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Autant le dire… : Ça aussi c'est du terrorisme… intellectuel

Quand on écoute, quand on regarde et surtout quand on lit certains propos sur le Burkina Faso, dans des journaux ou sur le net, on a l'impression que le monde s'arrêtera en 2015. Tellement les avis sont alarmistes.

« Si Blaise Compaoré touche à l'article 37, ce pays-là va prendre feu » ; « Il n'a qu'à partir car il a fait son temps » ; « Si jamais le CDP essaie de passer en force, il nous aura sur son chemin » ; « un référendum pour quoi faire ? Blaise n'a qu'à partir » ; « Vivement 2015, on aura l'alternance, car ils partiront tous » ; sont autant de propos, sans doute moins alarmistes que d'autres, qu'on entend ou lit un peu partout. En outre, certains et non des moindres ont l'art de tout peindre en noir.

Comme s'il ne s'agissait pas de leur pays ; comme si eux-mêmes ne faisaient rien ou n'ont rien fait pour que ça aille. Qui donc a intérêt à ce que le Burkina Faso soit à feu et à sang en 2015 ? Sans doute, s'il y a des gens qui le pensent et qui peuvent le penser, il est fort probable que ce ne soit pas Blaise Compaoré. Pour la simple raison qu'il ne peut pas accepter perdre tout le crédit et la confiance qu'il a aujourd'hui au sein de la majorité silencieuse de son peuple, au sein de l'opinion sous régionale et internationale pour avoir travaillé à asseoir le dialogue et la paix (même si elle est relative) dans certains pays. En outre, Blaise Compaoré ne peut pas accepter que tout le travail qu'il a fait durant plus de trois décennies, en tant que l'un des premiers acteurs du développement de son pays, aille aussi facilement à l'eau.

Il ne peut pas non plus accepter brader tous ces sacrifices consentis par lui et bien d'autres Burkinabé (quelqu'un a parlé de génération) pour asseoir son pays sur le banc des pays démocratiques et stables. Il ne peut pas supporter qu'après lui, ce soit le chaos au Burkina. A ce titre, on pourrait bien souhaiter que si alternance il doit y avoir, qu'elle soit au sein du parti au pouvoir ou dans l'opposition, qu'elle se fasse dans la douceur, car, une alternance mal négociée pourrait remettre tout en cause. Et il faut le savoir : le Burkina Faso n'est pas à l'abri des crises sociopolitiques que connaissent d'autres pays, que ce soit en Afrique ou ailleurs. C'est pourquoi, il me semble important que nous devions prendre la vraie mesure de la situation actuelle au Burkina. Ce n'est pas seulement une question de ôtes-toi-que-je-m'y-assois et les choses iront pour le mieux dans le meilleur des mondes. La modification ou non de l'article 37 de la Constitution en tant que telle ne pose pas en réalité le vrai problème. La question fondamentale que les Burkinabè doivent se poser, sans passion particulière, est celle de savoir que sera leur pays après 2015, avec ou sans modification de l'article 37.

En effet, il ne revient pas à Blaise Compaoré, à priori, de préparer seul l'alternance s'il le faut. Il ne lui revient pas non plus, tout seul, de décider si l'article 37 doit être révisé ou non. De même, il ne revient pas à une poignée de quelques Burkinabè, de décider du sort de tout un peuple, qu'ils soient de l'opposition ou du pouvoir. C'est pourquoi, cette question doit recueillir l'adhésion, au moins de la majorité des Burkinabè. Et cela, sans terrorisme intellectuel aucun. Car, il ne sert à rien de noircir les colonnes de journaux de déclarations incendiaires, souvent à la limite de l'injure ; d'aller sur le net et d'y déverser toute sa haine de plusieurs années pour pomper l'air aux gens. Le Burkinabé n'est plus dupe. Il sait bien ce qu'il veut. Seulement, il faut très souvent lui donner l'occasion de s'exprimer, quelle que soit la manière, car, c'est de son avenir qu'il s'agit.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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