mis à jour le

Journée Mondiale pour la liberté de la presse : le métier de journaliste est de plus en plus dangereux

Le vendredi 3 mai, le monde célébrait la journée pour la liberté de la presse. Si cette dernière fêtait cette année sa 20e édition - c'est en 1993 qu'elle a été officiellement proclamée pour la première fois par l'Assemblée générale des Nations Unies -, cet anniversaire n'avait pourtant rien de réjouissant tant la situation de nos confrères à travers le monde est alarmante.

En effet, on dénombre, pour la seule année 2012, 121 journalistes assassinés dans l'exercice de leurs fonctions. Bien sûr, chacun sait que notre métier comporte certains risques, surtout dans les endroits dits « sensibles ». Il suffit de lire les recommandations de Reporter Sans Frontières destinées aux journalistes en zones dangereuses 1 pour s'en convaincre.

Mais, au-delà des balles perdues et mines antipersonnel, il existe aussi d'autres risques auxquels chacun de nous peut être exposé : à commencer par celui du délit d'opinion. La dépénalisation de ce dernier faisait partie des sujets évoqués avec, en guise d'illustration, l'affaire de l' « Ouragan » 2 , encore présente dans l'esprit d'un bon nombre de journalistes burkinabè. Pour l'avocat Prosper Farama, le « délit de presse » demeure en tout cas une notion caduque puisqu'on devrait juger quelqu'un en fonction de la nature de l'infraction commise plutôt que par sa fonction.

Dans le même esprit que la résolution 29 de l'UNESCO 3 , l'Observatoire Burkinabè des Médias (OBM) a pu affirmer sa volonté de mettre l'accent sur la déontologie et la formation des journalistes, de manière à ce que ceux-ci aient toutes les ressources juridiques et théoriques pouvant leur éviter de se mettre en danger. Ces solutions préventives ne pourront bien sûr pas s'affranchir du partenariat de la société civile, des associations, etc.

A l'heure d'internet et de la mondialisation, il s'agit également de rappeler que les médias ont un pouvoir qui dépasse largement le simple cadre informatif. Utilisée depuis des années par les gouvernements dans le but de s'accaparer l'opinion publique, l'information est bel et bien un « outil de guerre » (cf. l'instrumentalisation des médias pendant la Guerre du Golfe, par exemple). Dans ce contexte, les journalistes ont une responsabilité immense. A eux, d'abord, d'en assumer les conséquences.

Pierre Mareczko (stagiaire)

Lefaso.net

A lire : 1. les recommandations de Reporter Sans Frontières destinées aux journalistes en zones dangereuses

2. Justice : Le directeur de publication de l'Ouragan condamné à 12 mois de prison

3. que la résolution 29 de l'UNESCO

liberté

AFP

Niger: sortis de l'enfer libyen, des demandeuses d'asile respirent la liberté

Niger: sortis de l'enfer libyen, des demandeuses d'asile respirent la liberté

AFP

Zambie: le chanteur Pilato en liberté sous caution

Zambie: le chanteur Pilato en liberté sous caution

AFP

Guinée équatoriale: mise en liberté requise pour le caricaturiste emprisonné depuis 5 mois

Guinée équatoriale: mise en liberté requise pour le caricaturiste emprisonné depuis 5 mois

presse

AFP

RDC: la presse en ligne redoute des pressions comme les réseaux sociaux

RDC: la presse en ligne redoute des pressions comme les réseaux sociaux

AFP

Maroc: des vidéos au coeur du procès du patron de presse jugé pour violences sexuelles

Maroc: des vidéos au coeur du procès du patron de presse jugé pour violences sexuelles

AFP

Brazzaville: ouverture du procès Mokoko, la presse tenue

Brazzaville: ouverture du procès Mokoko, la presse tenue

journaliste

AFP

Angola: le célèbre journaliste Rafael Marques acquitté

Angola: le célèbre journaliste Rafael Marques acquitté

AFP

Egypte: détention préventive pour Waël Abbas, blogueur et journaliste

Egypte: détention préventive pour Waël Abbas, blogueur et journaliste

AFP

Angola: un journaliste jugé

Angola: un journaliste jugé