le Développement de Kalanban-Coro Plateau-Extension Est, ont écrit aux plus hautes autorités, notamment aux ministres du logement, de l’administration territoriale et de l’environnement. Après chaque correspondance, des missions de la direction des domaines, de l’urbanisme et des routes sont dépêchées pour instruire l’arrêt des travaux aux propriétaires des chantiers incriminés. Malheureusement, les travaux de constructions ont toujours continué après le départ des missions. Suite à l’inaction des autorités et à la volonté des propriétaires de poursuivres leurs chantiers, les habitants ont décidé de se rendre justice.

 

Jeudi 2 mai 2013, les jeunes gens du quartier prennent d’assaut les constructions édifiées, munis de bâtons, de marteaux et de barres de fer. Sur leur passage, ils détruisent tout (sous-bassements, murs, bâtiments, toits). La meute de démolisseurs fait des ravages que ne désavouerait pas une colonne de bulldozers israéliens. Un casseur que nous avons rencontré dira que ces chantiers démolis appartiennent à des personnalités comme le député de Yélimané, Mamadou Haoua Gassama, le PDG de la Société N’Diaye et Frères (SNF), Alou N’Diaye.

 

Kalanban 1

 

Curieusement, le chantier du porte-parole de la junte militaire, le lieutenant Amadou Konaré, qui se trouve aussi dans la zone litigieuse n’a pas été touchée; notre interlocuteur  croit savoir que « ce chantier n’a pas d’incidence sur le ruissèlement des eaux ». Il n’est pas interdit de penser que le chantier du lieutenant a plutôt bénéficié de la peur bleue qu’inspirent aux citoyens les hommes armés de Kati. A la question de savoir s’ils n’ont pas peur des représailles, les manifestants répondent qu’ils sont prêts à en découdre avec les propriétaires concernés. Pour eux, tous les Maliens ont le droit de vivre dans un endroit sain et sécurisé.« Si l’Etat n’est pas capable de prendre ses responsabilités, nous, nous prenons les nôtres! », martèlent les casseurs.

 

Abdoulaye Guido

Kalabancoro

La Rédaction

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