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Prolifération des cabinets médicaux illégaux à Bamako : Un mouroir pour de nombreuses personnes

Les cabinets médicaux illégaux poussent comme des champignons à Bamako. Ces centres de fortune offrent aux populations des soins de santé à des coûts défiant toute compétition. Peu importe si le soignant est qualifié, compétent ou non, sa blouse blanche vaut souvent  » certificat de crédibilité  » aux yeux des patients qui peuvent même y laisser leur vie. Les autorités sanitaires sont apparemment impuissantes face à un système qui gangrène le secteur. Silence délibéré, laxisme ou complicité ?

Un centre de santé (photo archives)

Depuis quelques années, on assiste à l’ouverture anarchique et illégale de certains centres de santé privés où les soins administrés aux patients sont parfois de mauvaise qualité. Voilà, un groupe d’individus d’origines chinoises et ghanéennes opèrent dans ce secteur à travers des centres de consultations et de soins dénommés  »Baihe’‘.

Ils ont des cabinets médicaux clandestinement installés à Bamako (ex : Sogoniko à l’immeuble abritant le siège d’Africable et à Korofina Nord dans un bâtiment à usage d’habitation) dans certains quartiers périphériques et  semi-présidentiels. Conséquences, sites très mal choisis, appartements familiaux transformés en cabinets, insalubrité criarde, méthodes de traitements rudimentaires. Ils souffrent d’un manque d’équipements adéquats pour les soins.

Ces centres prétendent être des spécialistes  dans le traitement de la stérilité des hommes ou des femmes.

Pire, les responsables ne détiennent aucun document émanant du ministère de la santé autorisant l’ouverture des centres. Après le traitement des patients, les responsables au niveau de ces centres organisent une tombola pour récompenser les patients, sans doute une manière de les fidéliser.

Cette prolifération anarchique des centres et cabinets médicaux entraîne des lourdes conséquences sur la vie des populations allant souvent jusqu’au décès des patients.

Selon une source proche du département de la Santé, il existe plus de 700 centres de santé qui opèrent dans la clandestinité. Sur 100%, seuls 30% respectent la réglementation en la matière.

Pour certains, c’est un problème qui ne sera jamais résolu dans ce pays. Pour d’autres, c’est la peur des autorités de s’engager dans un combat perdu d’avance.

Ils se demandent ce que sont devenus les textes réglementaires régissant le secteur privé de la santé, l’état des lieux relatif à l’implantation de tels centres, les dispositions déjà prises ou envisagées par le gouvernement, pour faire respecter à ces centres la réglementation en la matière, face aux lourdes pertes en vies humaines par la faute de personnels incompétents.

Bandiougou DIABATE

Bamako

AFP

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