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Grand oral avec Mamadou Lamine Keita «C’est toujours tentant pour un pouvoir d’utiliser la justice… »

L'augmentation des salaires des députés, le départ de l'ex-procureur de la République, la décision de la cour de la Cedeao sur l'affaire Karim Wade ont, entre autres, été soulevés par Moustapha Diop et Saliou Diop, recevant sur le plateau de Grand oral Mamadou Lamine Keita, Ministre de la jeunesse sous Wade. Il déclare que le Chef de l'Etat Macky Sall doit poser des actes plus forts que ceux de son prédécesseur, pour faire dans la rupture.


On pensait le Pds mort, jusqu'à la forte mobilisation du 23 avril dernier. Cela est-il dû à Karim Wade ou au mal vivre des sénégalais ?


Il n'a pas mobilisé du monde pour dénoncer uniquement l'arbitraire dont certains de nos frères sont victimes, pour se prononcer sur certaines questions comme le respect des engagements et le coût de la vie. L'opposition est faite pour être un contre poids au pouvoir. Dans la prise en charge de cette posture, le Pds compte s'assumer pleinement. Notre manifestation fut une réussite, du fait que les sénégalais ont compris qu'on a une justice à double vitesse. La force d'une opposition ne réside pas seulement sur l'engagement de ses nombreux militants, c'est sa capacité de faire adhérer le peuple à ses préoccupations.

Mais, cette opposition a relégué au second plan le mal vivre des sénégalais, au profit du débat sur les biens supposés mal acquis ?

Le Pds se prononce plus sur le coût de la vie et le non-respect des engagements du gouvernement. Macky a fait sa campagne autour d'un programme ''yonu yokkuté'', dans lequel il avait promis une baisse conséquentes du prix des denrées, disant avoir découvert des niches et que chaque année, il ferait une économie de 130 milliards sur le train de vie de l'Etat. Un an après son accession au pouvoir, M. Nasse, président de l'institut censé défendre les sénégalais, l'assemblée nationale, sort pour dire que le gouvernement ne peut pas baisser les prix, c'est une trahison à l'encontre des sénégalais. Il n'y a jamais eu de baisse des prix, encore moins, d'homologation. L'impertinence de leur fait est d'avoir avoué leur limite à maitriser les prix en dehors de Dakar, ce qui fait que l'homologation se limite uniquement à Dakar, alors que seuls 18% de ses riverains consomment le riz brisé.

La Cour de la Cedeao s'est déclarée compétente pour juger l'affaire Karim Wade qu'elle a renvoyée au 17 mai. Un succès pour le Pds ?

Je ne serai pas triomphaliste. Par contre, nous restons constants dans notre discours républicain, qui dit que tous ceux qui ont eu à gérer des deniers publics doivent se soumettre à l'obligation de reddition des comptes. Si on passe outre, pour nous imposer d'autres organes de répressions, on ira voir ailleurs. La politique, c'est l'interprétation des signaux, quand ils ont dit que les caisses étaient vides, nous savions qu'ils sont venus pour faire la guerre.

Lierez-vous la décision de la Cedeao à une volonté de contester la Crei?

Les juges de la Cedeao sont d'éminentes personnalités qui disent des choses avec des nuances. La maladresse du Sénégal, c'est d'avoir déclaré que la cour est incompétente pour juger l'affaire. Aujourd'hui, celle-ci se déclare compétente, que vont-ils faire, surement pas aller plaider leur cause, ce qui sera une défaite. Nous attendons que la cour dise le droit.

Le départ de l'ex-procureur de la République, Ousmane Diagne, est lié, dit-on, à son refus d'un non lieu pour Barthélemy Dias, dans l'affaire de meurtre du jeune Ndiaga Diouf. Qu'en dites-vous ?

C'est toujours tentant, pour un pouvoir, d'utiliser la justice, pour combattre l'adversaire. Pour que cela ne soit pas le cas, il faut des juges imbus des valeurs républicaines, Diagne est un homme de valeur. Cela montre aussi que nous sommes dans un contexte réel d'utilisation de la justice contre les dignitaires de l'ancien régime mais aussi, de bâillonnement de ceux qui pourront déranger.

Mais, des ministres de la justice sous Wade ont aussi eu à exercer des influences sur lui ?

Un procureur, c'est le prolongement du ministre de la justice. En acceptant d'être procureur, il accepte les injonctions de son ministre. Maintenant, tout dépend de la personnalité du ministre.
N'est-il pas temps de réformer les relations entre le parquet et le ministère de la justice ?
Macky doit marquer sa période, en posant des actes plus forts que ceux de son prédécesseur. Il doit rendre la justice plus autonome, réglementer les normes des partis politiques, ne pas cumuler le rôle de chef de parti et d'Etat, faire disparaitre les lois stipulant le délit d'outrage au Président, afin d'espérer une rupture.

Les membres du Conseil économique, social et environnemental ont été nommés, des femmes décrient le non-respect de la parité, le président dit ne pas en être responsable...

Je suis déçu car, le président de la république, gardien de la nation, n'a pas assumé. Lorsqu'une assemblée doit être paritaire, le premier magistrat doit veiller à cela. S'il dit qu'il n'est pas responsable, alors qui l'est. Mais, le problème est qu'il avait plus d'hommes à placer que de femmes. On a supprimé le sénat pour des raisons économiques et je ne vois pas en quoi le Cese est plus économique que le sénat.

Quid des 150 000 francs augmentés sur le salaire des députés ?

C'est une augmentation des revenus des députés, ce qui ne fait pas partie du contrat qu'ils avaient avec le peuple, au moment où les difficultés de la vie viennent de partout.

Fanta DIALLO
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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