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Abdoulaye Konaté : DE GRANDES SCULPTURES TEXTILES POUR PRÊCHER LA PAIX A TRAVERS LE MONDE

Chaque morceau de tisssu accolé à d’autres crée un sens

Le maître a viré dans le créneau des ½uvres en tissu il y a quelques années. Depuis le début de l'année ses nouvelles créations sont à l'honneur. Abdoulaye Konaté expose à Dakar, au Havre, à Marseille, à Paris (France) mais aussi à Milan en Italie, à Londres en Angleterre et surtout à Dubaï aux Emirats Arabes Unis.

Son travail de la matière se révèle impressionnant de maîtrise et de beauté. Chaque morceau de tissu est coloré par ses soins, puis coupé, transformé ou assemblé. Chaque morceau de tissu accolé à d'autres crée un sens. En parallèle de l'aspect esthétique indéniable et magistral de ses travaux, Abdoulaye Konaté tient également à faire réfléchir, et exprime à travers ses tentures ses espoirs et ses craintes terriblement actuelles. Combat contre la charia, appel à la tolérance inter-religieuse, célébration de la liberté et de l'ouverture d'esprit. Autant d'idées et de revendications qui n'ont jamais si bienvenues qu'à l'heure actuelle.

Rendez-vous incontournable de l’art contemporain, la foire Art Dubaï qui a eu lieu au mois de mars 2013, aux Émirats arabes unis avait pour thème « Cities in transition ». Quelques artistes de l'Afrique de l'ouest dont Abdoulaye Konaté et  de la galerie Carpe Diem de Ségou. Il y avait également ceux du Centre of contemporary art de Lagos (Nigeria), l’espace Doual’art (Cameroun), la fondation Nubuke d’Accra (Ghana) et la Raw Material Company de Dakar (Sénégal). La plupart des artistes choisis montrent le passé, le présent et leur collision qui façonnent le paysage urbain actuel.

Mais peut-être l’½uvre la plus remarquable était celle du Malien Abdoulaye Konaté intitulée « Pouvoir et religion » présentée dans la nouvelle section d’Art Dubaï « Sculpture sur la plage ». Cette grande sculpture textile est un triptyque de 7 mètres sur 3 qui représente des symboles religieux - une croix, une étoile et un croissant - associés à un symbole du pouvoir : la couronne. Le tout dans des tons noirs et blancs qui ne sont pas sans rappeler un volatile fort commun et sujet de bien des légendes sur le continent africain : la pintade.

Comme le rappelle le galériste Chab Touré (Carpe diem), Abdoulaye Konaté reprend là une citation de l’écrivain Massa Makan Diabaté : « La pintade répand ses couleurs sur son plumage et l’homme les garde dans son c½ur » (Le coiffeur de Kouta) et la renvoie aux usages, parfois abusifs, toujours ambigus, que les « têtes couronnées » peuvent faire de la religion (et inversement).

Abdoulaye Konaté ne veut pas qu'on regarde d'abord le tissu, qu'il utilise  comme une palette, parfois pour traiter de thèmes très violents. Puis il souhaite que l'amateur d'½uvre d'art voit la couleur et le thème. »

Habitué à introduire dans ses ½uvres, des éléments de la tradition africaine, Konaté construit aujourd’hui de véritables sculptures textiles, parfois composées de centaines de bandes de tissu qui rappellent les tenues des musiciens sénoufos ou celles des « bouffons sacrés » de la société bamana, les Korodugas.

Les critiques ne tarissent pas d'éloge : sur le marché émergent de l’art africain, les ½uvres de l’artiste malien valent entre 15 000 et 70 000 euros. Lui, bien sûr, refuse l’appellation réductrice d’« artiste africain » : « Si c’est pour isoler les gens et diminuer la valeur d’une ½uvre, c’est « non! » Si c’est pour affirmer que vous vivez dans un lieu précis et que vous apportez quelque chose de plus au monde, c’est « oui » ! »

Réfutant aussi le qualificatif d’artiste engagé, Konaté revendique tout de même son rôle social. Il n’hésite pas à aborder « des thèmes qui traitent de la souffrance humaine », avec délicatesse et légèreté, comme l’immolation de Mohamed Bouazizi – Fruits de Tunisie (Bouazizi) -, l’immigration – Génération biométrique – ou le conflit israélo-palestinien. Celui qui a osé tisser ensemble le keffieh d’Arafat et le drapeau israélien – Gris-gris pour Israël et la Palestine – glisse d’une voix douce : « je ne comprends pas comment les gens peuvent ne pas s’entendre tout en sachant qu’ils vont partir

bientôt. »

 

Y. D.

 

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Piraterie à l'ère du numérique : à l'heure de la grande mobilisation

Il faut envisager des solutions pertinentes et sérieuses en vue de lutter efficacement contre l'exploitation illégale des ½uvres en ligne

Les sonneries d'appel sont constituées en grande partie d'½uvres musicales téléchargées à partir d'Internet, d'intranet ou reçues via le système blutooth. Il est constaté que peu de gens ont payé une redevance pour avoir ces sonneries musicales, selon Diango Kanouté du Bureau malien des droits d'auteur. L'expert a fait cette révélation au cours de la conférence – débat sur le thème « La piraterie des ½uvres littéraires et artistiques à l'ère du numérique ». Ces échanges ont été organisés le 15 avril dernier à l'occasion de la Journée de mobilisation contre la piraterie dans notre pays.

Les nouvelles techniques d'enregistrement et de transmission des textes, des sons et des images sonores et visuelles se sont multipliées. La technologie numérique a créé des capacités prodigieuses de stockage et de diffusion des ½uvres littéraires et artistiques. Cette technologie ouvre des perspectives sans précédent à la communication entre les personnes. Dans le même temps, elle offre la possibilité de pirater les ½uvres littéraires et artistiques sur une très grande échelle.

Pour le conférencier, la révolution numérique ne cesse de favoriser les atteintes aux droits d'auteurs et aux droits connexes. En effet, Internet, Intranet, le réseau satellitaire, la téléphonie mobile, surtout les téléphones de 3è génération, les scanners, les copieurs, les graveurs etc.... sont à l'origine de l'explosion de la piraterie à l'ère numérique à travers le monde  et au Mali .

Le Mali n'a pas encore endigué les formes traditionnelles, plagiats, copies serviles, imitations, photocopies et déjà une fraude se développe sous des nuances nouvelles : la piraterie des formats de compression (MP3), les systèmes d'échanges de fichiers d'½uvres littéraires et artistique, c'est-à-dire le peer to peer.

La copie numérique n'est pas une reproduction distinguable de l'original. La copie numérique est l'original, c'est-à-dire son double numérique parfait ou son clone. Les enjeux relatifs à la numérisation des ½uvres littéraires et artistiques sont à la fois économiques, sociaux et juridiques. Ces trois sphères se trouvent affectées par les nouveaux modes de diffusion en ligne. En faisant éclater des compromis sociaux établis de longue date, l'Internet et les autres méthodes technologiques de diffusion d'½uvres conduisent à une remise en cause généralisée des droits d'auteur. Le volet moral du droit d'auteur, n'est cependant pas autant affecté que le volet patrimonial. En effet, l'½uvre numérique peut-être signée, le droit au nom et à la paternité de l'½uvre n'est donc pas affecté

D'un point de vue patrimonial, l'existence de l'internet et les autres méthodes technologiques de diffusion d'½uvres modifie profondément les usages. Nombre d'internautes et usagers de la téléphonie mobile perçoivent l'aspect patrimonial du droit d'auteur comme une forme dépassée à l'heure de la société de l'information. Mais pour les auteurs et les producteurs, la diffusion généralisée des ½uvres protégées, sans restriction (peer to peer et forme de piraterie), sur les réseaux constitue une atteinte majeure à ce droit patrimonial.

Respect du droit d'auteur. L'enjeu de la protection des ½uvres littéraires et artistiques dans la société de l'information est de trouver un équilibre entre les attentes des utilisateurs, qui aspirent à un accès toujours plus élargi à la culture, et les besoins légitimes des ayants droit d'obtenir une juste rémunération. La principale conséquence juridique de la copie numérique parfaite et de sa circulation libre sur les réseaux a trait à la contrefaçon rapide et à grande échelle des ½uvres.

C'est sur ce terrain que le droit a commencé à se préoccuper des rapports entre droit d'auteur et l'internet. Cette diffusion illégale a été facilitée par plusieurs facteurs dont la baisse des coûts de stockage, l'arrivée, dans une grande partie des foyers, de l'internet haut débit et le développement concomitant du phénomène de peer to peer à l'échange par système bluetooth sont les causes principales.

Dans la lutte contre l'exploitation illégale des ½uvres en ligne, le droit d'auteur du XXIè siècle doit faire à une problématique relativement nouvelle, l'environnement numérique dans le quel il évolue. Les échanges de fichiers d'½uvre, quelque soit leur mode et la plupart des téléchargements effectués à partir des réseaux portent dans la plupart des cas d'atteinte aux droits d'auteur et aux droits voisins dans le monde entier, insiste le conférencier. Depuis l'avènement et le développement rapide des Nouvelles technologies de l'Information, il a toujours été difficile, mais pas impossible, d'observer le respect du droit d'auteur et des droits voisins.

Pour Diango Kanouté, il faut envisager des solutions pertinentes et sérieuses en vue de lutter efficacement contre l'exploitation illégale des ½uvres en ligne. Ces solutions concernent entre autres : les systèmes de licence collective obligatoire qui sont conformes au droit international sur la propriété intellectuelle, les mesures techniques de protection et d'autres mesures légales permettant de freiner l'utilisation illicite en ligne des ½uvres.

Conformément aux licences collectives, les sociétés de gestion collective doivent se regroupées et conclure un accord pour l'attribution de licences communes et établir un tarif commun. Elles constituent alors une base de données numériques de leur répertoire et mise à la disposition des différents opérateurs ou fournisseurs. Ces sociétés de gestion collective vont par la suite conclure un accord avec les opérateurs de télécommunication ou les fournisseurs d'Internet en vertu duquel, tout souscripteur à un accès Internet ou de téléphone par le biais de ces opérateurs ou fournisseurs aura un accès gratuitement à cette base de données communes. Les droits d'auteur correspondant seront payés aux sociétés de gestion collective par les opérateurs de télécommunication ou fournisseurs d'Internet.

Quant à la mesure technique, il s'agit d'une technologie, un dispositif technique, une application ou un composant qui permet d'empêcher ou limiter l'exploitation non autorisée des ½uvres protégées.

Enfin la nécessité d'une forte volonté politique détermine l'efficacité de la lutte contre la piraterie en ligne. Il s'agit de faire de la lutte contre la piraterie une priorité et de mettre en ½uvre un environnement institutionnel, technologique, législatif et éducationnel.

Y. DOUMBIA

L'essor

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